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La fissuration du bloc soviétique

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1. La rupture avec la Chine
a. Les causes de la rupture
L’Union soviétique voit son bloc agité de tensions internes. C’est avec la Chine que ces tensions sont les plus vives. Elles apparaissent en 1956 avec la déstalinisation. En effet, les responsables chinois restent très réservés sur la déstalinisation entreprise par l’Union soviétique. Mao Zedong se montre en particulier sensible à la dénonciation du culte de la personnalité, dont il faisait en Chine un abondant usage. A partir de 1960, c’est au tour de l’Union soviétique de se montrer critique en dénonçant la politique du Grand Bond en avant voulue par Mao. Considérée comme une voie d’édification du socialisme radicalement différente de celle proposée par l’Union soviétique, cette politique est susceptible d’attirer l’attention de certains pays communistes.
b. La voie communiste chinoise
Mais c’est la politique de coexistence pacifique et la Détente qui suit la crise des missiles de Cuba qui déchaînent les responsables chinois. En 1963, ils énumèrent publiquement leurs divergences avec Moscou. La rupture est consommée, d’autant que la Chine se pose de plus en plus comme un contre-modèle communiste. En effet, alors que le communisme s’étend dans le Tiers Monde, le modèle soviétique, fondé sur une industrialisation urbaine, semble moins adapté que le modèle chinois, basé sur l’industrialisation des campagnes.
En outre, les pays du Tiers Monde sont défavorablement impressionnés par les mouvements de recul de l’Union soviétique face aux Etats-Unis dans la défense de la cause arabe contre Israël. Ainsi, le bénéfice du soutien à l’Egypte durant la crise de Suez disparaît. En Occident, le modèle maoïste séduit une partie de la jeunesse militante soucieuse d’une vraie rupture avec la société capitaliste, au contraire du communisme traditionnel.
2. Les tensions en Europe centrale
a. La crise yougoslave
Les pays communistes d’Europe centrale n’ont jamais vraiment cessé d’être agités de soubresauts de contestation à l’égard de la tutelle soviétique. Que ce soit le schisme yougoslave de 1948, les révoltes allemandes de 1953 ou de Hongrie en 1956, le bloc communiste européen montre des fissures. En 1968, c’est au tour de la Tchécoslovaquie de s’aventurer dans une voie plus libérale.

Aux prises avec la contestation des intellectuels et des mouvements populaires, Alexandre Dubcek, à la tête du parti communiste tchécoslovaque, tente de canaliser cette voie libérale. Mais convaincu que le communisme peut être compatible avec les libertés individuelles, en avril 1968, il accepte d’autoriser le multipartisme, de supprimer la censure et de libéraliser l’information. Le Printemps de Prague débute.
Il s’agit, pour ces hommes, de bâtir « le socialisme à visage humain ». Mais inquiets de l’éventuelle contagion de l’exemple tchécoslovaque, les dirigeants soviétiques se résolvent à intervenir. Le 21 août 1968, les troupes du pacte de Varsovie envahissent le pays. Dubcek et ses compagnons sont arrêtés. Mais le président tchèque, Svoboda, refuse de se soumettre à Moscou et la population entame un mouvement de résistance passive. Les Soviétiques remettent donc au pouvoir Dubcek qui doit cependant revenir sur nombre des réformes qu’il avait initiées. En avril 1969, à la faveur de nouvelles émeutes populaires antisoviétiques, l’Union soviétique élimine Dubcek et le remplace par Husak, plus docile et qui doit ramener la Tchécoslovaquie dans la voie du centralisme démocratique.
Le Printemps de Prague est mort.

b. Les effets de la rupture sino-soviétique
Par ailleurs, les pays d’Europe centrale ne restent pas insensibles à la querelle sino-soviétique. Ainsi, la Roumanie refuse de prendre parti dans la querelle et ses dirigeants font même « la leçon » à l’Union soviétique en affirmant qu’il ne saurait y avoir de supériorité de l’un ou de l’autre dans le monde communiste. Maintenant ses relations avec la Chine populaire, la Roumanie blâme même l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie.
L’essentiel

Tandis que le leadership américain semble contesté par les Européens, le bloc soviétique connaît ses premières fissures avec la rupture chinoise mais aussi avec le développement de tensions en Europe centrale.

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