La justice sociale : égalité ou équité ? - Maxicours

La justice sociale : égalité ou équité ?

Les inégalités économiques et sociales sont toujours importantes dans les sociétés développées construites autour de la notion de démocratie et d’égalité.
1. Démocratie et égalité
a. La notion d’égalité
Dans les sociétés développées, l’égalité s’articule autour de trois axes :

L’égalité des conditions : cela concerne notamment les revenus, les modes de consommation, le logement, etc. Elle dépend des conditions économiques notamment ;

L’égalité des droits : tous les individus doivent avoir les mêmes droits (à part quelques exceptions possibles notamment pour ceux qui ont perdu leurs droits civiques ou des inégalités vis-à-vis des étrangers comme le droit de vote) ;

L’égalité des chances : c’est un principe démocratique, chacun doit avoir la même chance de réussir quelle que soit son origine sociale, ethnique, etc. Ceux qui réussiront ne sont pas les plus chanceux mais ceux qui l’auront mérité : c’est le principe de la méritocratie qui sert de base à notre système éducatif.

Cette égalité n’est pas parfaitement respectée, notamment en ce qui concerne l’égalité des conditions, mais depuis la Révolution française de 1789, le principe d’égalité des droits et des chances est inscrit dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

La construction de cette égalité fut néanmoins assez lente. L’esclavage ne fut aboli qu’en 1848 sous la seconde République qui a mis fin aussi au suffrage censitaire (seuls les plus riches pouvaient alors voter et se présenter à un mandat électif). Les femmes n’obtinrent le droit de vote qu’en 1944 et aux États-Unis, la loi sur les droits civiques établissant une égalité entre citoyens blancs et noirs ne fut adoptée qu’en 1964 !
b. La démocratie est indissociable de l’égalité pour Alexis de Tocqueville
Les principes démocratiques sont compatibles avec une meilleure égalité entre les individus. La construction de cette égalité est donc liée à l’avènement des sociétés démocratiques.

Alexis de Tocqueville (1805-1859) est en 1831 un jeune magistrat. Passionné par la révolution américaine, il est mandaté pour aller étudier le système pénitentiaire américain. Il écrira plus tard les deux tomes de De la démocratie en Amérique (1835 puis 1840) dans lesquels il remarque la passion pour l’égalité qui ressort du système démocratique.

Cette passion conduit tout naturellement les individus à désirer plus d’égalité (dans les droits mais aussi les conditions d’existence), ce qui conduira selon lui à l’avènement d’une vaste classe moyenne.
Mais cette passion pour l’égalité conduit aussi les individus à la préférer à leur liberté qu’ils abandonnent volontiers à une élite politique, ce qui conduit à un risque de « despotisme ». Le système américain est, pour lui, mieux armé pour lutter contre ce risque, grâce à la forte influence de ses corps intermédiaires (associations, groupes de pression).
2. Comment concilier inégalités et justice sociale ?
a. Les inégalités sont normales et nécessaires pour les libéraux
Les libéraux représentent un courant de pensée dans lequel l’individu doit s’affranchir des contraintes sociales, des tutelles traditionnelles comme celles de la famille ou de la religion. Dans le domaine économique, ils prônent ainsi une libéralisation des échanges et une économie régulée par les marchés et non pas par l’État.

La méritocratie est une notion essentielle aux yeux des libéraux mais elle est alors incompatible avec une égalité des conditions. En effet, les individus les plus méritants doivent retirer les fruits de leurs efforts ; il faut donc les laisser s’enrichir et obtenir plus de pouvoir. Ce n’est qu’une juste rétribution.
Lutter contre les inégalités annihilerait alors les efforts de certains et rendrait le système économique moins juste et moins efficace car personne ne prendrait alors des risques. L’efficacité économique est donc indissociable, pour eux, des inégalités de conditions.
Le marché est ainsi le meilleur système économique et social, il garantit une juste répartition des gains.
b. La notion d’équité
Certaines inégalités ne peuvent pourtant pas être justifiées, notamment s’il n’y a pas strictement d’égalité des chances. Celle-ci est difficilement atteignable ; on peut l’observer notamment dans les taux de réussite scolaire ou dans la mobilité sociale qui est très dépendante de la catégorie sociale d’origine.

Comment concilier alors égalité et justice sociale ? L’équité correspond à cette idée de justice sociale. Elle n’est pas mesurable, contrairement à l’égalité, car elle dépend du jugement des individus sur ce qui est juste ou non et donc d’un système culturel de valeurs. Ne pas traiter les individus à égalité peut donc correspondre à l’idée d’équité : les élèves des RAR (Réseaux Ambition Réussite) disposent de plus de moyens financiers et humains à l’école pour lutter contre les inégalités de réussite.

Pour concilier inégalités et justice sociale, John Rawls (dans « une théorie de la justice » en 1971) propose deux conditions :

• Il faut une stricte égalité des chances pour tous les individus qui permettra une mobilité sociale.
• Il faut que les inégalités profitent à tous et notamment aux plus pauvres. Cela nécessite donc la mise en place d’un système de redistribution des richesses et d’incitation à utiliser cette richesse dans le système économique (pour créer des emplois).
L'essentiel
La notion d’égalité est donc indissociable de la montée des systèmes démocratiques dans les sociétés développées. Mais cette égalité n’est pas toujours efficace et peut être incompatible avec l’efficacité économique et l’idée de justice sociale. Il faut donc distinguer l’égalité de l’équité.
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