Le marché peut-il résoudre les problèmes environnementaux ? - Maxicours

Le marché peut-il résoudre les problèmes environnementaux ?

Selon les libéraux, le marché doit pouvoir fonctionner librement pour optimiser la production de ressources. Est-ce le cas pour les problèmes liés à l’environnement ? Peut-on lui faire confiance ?
1. Marché et effets néfastes
a. Le problème des externalités et des biens communs
Les externalités sont des effets non désirés qui résultent de la production. Ils peuvent être positifs comme néfastes. La pollution est donc un effet externe négatif. Ces effets échappent à la logique marchande car ils n’ont pas été produits volontairement et ils ne peuvent pas être soumis à une logique d’offre et de demande. Ainsi, la pollution n’est qu’un coût qui devra être supporté par la collectivité la plupart du temps car il est très difficile de lui trouver précisément un responsable.

Les biens communs ont deux caractéristiques :

- Rivalité : la consommation de ces biens réduit la quantité disponible pour les autres individus. On peut prendre par exemple la pêche de poissons ou de crustacés ;
- non-exclusion : il est difficile d’empêcher les individus de se procurer ces biens (par exemple, l’eau dans un lac ou une rivière).

Les biens communs sont alors difficilement gérables par le marché car l’offre ne serait pas rentable (pourquoi payer pour des poissons que je peux pêcher moi-même ?) et les individus vont avoir tendance à les surconsommer du fait de la non-exclusion.

Le problème est alors lié à la disparition progressive de ces biens (la surpêche réduit les ressources halieutiques) ou au moins une allocation inégalitaire (les États-Unis utilisent une grande partie de l’eau du Colorado pour leurs récoltes et les mexicains doivent alors se rationner car ils se situent en aval du fleuve).
b. Le marché devrait pouvoir s'autoréguler
Pour les libéraux, le marché réussit à s’autoréguler grâce au mécanisme de la variation des prix. Ainsi, si une ressource vient à manquer, son prix va augmenter ; c’est le cas par exemple pour le pétrole. Si le prix augmente, l’offre va augmenter elle aussi (des forages sous-marins vont devenir rentables) tandis que la demande va baisser. Ceci conduira alors à un nouvel équilibre dans lequel les ressources seront préservées (leur rareté conduira à un prix tellement élevé qu’il faudra chercher un substitut).

Ce mécanisme semble inefficace pour les matières premières qui sont peu substituables et dont les stocks baissent de manière dramatique. De plus, l’augmentation du prix peut conduire à la disparition plus rapide de la ressource (le prix élevé de la corne de rhinocéros en Asie pousse les braconniers à les chasser).
2. Marché et préservation de l'environnement
a. Internaliser les externalités
Comment faire en sorte que les externalités soient prises en compte par le marché ? Il est difficile d’appliquer la plupart du temps le principe de pollueur-payeur. Les pouvoirs publics hésitent à sanctionner les entreprises de peur de les rendre moins compétitives vis-à-vis des pays ne pratiquant pas les mêmes politiques. Il est aussi difficile d’identifier formellement les pollueurs. C’est donc la collectivité qui paie le plus souvent pour les dégâts ; mais cela n’incite pas à la réduction de la pollution.

Avec le protocole de Kyoto visant à réduire les gaz à effet de serre, une politique originale a été mise en place. Elle vise à récompenser ceux qui font des efforts de dépollution : un marché de quotas d’émission de carbone a donc été créé.
Chaque État distribue ces quotas aux entreprises les plus polluantes. Cela représente donc un objectif de pollution à atteindre. Si l’entreprise fait des efforts pour moins polluer, elle aura alors des quotas excédentaires qu’elle pourra vendre aux entreprises qui les dépassent. Elle peut alors rentabiliser financièrement ses efforts et les entreprises les moins vertueuses vont devoir payer beaucoup plus de taxes.

Ce mécanisme a toutefois du mal à être efficace car les « droits de polluer » distribués sont souvent élevés et la crise a réduit l’activité productive. Ainsi, l’abondance d’offre de ces quotas rend leur prix trop faible pour être incitatif.
b. Soutenabilité de la croissance
Les économistes ne sont pas tous d’accord sur le degré de soutenabilité de la croissance. Pour certains, celle-ci peut être faible (c'est-à-dire qu’il est possible de remplacer certains capitaux par d’autres pour compenser).

Le stock global de capital comprend le capital physique (produits fabriqués par l’homme), humain (capacités des individus), naturel (ressources naturelles) et social (composantes de la culture). Par exemple, une baisse de certaines ressources naturelles peut être compensée par une amélioration du capital physique (progrès technique).

Les tenants d’une soutenabilité forte pensent que le capital naturel intègre un certain nombre de ressources irremplaçables et dont la disparition affecterait durablement le mode de vie humain jusqu'à remettre en question la survie même de l’espèce humaine. Il faut donc préserver à tout prix ce capital et ne pas permettre de substitution.
Ils se rapprochent des théories du « club de Rome » créé dans les années 1970 pour promouvoir notamment une croissance « zéro » qui serait obtenue par une décroissance dans les activités les plus polluantes.
L'essentiel
Le marché peut donc difficilement gérer certains effets externes (notamment la pollution) et les biens communs dont la surexploitation conduit à un épuisement des ressources. Les mécanismes de l’offre et de la demande semblent en partie impuissants face à ces phénomènes, malgré quelques tentatives comme le marché des quotas d’émission de carbone. La question du degré de soutenabilité de la croissance doit aussi être posée.
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