La montée au pouvoir - Cours d'Histoire Première pro avec Maxicours

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La montée au pouvoir

Objectif : En l'espace de 15 ans, Adolf Hitler passe de l'anonymat total au poste de chancelier de l'Allemagne. Quelle fut sa stratégie de conquête du pouvoir ?
En quoi le contexte économique et social a-t-il pu favoriser cette ascension ?
1. Les débuts du nazisme
a. Les difficultés de la république de Weimar
Issue de la révolution à Berlin et donc de la défaite allemande, la république de Weimar est pénalisée par ses origines. L'armée qui n'accepte pas la défaite, développe très vite l'idée d'un « coup de poignard dans le dos » attribué au nouveau régime. L'idée républicaine n'est pas non plus largement acceptée par les Allemands.

De plus, la gauche n'apprécie pas ce gouvernement qui a maté dans le sang la « révolution spartakiste » de 1919, une révolte ouvrière souhaitant installer en Allemagne le même type de régime qu'en Russie. Les insurrections de type communiste sont d'ailleurs fréquentes jusqu'en 1923.

Enfin, le début des années 20 est une période critique pour l'économie allemande. L'inflation est considérable : on achète son pain avec des brouettes de billets, les timbres valent un milliard de Marks. Selon le traité de Versailles, « l'Allemagne doit payer » mais l'économie allemande est exsangue.

Ce contexte difficile à la fois sur les plans politique, économique et social favorise bien entendu le développement de toutes sortes de mouvements politiques contestataires. L'extrême droite multiplie par exemple les assassinats politiques. C'est un terreau plus que favorable pour le parti nazi.

b. Adolf Hitler et le NSDAP
Hitler est né en Autriche en 1889 près de la frontière bavaroise. Il est issu d'une famille modeste (son père est fonctionnaire des douanes). Il quitte l'école assez tôt pour partir à Vienne où il tente une carrière de peintre. Refusé par l'école des beaux-arts, il y mène une vie difficile à la limite de la marginalité.
Cependant il lit beaucoup, fréquente les cafés où l'on parle de politique et sa vie dans la Vienne cosmopolite des Habsbourg développe par opposition son antisémitisme et son nationalisme.

Lors de l'entrée en guerre, il s'engage dans un régiment de Bavière. Il est blessé grièvement par les gaz, décroche une croix de guerre et il en sort en 1918 avec le grade de caporal. Son nationalisme fanatique encourage l'armée à l'employer comme informateur politique auprès des groupuscules extrémistes qui fleurissent après la défaite allemande.

C'est dans ce contexte qu'il intègre le petit parti ouvrier allemand (qui n'a qu'une soixantaine de membres en 1919). Par son charisme, il en devient rapidement le chef et lui donne un nouveau nom en 1921 : parti national-socialiste allemand des travailleurs (NSDAP ; « nazi » est l'abréviation de national-socialiste).

En 1922, le NSDAP a près de 3000 membres et s'est doté d'une milice paramilitaire, les S.A (Sections d'Assaut) reconnaissables à leurs chemises brunes. Pour la plupart, il s'agit d'anciens combattants connaissant des problèmes de réinsertion et ulcérés par la défaite.

L'année d'après, Hitler croit le moment venu de tenter un putsch à Munich. Mais c'est un fiasco total et il est envoyé en prison quelques mois. Il y rédige en 1925 son ouvrage Mein Kampf (Mon Combat) dans lequel il dévoile ses idées racistes, nationalistes et antisémites.

L'échec de son putsch change en tout cas son point de vue sur la prise du pouvoir ; l'action violente est inefficace, il faut parvenir légalement aux postes de commande et Hitler va s'y employer.

2. L'ascension légale vers le pouvoir
a. L'importance du contexte économique
La situation économique très mauvaise de l'Allemagne évolue grâce à l'intervention des Etats-Unis. Les réparations dues aux anciens alliés sont en effet réduites, les étrangers investissent à nouveau et c'est une période de relative prospérité qui débute à partir de 1926.

La croissance économique est néfaste aux mouvements extrémistes qui ne peuvent recruter et se développer ; elle encourage au contraire une certaine stabilisation de la vie politique. Les nazis n'arrivent pas ainsi à percer électoralement.
Hitler profite cependant de cette période pour renforcer le NSDAP. Il crée par exemple en 1925 les S.S (Brigades de Protection) qui lui sont entièrement dévouées. L'organisation et la structure du parti s'améliorent et des organisations satellites apparaissent (syndicats ou organisations de jeunesse). Des industriels commencent à financer aussi le parti dans lequel ils voient un rempart face au danger communiste.

Tout change avec la crise de 1929. Celle-ci touche l'Allemagne tôt et brutalement. Six millions d'Allemands se retrouvent au chômage qui touche un actif sur trois en 1932. Le gouvernement allemand se montre incapable de faire face. Les partis de gauche s'opposent brutalement entre sociaux-démocrates et communistes (KPD).

Hitler quant à lui, proclame des mesures démagogiques promettant aux Allemands « du pain et du travail » et dénonce les Juifs et l'étranger comme responsables de la crise.
Le NSDAP connaît alors une très rapide ascension électorale. Il rassemble désormais les paysans ruinés ou menacés par l'effondrement des prix agricoles, les chômeurs, les anciens combattants, les industriels (dont Thyssen et Krupp), une large partie de la classe moyenne déçue de la gauche et de la droite et même des ouvriers qui se détournent du communisme...
Alors qu'aux élections législatives de 1928, le parti nazi n'avait obtenu que 2,6% des voix, il en obtient 18,3% deux ans plus tard. Ses députés viennent siéger en uniforme avec le brassard à croix gammée.

Aux élections présidentielles de 1932, le vieux général Hindenburg est réélu (Hitler avait obtenu environ 1/3 des voix). Très hostile à Hitler (dont il ne veut pas faire même « un sous-secrétaire aux postes »), il cède toutefois aux pressions des partis de droite qui l'incite à le nommer chancelier le 30 janvier 1933. Le NSDAP est alors le premier parti d'Allemagne avec environ 30% des voix et plus d'un million d'adhérents.

Les partis conservateurs pensent en fait pouvoir manipuler cet agitateur (mettre comme ils disaient « le caporal bohémien dans leur poche »). A gauche, on imagine, à tort, qu'il est une marionnette contrôlée par les milieux industriels.

b. Du chancelier au führer
Parvenu au pouvoir tout à fait légalement, Hitler commence ce qu'il appelle : « la mise au pas ». En quelques semaines seulement, il contrôle l'essentiel du pouvoir et instaure sa dictature. Goebbels, un des théoriciens du nazisme, avait pourtant clairement annoncé cette politique dès 1928 en disant : « l'État lui-même nous offrira les armes avec lesquels nous le combattrons (...). Nous y venons en ennemi, comme le loup fait irruption dans la bergerie.  ».

En février 1933, le Reichstag (parlement) est incendié. Les communistes sont accusés (bien que les nazis, eux-même, soient vraisemblablement coupables). Le parti communiste est mis hors-la-loi, ses membres sont arrêtés et envoyés dans les camps de concentration (qui ouvrent cette même année).
Le 23 mars, Hitler obtient les pleins pouvoirs pour quatre ans. En mai, les syndicats sont supprimés. En juillet, le parti nazi devient le seul parti autorisé.

Pour lutter contre les contestations à l'intérieur de son parti (notamment les idées anticapitalistes), Hitler choisit de faire massacrer les S.A par les S.S le 30 juin 1934 lors de la nuit « des longs couteaux » (Roehm, fidèle compagnon d'Hitler et membre fondateur du NSDAP est tué). Il est désormais à la tête d'un parti fidèle.

A la mort du président Hindenburg (août 1934), il choisit de cumuler les fonctions de président et chancelier avec le titre de ReichsFührer (guide de l'empire).
Lors d'un plébiscite, 92 % des Allemands approuvent ce changement.
Tous les pouvoirs sont désormais dans ses mains.

L'essentiel

Ancien combattant de la guerre 14-18 et peintre raté, Hitler va prendre en main un petit parti d'extrême droite en 1921. Profitant des difficultés de la jeune république de Weimar confrontée à une grave crise économique et à des révoltes communistes, le NSDAP ou parti nazi se développe.

Un putsch raté en 1923 conduit Hitler en prison où il rédige Mein Kampf (publié en 1925). La crise de 1929 et ses conséquences sociales en Allemagne constitue un tremplin pour le parti nazi qui promet à tous du « pain et du travail ». Son audience augmente rapidement auprès d'une large partie de la population.

Devenu un parti de masse, son chef, Adolf Hitler, est nommé chancelier par le président Hindenburg. La droite pense pouvoir le manipuler. En fait, c'est Hitler qui en peu de temps établit sa dictature : l'incendie du Reichstag attribué aux communistes lui permet de supprimer cette opposition, il obtient les pleins pouvoirs en mars et impose son parti comme parti unique. L'opposition interne est supprimée lors de « la nuit des longs couteaux » (le 30 juin 1934) par le massacre des S.A.

En août 1934, très largement soutenu par la population, Hitler devient Führer de l'Allemagne et concentre tous les pouvoirs.

Repères chronologiques

1889 : naissance d'Hitler en Autriche.
1921 : il prend la tête du parti ouvrier allemand et le baptise en NSDAP (ou parti nazi).
1923 : putsch raté de Munich ; Hitler est envoyé en prison.
1925 : publication de ses pensées dans Mein Kampf, ouvrage rédigé en prison.
1932 : 1/3 des actifs allemands sont au chômage.37,4 % des voix aux élections de juillet 1932 pour le parti nazi.
30 janvier 1933  : Hitler nommé chancelier par le président Hindenburg.
Février 1933 : incendie du Reichstag. Le KPD (P.C allemand) mis hors la loi.
Mars 1933 : Hitler obtient les pleins pouvoirs.
30 juin 1934 : « nuit des longs couteaux » : Hitler se débarrasse des S.A.
Août 1934 : il cumule les fonctions de président et chancelier avec le titre de Führer. Il est le maître de l'Allemagne.

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