La formation et l'éclatement des bulles spéculative - Maxicours

La formation et l'éclatement des bulles spéculative

Objectifs
  • Savoir expliquer la formation et l’éclatement d’une bulle spéculative.
  • Savoir illustrer des bulles spéculatives.
Points clés
  • Une bulle spéculative désigne une situation qui se caractérise par la valeur de marché d’un actif qui s’écarte de sa valeur d’équilibre.
  • Un comportement mimétique est un comportement d’imitation des agents, déterminé par des anticipations collectives mutuelles et irrationnelles.
  • Les asymétries d’information sont des situations dans lesquelles les signataires d’un contrat n’ont pas les mêmes informations sur certaines caractéristiques de l’objet du contrat.
  • Une prophétie autoréalisatrice est une situation où les anticipations des agents se réalisent car ils la provoquent.
Pour bien comprendre
  • L’aléa moral est un comportement opportuniste d’une partie à l’égard de l’autre dans le cadre d’un contrat, du fait de l’existence d’asymétries de l’information.
  • Le risque de crédit est la probabilité de défaut du créancier et de la perte de la créance.
1. La formation de la bulle
Une bulle spéculative désigne une situation qui se caractérise par la valeur de marché d’un actif qui s’écarte de sa valeur d’équilibre.

Pour comprendre comment se forme une bulle spéculative il faut d’abord comprendre comment fonctionnent les marchés financiers.

Le marché financier est le lieu d’échange de l’offre et de la demande de capitaux, sur lequel s’échangent des titres financiers (actions et obligations).

Au sens strict, il désigne alors les seuls marchés de capitaux à moyen et long termes que sont les marchés actions et obligations, aux côtés du « marché monétaire » (capitaux à court terme), du marché des changes (devises) et du marché des dérivés. Ces marchés sont globalement de plus en plus organisés et contrôlés.

Les marchés financiers sont donc un moyen de gérer les ajustements nécessaires au sein de l’économie mondiale en permettant aux agents de se financer pour réaliser leurs activités (consommer, investir, produire, dépenser pour les États, etc.). Pour qu’ils puissent remplir cette fonction, ils doivent être efficients.

Marché efficient : l’ensemble des informations disponibles concernant chaque actif financier coté est immédiatement intégré dans le prix de l’actif.
Spéculer c’est mener une action risquée en cherchant à tirer profit par anticipation de l’évolution du prix d’un bien ou d’un actif.
Exemple : Acheter une action X à l’instant t en espérant la revendre à l’instant t+1 plus chère afin de dégager une plus-value.

Le problème vient du fait que le marché ne remplit pas toujours les conditions optimales de l’efficience des marchés financiers, notamment en termes de transparence et de rationalité des agents.

En effet, certains agents irrationnels vont influencer le marché en colportant ou en créant des informations par des actions non fondées à court terme. D’autres, plus moutonniers, vont adopter un comportement mimétique afin de minimiser les risques en agissant sur les autres.

Comportement mimétique : comportement d’imitation des agents, déterminé par des anticipations collectives mutuelles, indépendamment de tout calcul rationnel quant aux résultats probables du marché.

Donc l’hétérogénéité des acteurs et l’existence de comportements mimétiques vont créer des bulles spéculatives où le cours d’un actif s’éloigne de sa valeur réelle.

Exemple : Un trader possède des actions X et colporte des informations sur une possible hausse du prix de l’action auprès d’autres traders qui vont acheter cette action. Observant cela, les autres traders, qui n’avaient pas eu la non-information, se disent que si d’autres achètent, c’est que le cours va grimper. Il imitent leurs pairs, faisant ainsi augmenter le prix au-dessus de la valeur qui aurait été fixée par le marché.

Par ailleurs, en situation de croissance, l’abondance de liquidité permet le développement d’une bulle spéculative. Par le jeu de l’effet de levier, les emprunts permettant d’investir ont une rentabilité financière supérieure au prix du crédit réalisé.

De plus, la distribution hétérogène et asymétrique de l’information favorise ce type de comportement. Face à l’incertitude et à l'aléa moral, les agents qui ont une aversion pour le risque ont tendance à suivre le comportement majoritaire. Par ailleurs, les produits dérivés favorisent le développement de comportements risqués et attirent les agents qui ont une forte volonté de spéculation (phénomène d’anti-sélection). Enfin, en cas d’information imparfaite, les prévisions du spéculateur peuvent ne pas se réaliser, pouvant mener à tout perdre pour le commanditaire.

Ainsi, on dit qu’un marché connaît un phénomène de bulle spéculative lorsque le prix qui s’y forme s’éloigne durablement et cumulativement du prix d’équilibre qui correspondrait aux variables économiques fondamentales (les fondamentaux). Le retournement des anticipations peut produire l’éclatement de la bulle.

2. L’éclatement de la bulle

Il est souvent admis que les marchés ont absurdement surévalué certains prix d’actifs financiers et ont ensuite précipité les crises quand ils se sont aperçus de la déconnexion criante entre la réalité économique et la valorisation des actifs financiers en question.

Ainsi, cette hausse soudaine des prix finit généralement par éclater, immédiatement suivie d'une chute spectaculaire du prix des actifs : on parle alors d’éclatement de la bulle spéculative.

Les agents s’endettent pour investir, mais la montée des charges liées à cet endettement amplifie les craintes des prêteurs. Les taux d’intérêt augmentent face à cette montée du risque de prêt et accroissent davantage la charge de la dette. L’effet levier se transforme en effet massue lorsque les taux d’intérêt deviennent plus élevés que la rentabilité économique des investissements.

Face à une situation incertaine, imiter le comportement des autres devient une nécessité sur les marchés financiers sauf lorsqu'il s'agit d'adopter des comportements suicidaires, ou être un leader d’opinion qui sera suivi par les autres. Il est ainsi remarquable de constater que la situation qui est anticipée devient réalité quand toutes les croyances tendent dans le même sens à sa réalisation.

On parle de prophétie auto-réalisatrice lorsque ce qui est anticipé par les agents finit par se réaliser parce qu’ils l’anticipent.
Exemple : Si les investisseurs prévoient que le prix d’un actif va augmenter ils vont tous l’acheter, et font ainsi augmenter le prix.

Ainsi, une bulle spéculative a quatre phases :

  • la gestation : les investisseurs sont optimistes et sont confiants quant à la future valeur des titres. Ils commencent à acheter massivement, faisant augmenter les prix ;
  • la naissance : voyant le comportement de certains investisseurs, d’autres agents vont les imiter et acheter aussi des titres ;
  • l’euphorie : la bulle s’autoalimente, entretenue par des comportements « moutonniers » et des financements obtenus facilement pour poursuivre l’achat de titres ;
  • l’éclatement : la bulle financière est suivie d’un retournement des anticipations et d’une chute brutale des prix.

Ainsi, les imperfections des marchés financiers n’assurent pas une allocation optimale des ressources financières, créant une situation de crise due aux spéculations des agents.

3. Les bulles spéculatives dans l’histoire

Dès l'introduction du mercantilisme au XVIe siècle, les bulles spéculatives sont apparues.

a. La tulipe en 1637

La première bulle spéculative de l’histoire fut sur la vente de tulipe appelée « Tulipomania ». Dans les années 1630, la culture de la tulipe est délicate et les bulbes de tulipes ne sont vendus que durant deux mois dans l’année, et devant un notaire. Cela en fait une fleur rare qui plaît beaucoup à la noblesse de l’époque. L’engouement des riches pour la fleur n’est un secret pour personne et les prix des bulbes de tulipes commencent à augmenter. Voyant cela, même les plus pauvres vendent leurs biens et leurs avoirs pour acheter des bulbes de tulipes dont la valeur monte de jour en jour. Plus les gens en achètent, et plus les prix montent. En 1637, un seul bulbe de tulipe suffit à payer deux maisons et vaut 15 fois le salaire d’un artisan de l’époque. Problème : il n’y a plus grand monde ayant les moyens d’en acheter à ces prix exorbitants.

L’absence d’acheteurs fait qu’au cours de l’année, les prix commencent à s’effondrer de manière spectaculaire : les paysans essaient de les revendre dans l’urgence pour ne pas tout perdre, la panique accélère la chute des prix et un an plus tard, le bulbe de tulipe retrouve la prix d’une fleur classique.

b. Le krash boursier de 1930

Voir fiches sur les principales crises financières de 1930 et 2008.

c. La bulle internet en 2000

A la fin des années 1990, une révolution technologique majeure voit le jour : internet. L'euphorie autour de l'essor d'internet a valu à des sociétés informatiques et de télécommunications d'être valorisées en milliards de dollars, alors que leurs modèles d'activité et leurs technologies étaient souvent loin d'être prêts et que certains entreprises ne faisaient aucun profit. Un accès facile aux crédits grâce aux politiques des banques centrales permettent cela, et l’excès de capital accentue le phénomène. Le début de la crise part d’une disparition des acheteurs, causée par une hausse rapide des taux d’intérêt (rendant l’accès au crédit plus difficile et conduisant certains investisseurs à vendre leurs titres). La bulle éclate en 2000 lorsque le Nasdaq, indice américain des valeurs technologiques, perd 78 % de sa valeur, ramenant ainsi la valeur des titres des sociétés informatiques à un cours plus réel.

d. La bulle immobilière de 2008

Voir fiches sur les principales crises financières de 1930 et et 2008.

 

 

En conclusion, les bulles spéculatives ont pour origine les comportements trop optimistes et ambitieux des agents, qui font augmenter les cours au-dessus des valeurs réelles des titres ou des biens. Le gonflement d’une bulle spéculative est notamment lié au phénomène des anticipations autoréalisatrices. Le problème de tels agissements est qu’ils peuvent avoir des conséquences désastreuses comme des faillites en chaîne et des paniques bancaires.

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