L'essai - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Objectif 
Connaître les différents genres argumentatifs.
1. Définition
L'essai est un genre argumentatif qui parle de la réalité et rejette la fiction. Il est toujours écrit en prose. Il répond à une ambition modeste, ne prétendant pas, comme le traité, épuiser la totalité du sujet, mais seulement en donner un éclairage subjectif et partiel.

En principe, l'essai n'a pas vocation à être polémique, même si, dans la pratique, certains essais s'opposent violemment à des personnes ou à des idées qu'ils dénoncent. Dans tous les cas, il présente une opinion sur un sujet donné, étayée à l'aide d'arguments et d'exemples.

L'essai n'est pas, par définition, un genre littéraire. En effet, si ce genre a pu être pratiqué par de grands écrivains, il est aussi le fait d'auteurs qui ne sont pas des professionnels de l'écriture : journalistes, juges, hommes politiques, médecins, etc.
En fait, le principal but de l'essai est d'exposer des idées. Les qualités littéraires de l'ouvrage peuvent éventuellement s'ajouter à cette exigence de contenu.

Les sujets abordés par l'essai sont extrêmement variés : politique, société, culture, morale, religion, etc. La dimension des essais est également variable d'un ouvrage à l'autre, de même que leur organisation : on peut choisir de traiter, dans un essai, d'un sujet unique ou, au contraire, de fragmenter la réflexion pour la faire porter sur de multiples objets.
C'est pourquoi, dans les titres, on pourra trouver le mot « essai » au singulier ou au pluriel.
2. Historique
a. Montaigne
Montaigne (1533-1592) est considéré comme l'inventeur du genre. Pour lui, l'essai est le lieu d'une réflexion nécessairement partielle, inaboutie, dont le principal sujet est l'auteur lui-même. Le mot « essai » doit donc être compris tout d'abord au sens de « tentative ».

La modestie affichée par le choix du mot « essai » doit également se comprendre en un autre sens : les Essais de Montaigne ne sont pas organisés de façon rigoureuse, mais au contraire évoluent librement, en fonction de l'état d'esprit de l'auteur. Pour qualifier sa démarche, Montaigne lui-même parle d'une allure « à sauts et à gambades » (Essais, livre III, chapitre 9, « De la vanité »).

L'esprit de liberté qui règne dans les Essais a également des répercussions sur le plan stylistique, puisque Montaigne choisit une langue volontiers familière, proche de celle qu'on utilise dans la conversation :

« Le parler que j'aime, c'est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu'à la bouche. » (Essais, livre I, chapitre 26, « De l'institution des enfants »).
b. L'essai aux 17e et 18e siècles
L'essai passe de mode au 17e siècle, supplanté par d'autres genres argumentatifs comme le traité (Traité de l'éducation des filles publié par Fénelon en 1687), ou le dialogue (Conversations morales de Mlle de Scudéry, publiées en 1686).

Il revient au premier plan au 18e siècle, sous l'influence des philosophes anglais comme John Locke (Essai sur l'entendement humain, 1690) ou David Hume (Essais philosophiques sur l'entendement humain, 1748), fort admirés par les philosophes des Lumières.

Ces derniers se mettent alors à pratiquer l'essai. Parmi eux, citons Diderot, auteur d'Essais sur la peinture (publication posthume en 1795) qui apprécie la liberté de ton qu'autorise ce genre. D'Alembert (Essai sur les éléments de philosophie, 1759), Voltaire (Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, 1756) ou encore Rousseau (Essai sur l'origine des langues, publication posthume en 1781), livrent également des essais, qui n'échappent pas toujours à la polémique.
c. L'essai aux 19e et 20e siècles
De très nombreux essais sont publiés à la fin du 18e siècle et au 19e siècle. Ils portent notamment sur des sujets historiques et politiques, ce qui s'explique par l'ampleur et le nombre des bouleversements subis par la France dans ce domaine. C'est ainsi que Chateaubriand publie un Essai sur les révolutions (1797) ou Michelet un essai intitulé Le Peuple (1846).

Les sujets privilégiés sont également d'ordre artistique ou culturel, car les débats font rage dans ces domaines également, comme en témoigne par exemple Racine et Shakespeare (1823) de Stendhal (1783-1842). Enfin, avec la Révolution industrielle et scientifique, des essais visant à vulgariser les découvertes récentes de la science et de la technique voient le jour. Parmi eux, citons L'Avenir de la science publié par Ernest Renan en 1888.

Au 20e siècle, l'essai aborde des sujets politiques (Retour de l'URSS d'André Gide, 1936), moraux (Le Mythe de Sisyphe d'Albert Camus, 1943), artistiques (L'Œil vivant de Jean Starobinski, 1970) ou encore scientifiques (Le Jeu des possibles : essai sur la diversité du vivant de François Jacob, 1981).
Il peut en fait porter sur tous les domaines et il s'avère être un genre particulièrement populaire.
L'essentiel
L'essai est un genre argumentatif qui livre une opinion sur un sujet donné, sans prétendre se livrer à une étude complète de la question abordée. Montaigne est considéré comme l'inventeur du genre. À sa suite, de nombreux auteurs, écrivains professionnels ou essayistes de circonstance, ont donné à ce genre des contenus et des formes extrêmement variés.

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