L'inconscient - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

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1. De l'inconscience animale à la conscience humaine
a. Inconscience et vigilance
Tous les organismes vivants ont des perceptions, éprouvent des sensations, et manifestent des comportements liés à leur survie. Ils sont dotés de conscience, au sens de vigilance psychique. L'inconscience met en évidence la baisse de la vigilance : c'est un état physique et mental lié au fonctionnement du corps. Ainsi le sommeil est un état inconscient.

La conscience culmine chez l'homme : en effet, cet être vivant ne se borne pas à sentir, percevoir et agir ; il sait qu'il sent, perçoit et agit. L'être humain s'avère capable de réflexion sur soi. La conscience réfléchie n'appartient qu'au sujet pensant doté de raison.

Dans cette perspective ne serait-il pas tentant d'attribuer le plus haut degré de conscience à l'homme ? L'inconscience ne serait-elle pas liée aux êtres les plus instinctifs, alors que la conscience réfléchie, liée à l'intelligence et à la pensée, caractériserait les êtres capables d'hésiter entre plusieurs actions possibles et de se décider avant de choisir ? Le philosophe Bergson (1859-1941) souligne l'intensité de la conscience humaine au moment du choix.
b. Inconscience et habitude
On observe chez l'homme des comportements instinctifs, liés aux besoins vitaux, et aussi des habitudes acquises, à force d'exercices. L'habitude ne nécessite ni réflexion ni choix. N'est-ce pas alors une forme d'inconscience ?

Il y a, en tout homme, un ensemble d'automatismes, facilitant l'adaptation au milieu naturel et à l'environnement social. La pensée consciente aurait, en somme, pour auxiliaires des activités inconscientes fort utiles, ayant une fonction pratique.

2. L'inconscience morale : une inconscience typiquement humaine
L'inconscience n'est pas seulement un état propre à un organisme vivant, mettant en évidence une défaillance, une baisse ou une interruption de la vigilance. C'est aussi un état d'esprit accompagnant un certain type de conduite humaine.

On dit d'un homme qu'il est inconscient lorsque sa conduite est irresponsable ou légère, s'avère blâmable, et porte préjudice tant à lui-même qu'à autrui. Il ne mesure pas les conséquences de ses actes et omet de considérer la personne d'autrui. Ses désirs et ses passions l'emportent sur sa raison, il semble être indifférent aux valeurs morales. Les philosophes, dès l'Antiquité grecque, dénoncent ce type d'inconscience, caractérisée par la non-maîtrise de soi. Socrate (470-399 av. J.-C.) est un modèle de maîtrise de soi et de dignité morale, que les écoles philosophiques postérieures au platonisme ne cesseront de célébrer. La sagesse socratique porte la conscience morale à son plus haut degré de perfection.

3. Le sujet pensant est-il conscient de tout ce qu'il pense, conçoit et ressent ?
a. Les activités inconscientes ne mettent pas en cause la souveraineté de la conscience
Les philosophes n'ont pas manqué de signaler, au sein du sujet conscient, la présence d'opérations et d'états inconscients. Ainsi, comme l'explique Leibniz (1646-1716), les hommes ne perçoivent pas toutes les impressions qu'ils ressentent. Certaines perceptions sont insensibles : ce sont des perceptions qui affectent le sujet, mais dont il ne se rend pas compte.
Mais, tout en signalant cette part d'inconscient en l'homme, la plupart des philosophes ne cessent de célébrer la souveraineté du sujet conscient.
b. La contestation de la souveraineté de la pensée consciente
Au 20e siècle, la contestation s'avère radicale. Le philosophe Nietzsche (1844-1900) dénonce la superficialité de l'activité consciente. La pensée consciente ne serait qu'un aspect minime, voire dérisoire, de l'activité de l'esprit. Ce qu'il y a de meilleur en l'homme échapperait à la juridiction du « moi » conscient. Le sujet conscient et volontaire, un et unifié, ne serait qu'un préjugé, typique de la tradition grecque et chrétienne.

La contestation vient aussi de la psychanalyse. Freud (1856-1939), partant de l'étude des souffrances psychologiques, pose l'activité d'un psychisme inconscient opérant à l'insu du sujet réfléchi. La pensée consciente n'aurait pas la toute puissance que la tradition philosophique, morale, et religieuse, lui prête. Il y aurait, en tout homme, dès l'enfance, des images, des souvenirs et des pensées, repoussés et maintenus hors de la conscience : cette opération, que Freud nomme « le refoulement », serait liée à la pulsion sexuelle.

La psychanalyse marque profondément la pensée philosophique car elle met en cause la tradition issue de Descartes (1596-1650) et propose une nouvelle conception du sujet humain, mettant l'inconscient au premier plan.

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