Le naturalisme - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le naturalisme

Objectif : connaître les particularités du genre littéraire de l'époque – les principaux auteurs, mouvements et événements historiques du XIXe siècle.
A partir de 1868, le mot « naturalisme » est employé en littérature pour désigner un mouvement littéraire s'inscrivant dans le prolongement du réalisme. Il est animé par Emile Zola (1840-1902) qui expose ses idées dans Le Roman expérimental (1880).
L'engagement des romanciers naturalistes s'affirme en 1880, lorsqu'ils (Zola, Huysmans, Maupassant...) publient Les Soirées de Médan, un recueil de nouvelles qui se déroulent pendant la guerre de 1870, dans lequel on peut notamment lire Boule de suif de Guy de Maupassant (1850-1893).
1. Les visées
Comme le réalisme, le naturalisme se donne pour objectif d'explorer le réel dans son intégralité, notamment dans les milieux populaires et même dans les bas-fonds.
Pour Zola, le naturalisme a une fin pédagogique, tant il est convaincu des bienfaits du savoir et de la nécessité de l'éducation. Aussi ses ambitions sont-elles morales : parce qu'il croit au progrès social, il souhaite mettre en évidence les plaies de la société et donc en déterminer les causes afin d'agir sur elles.
a. Zola
Dans le cycle des Rougon-Macquart (1871-1893), Zola veut faire, selon ses propres termes, « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ». Chaque roman explore un aspect particulier de cette époque : l'écrivain cherche, avant tout, à montrer les transformations lentes et profondes que les événements entraînent sur la société.

Ainsi, dans L'Assommoir (1877), il nous entraîne dans les milieux ouvriers, aux prises avec l'alcoolisme ; Germinal (1885) explore le monde de la mine et des révoltes ouvrières ; Au bonheur des dames (1883) décrit l'apparition et la croissance irrépressible du commerce des grands magasins ; dans La Bête humaine (1890), Zola développe le thème de l'instinct de meurtre lié à l'instinct amoureux, avec en toile de fond les métiers du chemin de fer.

Le cycle romanesque de Zola n'est pas seulement la peinture naturaliste des milieux, des moeurs, des mentalités ou des destins exemplaires ; le génie de l'écrivain est d'avoir su créer de véritables mythes : fécondité, puissance, germination, qui sont le fruit de son imaginaire.

b. Maupassant
Avant de se dégager du naturalisme, Maupassant publie un grand nombre de nouvelles (Boule de suif [1880], La Maison Tellier [1881]) et des romans (Une vie [1883], Bel-Ami [1885]), dans lesquels il offre sa vision du monde, teintée de pessimisme.

A travers des histoires de chasse, des anecdotes gaillardes, des farces paysannes, des faits divers parisiens, il peint, avec un souci de vérité et d'expressivité, les milieux, les moeurs, les types les plus divers du monde rustique, et de celui des bourgeois ou des employés.

2. Les principes du naturalisme
Son originalité réside dans l'application plus radicale des méthodes scientifiques à la littérature, selon l'esprit positiviste répandu à l'époque, qui pensait pouvoir résoudre tous les problèmes par la science.
Zola s'est notamment appuyé sur :

- les théories du naturaliste britannique Charles Darwin (1809-1882) et la pensée de l'historien et philosophe français Hippolyte Taine (1828-1893) : il développe ainsi la conception d'un homme totalement déterminé par son milieu et par les lois de l'hérédité ;

- les méthodes de la science expérimentale, mises au point par le physiologiste Claude Bernard (1813-1878) : l'écrivain n'est pas seulement un observateur, c'est aussi un expérimentateur.

La réalité devient la matière même du roman et le romancier un « raconteur du présent ». Cette dimension documentaire implique l'objectivité de l'écrivain. Cependant, cette réalité sociale est vue à travers la sensibilité propre de l'auteur, nécessaire à la dimension artistique de l'oeuvre. Par la suite, Zola introduit cette importante notion de tempérament dans la création.

3. Les limites du mouvement
Joris-Karl Huysmans (1848-1907), puis Maupassant avec ses nouvelles fantastiques (Le Horla, 1886), s'éloignent du naturalisme. Certains disciples de Zola renient, à leur tour, leur maître en publiant, en 1887, un violent réquisitoire intitulé le Manifeste des Cinq (P. Bonnetain, J. H. Rosny, L. Descaves, P. Margueritte, G. Guiches). Reprenant les thèmes de la critique conservatrice, notamment véhiculée par Jules Barbey d'Aurevilly (1808-1889), ils reprochent à Zola de « s'embourber dans l'ordure », de se satisfaire d'une documentation facile et peu fiable et refusent de « participer à une dégénérescence inavouable ».

Cependant, le naturalisme ne s'éteint pas avec Zola et survit, par la suite, chez des écrivains comme Alphonse Daudet (Jack, 1876) ou Jules Vallès (la trilogie de Jacques Vingtras, 1879, 1881 et 1886) ; et l'on peut encore reconnaître son empreinte chez Jules Romains (Les Hommes de bonne volonté, 1932-1946) ou Roger Martin du Gard (Les Thibault, 1922-1940).

L'essentiel

A la suite du réalisme, le naturalisme est un mouvement littéraire des années 1880. Autour de Zola, se réunissent des écrivains comme les frères Goncourt, Maupassant ou Daudet. Leur ambition est de peindre la réalité, avec un goût certain pour le sordide et la provocation. Ils décrivent les moeurs de la société selon la méthode des sciences expérimentales : l'écrivain est à la fois observateur et expérimentateur, cherchant à mettre en lumière l'interaction constante de l'homme et de son milieu.

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