Les politiques conjoncturelles au sein de l'Union Européenne - Maxicours

Les politiques conjoncturelles au sein de l'Union Européenne

Objectif

Connaître les politiques conjoncturelles au sein de l'Union Européenne.

Points clés
  • Les politiques conjoncturelles (qu’elles soient monétaires ou budgétaires) sont largement définies au niveau européen pour les pays qui ont adopté l’euro.
  • La politique budgétaire consiste à utiliser le budget de l'État pour agir sur la conjoncture, en réduisant le déficit public.
  • La politique monétaire consiste à modifier le taux d’intérêt (par l’intermédiaire de la Banque centrale) pour faire varier la masse monétaire disponible et accélérer (ou freiner) la croissance économique.
  • Ces politiques doivent être menées conjointement pour des économies qui ont réussi leur convergence. Cela implique donc une perte d’autonomie pour les États membres, qui se voient imposer des règles d’influence libérale en matière de réduction des déficits budgétaires et de taux d’intérêts.
  • Ces politiques se sont renforcées depuis la crise de la dette débutée en 2009.

L’union économique mais aussi monétaire nécessite une plus grande coordination des politiques économiques nationales des pays de la zone euro, au détriment de leur autonomie.

1. La politique budgétaire
a. Les principes de la politique budgétaire
La politique budgétaire consiste à utiliser le budget de l'État pour agir sur la conjoncture, en réduisant le déficit public.

Pour les économistes keynésiens, un déficit budgétaire est nécessaire en période de ralentissement économique. Les entreprises anticipent une demande faible et n’investissent pas. C’est à l’État de relancer la croissance en faisant des investissements publics qui auront un effet multiplicateur sur les revenus et la consommation. Cette politique fut menée pendant les Trente Glorieuses, apportant une forte croissance mais aussi un endettement important de l’État.

Pour les libéraux, cette politique est dangereuse car l’État, en s’endettant, draine une partie des ressources monétaires du crédit, ce qui a pour conséquence de faire augmenter les taux d’intérêts. Cette augmentation empêche les entreprises privées d’investir à leur tour, faisant entrer l’économie dans un cercle vicieux de sous-endettement privé (effet d’éviction par la dette publique).

b. Les contraintes européennes

Tous les pays souhaitant adopter l’euro ont ratifié le traité de Maastricht en 1992 qui prévoyait la mise en place de la monnaie unique. Adopter une monnaie commune nécessite de mener des politiques économiques concertées pour que tous les pays puissent être dans une situation comparable. Dans le cas contraire, l’adoption d’une mesure de politique économique commune risquerait de déstabiliser certains pays et créer des déséquilibres néfastes à la survie de l’euro.

Des critères de convergence ont ainsi été choisis pour que les pays souhaitant adopter l’euro puissent le faire en toute sécurité. Ces critères concernaient en partie la politique budgétaire des États.

Il a été décidé que :

  • le déficit budgétaire ne pouvait pas excéder 3 % du PIB (Produit intérieur brut) ;
  • la dette publique ne devait pas dépasser 60 % du montant du PIB.

Le non-respect de ces critères a empêché la Grèce de rentrer dans l’euro en 1999 (elle n’a pu adhérer qu’en 2001). Ces critères ont été durcis avec le pacte de stabilité européen qui prévoit, à terme, un équilibre budgétaire pour les pays de la zone euro. Ainsi, ils doivent absolument maîtriser leurs dépenses publiques pour se conformer à ces contraintes européennes. La crise de la dette que connaît la plupart des pays de la zone euro depuis 2009 a mis en évidence la difficulté du respect de ces critères (la Grèce a une dette de 160 % du PIB, la France un déficit public de 5,5 %). Cela les oblige à mener une politique de réduction des déficits (politique de rigueur) et les empêche de tenter de relancer la croissance par l’endettement, comme le préconisent les keynésiens.

2. La politique monétaire
a. Les principes
La politique monétaire consiste à modifier le taux d’intérêt (par l’intermédiaire de la banque centrale) pour faire varier la masse monétaire disponible et accélérer (ou freiner) la croissance économique.

Les keynésiens préconisent une baisse des taux d’intérêts pour permettre une relance de la demande (par le crédit qui sera plus abordable) et favoriser la reprise économique. Cette politique est typique d’une économie d’endettement (Trente Glorieuses) mais elle a pour corollaire une montée de l’inflation. En effet, une forte augmentation de la demande de biens et de services va créer un déséquilibre avec l’offre qui se traduira par une augmentation des prix.

Or, pour les libéraux, l’économie doit être financée par l’intermédiaire des marchés financiers (émission de titres) et il faut donc pour cela favoriser l’épargne (nationale) ou attirer les capitaux étrangers. Cela ne peut se faire que par le biais de taux d’intérêts plus élevés et d'une inflation faible (la hausse des prix dévalue la monnaie et n’encourage pas l’épargne). Il faut donc réduire la quantité de crédit disponible et adapter la quantité de monnaie à la croissance économique (principe monétariste).

b. Une politique monétaire totalement confiée à l'Europe

La politique monétaire doit être commune à tous les pays adoptant une monnaie unique. En effet, si tous les pays subissent une croissance faible, ils doivent profiter également d’une baisse des taux d’intérêts sur l’euro. Le traité de Maastricht donne donc deux critères de convergence relatifs à la politique monétaire :

  • le taux d'inflation d'un État membre donné ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point celui de trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix ;
  • les taux d’intérêts à long terme ne doivent pas dépasser de plus de 2 % ceux des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.

De plus, en 1998, les pays de l’UE donnent naissance à la Banque centrale européenne (BCE) dont le rôle principal (inscrit dans ses statuts) est de limiter l’inflation dans la zone euro. La BCE module donc ses taux d’intérêts pour que l’inflation soit maintenue à un niveau ne dépassant pas les 2 % par an.
L’orientation de la politique monétaire européenne est donc clairement libérale pour coller à une économie largement financée par les marchés financiers. Cette politique nécessite donc des taux d’intérêts plus élevés (qu'aux États-Unis par exemple) pour attirer les capitaux étrangers et une inflation contenue. Les pays de la zone euro n’ont donc aucune prise sur leur politique monétaire, celle-ci est menée par la BCE de manière totalement indépendante des États membres.

3. Synthèse visuelle

 

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