La littérature d'idées au XVIe siècle - Maxicours

La littérature d'idées au XVIe siècle

Objectif
  • Découvrir quelle forme prend la littérature d’idées au XVIe siècle
  • Connaître les principaux auteurs et œuvres argumentatives de ce siècle
Points clés
  • L’humanisme favorise l’émergence de la littérature d’idées.
  • Les Essais de Montaigne et les discours sont emblématiques des questionnements humanistes.
  • Le roman et la poésie permettent une critique indirecte.
Pour bien comprendre
  • L’humanisme
  • La poésie au XVIe siècle

Le terme « littérature d’idées » désigne tous les genres argumentatifs. Les textes appartenant à ce genre ont pour objectif d’informer le lecteur, de défendre une thèse ou au contraire de la réfuter. Ces écrits font appel à la raison du lecteur, à ses capacités de raisonnement.

1. L'humanisme
a. L’humaniste, un érudit qui se questionne

Dès la fin du XVe siècle, des penseurs, des écrivains, des théologiens et des scientifiques tentent de rompre avec les idées moyenâgeuses selon lesquelles l’humain serait contraint de subir la volonté divine. Ce sont les humanistes. Selon eux, l'Homme est le gardien du monde dans lequel il vit, il en est l'acteur : il n'est donc pas celui qui subit, mais celui qui décide.

La littérature d’idées est plébiscitée par les humanistes car elle leur permet de remettre en question les savoirs, de s’interroger sur le monde qui les entoure et surtout de transmettre leurs idées. Les humanistes sont des érudits, maitrisant de nombreux domaines tels que les langues anciennes, les mathématiques, l’astronomie, la géographie, etc. Toutefois, leur volonté est de transmettre ces connaissances afin d’instruire l’Homme et le rendre meilleur. C’est pourquoi de nombreux ouvrages sont écrits à propos de l’éducation.

b. Les Essais de Montaigne

L’ouvrage le plus emblématique du XVIe siècle reste Les Essais de Montaigne. Pour l'auteur, il est le lieu d'une réflexion nécessairement partielle, inaboutie, dont le principal sujet est l'auteur lui-même.
Le mot « essai » doit donc être compris tout d'abord au sens de « tentative ».

Ces Essais ne sont pas organisés de façon rigoureuse, mais évoluent librement en fonction de l'état d'esprit de l'auteur et de ses idées. À travers eux, Montaigne pose un regard critique sur la société de son époque, en prenant appui sur ses lectures des textes anciens. Il y aborde des sujets variés comme la religion, la politique, l’Histoire, la découverte du Nouveau Monde ou encore l’Éducation à propos de laquelle il explique que les précepteurs doivent développer l’esprit critique et la réflexion de leurs élèves, et non les assommer de connaissances.

Exemple
« Mieux vaut une tête bien faite que bien pleine » 
(Essais, livre I, chapitre 26, « De l'institution des enfants »)
c. Rabelais

François Rabelais (1483-1553) est un écrivain humaniste, médecin et libre-penseur, auteur de romans ayant pour personnages principaux des géants (Gargantua et Pantagruel) grâce auxquels il livre un regard amusé, mais souvent critique, sur ses contemporains.

Le récit de leurs aventures est l’occasion pour Rabelais, par le biais d’une argumentation indirecte, d’aborder de nombreux domaines comme la religion, la politique, l’éducation ou encore la médecine.

2. La poésie

Les guerres de religions ensanglantant la seconde moitié du XVIe siècle sont liées à la Réforme, qui prône un retour à l’austérité contre les excès de l’Église catholique.

Les conflits entre les protestants et les catholiques, dont l'apogée sera le massacre de la Saint-Barthélemy dans la nuit du 24 août 1572, inspirent une littérature marquée par la violence des tons et une intense réflexion sur l’État, la vie morale et religieuse.

a. Agrippa d’Aubigné

Agrippa d’Aubigné (1552-1630), partisan protestant, écrit Les Tragiques. Composé de sept chants dans lesquels il raconte les guerres de religion, le recueil relate les persécutions dont les protestants ont été l’objet.

Exemple
« Je veux peindre la France une mère affligée,
Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups
D'ongles, de poings, de pieds, il brise le partage
Dont nature donnait à son besson l'usage »
(Les Tragiques, I, Misère)
b. Ronsard

Ronsard (1524-1585) est un des sept poètes de La Pléiade qui a participé au renouveau poétique de l’époque. Il s’est engagé dans le camp des catholiques. Son parti pris se retrouve dans ses Hymnes (1555-1556), dans La Franciade, une épopée inachevée mais également plusieurs discours dont le Discours sur la misère de ce temps en 1562.

Remarque
Ronsard n’est pas le seul à défendre ses opinions de manière directe : Étienne de La Boétie, proche de Montaigne, est célèbre pour son Discours de la servitude volontaire (1574) qui remet en cause le pouvoir absolu par le biais d’apostrophes virulentes et d’un registre polémique saisissant.
Exemple
« Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! » (Discours de la servitude volontaire, 1574)

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