L'identité personnelle - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

L'identité personnelle

Chaque individu reçoit un héritage biologique, qui correspond à son patrimoine génétique, et un héritage culturel, qui correspond au milieu dans lequel il évolue, mais également à l'éducation qui lui est transmise. Mais qu'en est-il de son identité personnelle ? Peut-on la distinguer de ce double apport ? Chacun se sent unique et singulier mais, dans le même temps, alors que les identités biologique et sociale peuvent être saisies objectivement, l'identité personnelle semble insaisissable. S'agit-il donc d'un mythe ou bien cela recouvre-t-il une réalité consistante ?

1. La constitution de l'identité personnelle
a. Etre soi, c'est pouvoir dire « je »
L'accès au langage est une étape décisive dans la constitution de l'identité personnelle. En particulier, au moment où l'enfant acquiert la possibilité de dire « je », il s'affirme comme un être singulier et se sépare du milieu ambiant dans lequel il évoluait jusqu'alors sans s'en distinguer. Ainsi, Kant écrit : « Il semble que [pour l'enfant] une lumière vienne se lever quand il commence à dire Je [...] Auparavant il ne faisait que se sentir ; maintenant il se pense. » (Anthropologie du point de vue pragmatique, L.1, 1798).
b. Etre soi, c'est se souvenir
Il va de soi que la mémoire est la faculté qui permet d'introduire une continuité dans ce que chacun vit. Sans cela, la vie serait une suite d'instants détachés les uns des autres, sans unité et sans cohérence. L'identité personnelle repose sur le travail de la mémoire qui lie entre elles les expériences vécues et qui me permet de savoir qui je suis.
c. L'identité personnelle émerge avec la conscience de soi comme sujet
La conscience de soi, enracinée dans le langage et la mémoire, constitue chacun en sujet, c'est-à-dire en un individu singulier. La capacité de rapporter ses actes et ses discours à une volonté et à une pensée distinctes de celles des autres et distinctes du monde alentour fonde la certitude de posséder une identité personnelle.

2. À travers la conscience de soi, nous ne nous découvrons que de façon partielle
a. La conscience offre une image de soi superficielle
Telle que nous l'avons définie, l'identité personnelle se confond avec la représentation que l'on se fait de soi. Cependant, le langage et la mémoire ne livrent de soi qu'une représentation consciente et dès lors partielle, ainsi que l'a montré Freud. Par le langage et la mémoire, ce n'est pas une identité personnelle qui se dévoilerait mais au contraire une part superficielle et impersonnelle de l'identité du sujet. Seule l'ignorance des mécanismes inconscients permettrait de la confondre avec l'être même de la personne.
b. Le rêve ou l'apprentissage de soi comme un autre
Le rêve manifeste bien ce décalage qui existe entre notre identité supposée et notre identité profonde. Il souligne en effet que les désirs et les pulsions qui constituent notre être sont de nature inconsciente, refoulés hors du champ de notre conscience parce qu'inconciliables avec le principe de réalité et le système de valeurs qui le structurent.
c. La mémoire, imparfait témoin de notre identité
Freud montre ainsi que ceux qui souffrent de troubles psychiques ont vécu des événements traumatisants dont ils conservent une trace psychique inconsciente. Autrement dit, ces expériences traumatiques se dérobent à la conscience mais continuent d'agir sur la personnalité de celui qui les a vécues. Par conséquent, on ne peut pas affirmer que la mémoire donne véritablement accès à soi-même.

3. Etre sujet, c'est s'engager dans un processus jamais achevé de constitution de soi
a. Les leçons de la psychanalyse
Nous sommes d'abord enclins à nourrir des illusions sur notre propre compte. La psychanalyse nous aide à lever ces préjugés sur ce que nous sommes. Elle élabore une connaissance de la vie psychique non pour condamner toute entreprise de se connaître ou de se constituer en sujet libre mais au contraire pour nous donner les moyens d'accomplir cette tâche avec lucidité.
b. On est soi avec les autres
C'est dans la relation aux autres que notre identité prend forme. En effet, nous n'accédons à nous-même que par le détour des autres. L'identité personnelle n'est donc pas un champ clos, où l'on se retrouverait soi-même dans l'intimité d'une intériorité soustraite à la visibilité. Elle est cette conscience de soi que l'on acquiert par la rencontre, l'échange et souvent le conflit avec l'autre. « Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre » (Sartre).
c. Etre soi, c'est s'inventer
Notre identité ne nous est pas donnée, elle est construite au fil de l'existence. Autrement dit, ainsi que l'écrit Eric Weil, « l'homme n'est pas ce qu'il est ». L'existence nous met perpétuellement en demeure d'agir et de choisir de sorte que notre identité s'invente sans répit et sans assurance à travers nos actes et nos choix.

Pour aller plus loin
Freud, Le rêve et son interprétation (1901) : le psychanalyste explique les mécanismes du rêve et dévoile un sujet masqué à lui-même.

Sartre, L'existentialisme est un humanisme (« L'existence d'autrui », 1946) : le philosophe montre qu'on ne peut se penser soi-même sans les autres.

Eric Weil, Logique de la philosophie (Introduction, A, I : « L'homme comme raison », 1950) : le penseur met en évidence qu'un homme se définit par sa capacité d'échapper à toute forme d'identification objective.

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Aidez votre enfant à réussir en histoire des arts grâce à Maxicours

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents