« Des goûts et des couleurs on ne dispute point » - Maxicours

« Des goûts et des couleurs on ne dispute point »

Objectif

Comprendre en quoi la beauté de l'art est subjective

Points clés
  • L'art s'apprécie individuellement, selon les goûts de chacun : la beauté de l'art est donc relative.
  • Cependant, cette appréciation est aussi déterminée par notre milieu social, notre vécu.
  • Apprécier l'art est aussi quelque chose qui s'apprend et qui peut évoluer.

Tout le monde a fait l'expérience de discussions passionnées à propos d'une œuvre d'art. Les uns la jugent belle, les autres laide ou ratée. Le paradoxe est que chacun est convaincu de la justesse de son appréciation et que dans le même temps il est impossible de déterminer objectivement qui a raison. Cela a-t-il même un sens de se demander, en matière d'art, si quelqu'un a raison ? Le jugement de goût semble en effet livré à l'arbitraire des sensibilités individuelles et chaque individu s'érige en arbitre du bon goût. Tout débat sur l'art n'est-il pas dès lors condamné au dialogue de sourds et n'est-il pas plus sage de renoncer à disputer des goûts et des couleurs ?

1. L'art est affaire de goût et non de raison
a. Chacun juge les oeuvres à partir de sa sensibilité

Un livre ou un film nous intéresse dans la mesure où il nous touche, autrement dit la valeur d'une œuvre d'art s'apprécie en fonction de notre sensibilité. Le jugement esthétique est donc fondé sur des préférences subjectives et arbitraires et non sur un raisonnement impartial. Cela explique que certains peuvent affirmer que les poèmes de Verlaine sont admirables quand d'autres n'y trouvent pas d'intérêt.

b. Le relativisme semble dominer en matière de goût

Tout jugement de goût est donc relatif : relatif à un individu et à une sensibilité. Il n'existe pas de hiérarchie entre ces jugements puisqu'ils reposent sur des éléments irrationnels : nous ne choisissons pas ce qui nous touche ou nous laisse indifférent. Nous éprouvons ou n'éprouvons pas un sentiment face à une œuvre d'art et cela s'impose naturellement.

2. Le goût n'est pas livré à l'arbitraire et à l'indéterminé
a. La détermination du goût par la culture

La part personnelle et irrationnelle du jugement de goût ne doit cependant pas être surestimée. Il suffit de considérer les différences qui existent entre la sensibilité de deux personnes différentes pour concevoir que le goût de chacun ne s'affirme pas spontanément et selon le caprice d'un tempérament. Les sociologues ont montré que le goût est souvent le reflet des préférences et des préjugés diffusés dans le milieu social où nous avons grandi.

b. Certaines oeuvres géniales s'imposent au goût de tous

D'autre part, certaines œuvres d'art font l'unanimité. Elles ont traversé les époques et les lieux et se sont imposées à la sensibilité de chacun. Qui contestera que Tartuffe (1669) de Molière est une pièce exceptionnelle ? L'arbitraire du goût semble alors être transcendé par la force de l’œuvre. Proust affirme cet effet subjuguant de l'art : « Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous-mêmes » (Le Temps retrouvé).

c. Le beau et l'agréable

Lorsque nous affirmons qu'on ne saurait débattre des goûts et des couleurs, ne confondons-nous pas le beau et l'agréable ? « La satisfaction produite par l'agréable est liée à un intérêt » écrit Kant. Si je juge une chose agréable, j'accepte ainsi volontiers qu'un autre ne la juge pas telle. Il en va tout autrement pour le beau qui n'est lié à aucune inclination sensible, est désintéressé et n'est donc pas relatif à un besoin. C'est pour cette raison que le jugement esthétique prétend à l'universalité. « Quand il dit qu'une chose est belle, il attribue aux autres la même satisfaction » (Critique de la faculté de juger).

3. Savoir apprécier une oeuvre d'art relève d'une formation du goût
a. La formation du goût

De fait, il existe une hiérarchie entre les œuvres. Le temps opère une sélection et condamne à l'oubli certains livres, morceaux de musique, peintures etc. quand il en glorifie d'autres. Il faut être capable de se dégager des goûts de l'époque marqués par l'esprit du temps et juger d'une œuvre dans la perspective des œuvres qui la précèdent. Cela suppose que le goût se forme et qu'il dépend de l'effort d'acquisition d'une culture riche et variée.

b. Interpréter l'oeuvre d'art

Une œuvre d'art s'apprécie en fonction de l'émotion qu'elle suscite en nous mais cette émotion est liée à une sensibilité qui peut s'enrichir, s'affiner, s'approfondir au fur et à mesure où nous connaissons mieux l'art. Plus on est cultivé, plus on est capable de saisir les différentes dimensions d'une œuvre d'art. Il ne s'agit alors pas tant de juger une œuvre mais plutôt d'être capable de l'interpréter. Tout comme l'interprète d'un morceau de musique doit travailler pour être bon, nous devons nous cultiver pour être de fins interprètes des œuvres qui nous sont offertes.

c. L'antinomie du jugement de goût

Le jugement de goût ne se fonde pas sur des concepts comme pourrait le faire un jugement logique mais il prétend pourtant à l'universalité. Cette antinomie du jugement de goût énoncée par Kant est résolue par l'affirmation que « le jugement de goût se fonde bien sur un concept, mais un concept indéterminé ». Loin de renvoyer le domaine de l'art et du jugement de goût dans la sphère de l'irrationnel, il l'ouvre donc à la discussion et au débat.

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