La Bruyère et Les Caractères - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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La Bruyère et Les Caractères

1. Biographie de La Bruyère
La Bruyère naît à Paris en 1645 dans une famille de la petite bourgeoisie. Il est baptisé dans le quartier de l'Hôtel-Dieu, près de Notre-Dame.

Son père est un roturier mais il est qualifié de « noble homme » dans les actes notariés et il occupe une fonction assez haute, celle de contrôleur général des rentes de l'Hôtel de Ville. A sa mort, c'est l'oncle de La Bruyère, magistrat et célibataire endurci, qui veillera à l'éducation des nombreux frères et soeurs.

La Bruyère fait ses humanités : il apprend le grec, l'allemand et le latin, ainsi que l'histoire et l'astronomie. Il poursuit ensuite ses études en droit, à Paris et après avoir obtenu sa licence, il devient avocat au Parlement de Paris.
Sa vocation est de courte durée et l'on doute qu'il ait jamais plaidé. Il achète en 1673 un office de trésorier des finances de la généralité de Caen, mais reste pour autant installé à paris. Il ne s'occupe guère de cette charge et l'on sait peu de choses sur ce qui l'occupa à cette période. On peut cependant imaginer qu'il commença à méditer (si ce n'est à écrire) ce qui serait plus tard ses Caractères.

Grâce à Bossuet avec qui il s'était lié, La Bruyère devient précepteur du jeune duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé (qui participa, lors de la régence d'Anne d'Autriche, à la Fronde). Il aliène sa liberté mais trouve là le terrain rêvé pour observer les grands, les orgueilleux, les parvenus, les courtisans. Et pour suivre son jeune élève, il fréquente tour à tour Paris et Chantilly. Le jeune élève est insupportable et sans aucun intérêt intellectuel. Mais sa fonction permet à La Bruyère de sortir de sa condition de roturier et de devenir « gentilhomme », se hissant ainsi socialement par son seul mérite personnel, comme le voulait l'idéal de « l'honnête homme » (décrit par La Rochefoucauld avant La Bruyère).

Lorsque le duc de Bourbon épouse une fille reconnue de Louis XIV et de Mme de Montespan, le précepteur perd ses fonctions pédagogiques mais reste attaché au grand Condé en tant que secrétaire et bibliothécaire, ce qui lui assure une situation financière confortable sans peser sur son temps. Le voilà prêt à se consacrer à l'écriture de son ouvrage !

2. Les Caractères, une oeuvre bigarrée
L'éditeur Estienne Michallet propose à La Bruyère d'éditer son manuscrit. La Bruyère accepte et la première édition se fait en 1688 mais l'auteur se cache derrière les Caractères du grec Théophraste (auteur du début du IIIe siècle avant J.-C.) et les siens n'apparaissent qu'écrits en tout petit à la suite. Son nom n'apparaît nulle part.

Le succès est immédiat et La Bruyère ne va cesser d'augmenter son ouvrage. A la quatrième édition, il accepte que son nom soit mentionné. Dès lors, les Caractères de Théophraste passent au second plan.
La Rochefoucauld et Pascal ont déjà initié le genre moraliste au XVIIe siècle, l'un pour prêcher la doctrine janséniste et l'autre pour définir l'idéal de « l'honnête homme », en réaction aux courtisans, leurs artifices et leurs intrigues. Mais La Bruyère sait s'en démarquer et ose l'hétérogénéité : les remarques sont de longueurs variées, les maximes alternent avec les portraits. Cette alternance a pour but d'éviter toute monotonie au lecteur, et de montrer à quel point l'homme peut être instable et variable.

Comparé à ses contemporains, fins stylistes et critiques de la société (comme Molière), Sainte-Beuve a dit de La Bruyère : « L'art est grand, très grand ; il n'est pas suprême, car il se voit et il se sent. »

3. Les Caractères et le classicisme
Les Caractères revendiquent plusieurs affinités (Montaigne, Homère, Térence, Virgile, Molière, Corneille et Racine pour plusieurs aspects) et désignent plusieurs cibles : les courtisans, le roi, les religieux, les femmes et les auteurs de son temps sont fustigés dans des remarques plus ou moins lapidaires.

Parmi les auteurs de son temps, La Bruyère choisit de se ranger du côté de Boileau et La Fontaine en épousant la doctrine classique : respect de la bienséance et de la vraisemblance, respect du bon goût par un travail ciselé et précis de la langue (et il faut y ajouter, pour le théâtre, le respect des trois unités : temps, lieu, action), imitation et respect des Anciens (Aristote, Horace, Térence en tête).

En prenant ce parti, La Bruyère s'inscrit du côté des Anciens dans la Querelle des Anciens et des Modernes opposant les réformateurs, Perrault, Fontenelle, Bayle, déjà tournés vers le siècle des Lumières, celui du libertinage (à comprendre comme liberté de pensée) et de la nouveauté en littérature (surtout marquée par l'émancipation des règles classiques) comme dans les moeurs.

Lorsque La Bruyère est élu à l'Académie française en 1693 (après deux échecs successifs), cela sonne comme une victoire en faveur des Anciens. Son Discours de réception à l'Académie française loue les Anciens et leurs partisans (Bossuet, La Fontaine, Boileau, Racine) et se moque des Modernes (Fontenelle, Thomas Corneille) avec audace. Et pourtant, bien des remarques dans ses Caractères (notamment contre la monarchie ou le système des privilèges) feraient plutôt de lui un Moderne.

Il meurt en 1696 d'apoplexie.

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