L’Assommoir : les thèmes - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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L’Assommoir : les thèmes

1. Le travail
Fidèle à l’esthétique naturaliste qui veut montrer la réalité dans tous ses aspects même les plus répugnants, Zola a écrit un roman sur le monde ouvrier.
Il donne une description très détaillée de travaux manuels (couvreur, forgeron, blanchisseuse, fleuriste), le duel entre Goujet et Bec-Salé pour faire un rivet en étant un exemple particulièrement significatif.

En dépit de la maîtrise de leur métier et de leur acharnement au travail, l'auteur veut mettre en avant l'impuissance des ouvriers à sortir de leur misère. Le père Bru n’a pas de quoi vivre. En voulant soigner Coupeau, Gervaise amène son foyer à de graves problèmes financiers. Goujet, sobre et économe, se révolte contre le machinisme envahissant.

Zola écrit un plaidoyer pour la condition ouvrière qui connaît un sort misérable. Le travail est sans intérêt (fleuristes), épuisant (laveuses, repasseuses, forgerons) ou risqué (couvreurs), très mal rémunéré et n’offrant aucune protection sociale. Zola dénonce également la mauvaise moralité que le milieu du travail insinue sur l’esprit des femmes : on a pu voir le sort de Nana, le linge sale accumulé dans la blanchisserie insinue chez Gervaise le laxisme et la paresse morale.

Zola montre le milieu professionnel des ouvrières comme entraînant un déséquilibre moral. La femme ne gagne que de l’argent au prix d’une perte de sens moral, le travail chez l’homme lui permet de conserver son honorabilité (cf. la déchéance de Coupeau et le regard accusateur du lecteur quand il se vautre dans la paresse).

2. L’alcool

 

L’alcoolisme est un thème récurrent et central du roman. Zola en décrit avec précision les ravages : pour rendre son propos le plus réaliste possible, il a été visiter les hôpitaux avant de décrire les crises de delirium tremens de Coupeau. Son souci du détail lui a attiré de nombreuses critiques, comme il le rappelle dans la préface.

Il a essayé d’expliquer les mécanismes qui entraînent la consommation de l’alcool. Le vin permet la pérennité de l’ouvrier, l'aide à supporter sa condition sociale : « L’ouvrier n’aurait pas pu vivre sans le vin, le papa Noé devait avoir planté la vigne pour les zingueurs, les tailleurs et les forgerons ». L’alambic est présenté à travers une personnification comme une bête mauvaise qui « contamine toute une classe sociale ». L’alcool remplace le sang pur ; Goujet qui a du sang pur l’emporte sur Bec-Salé qui ne peut plus lever sa masse.

L’alcool déshumanise. Il fait perdre toute dignité à l'homme, le rabaisse - il suffit de penser à Coupeau qui dort vautré dans ses vomissures. Quand à Gervaise, « pour boire sa goutte », elle va jusqu’à se prostituer. Surtout, l'alcool réveille les instincts de l’être humain, le rend fou et peut le pousser au meurtre : le père Bijard tuera sa fille dans un accès de folie meurtrière. Coupeau victime de delirium tremens est un pantin qui subit une danse infernale que seule la mort pourra arrêter. Il a des hallucinations, des visions horribles. Il est complètement déshumanisé.

Le thème de l’alcool permet d’illustrer le déterminisme des caractères et la thèse naturaliste. Les parents de Gervaise étaient alcooliques, le père de Coupeau était alcoolique. L’alcoolisme est vécu comme une tare familiale ; Zola imagine l’alcool qui circule dans les membres d’une même famille pour les putréfier. Le couple est d’ailleurs placé sous le signe de l’alcool puisqu’ils se donnent rendez-vous à l’Assommoir, la présence de l’alambic semble prédestiner de la destinée du couple.

Zola dénonce les méfaits de l’acoolisme en l’étendant à toute la classe ouvrière. Il en fait le symbole du malheur de l’ouvrier parisien. La description de l’alambic le représente sous la forme d’un être humain : Zola parle de « son souffle intérieur », « son ronflement souterrain ». L’Assommoir devient une force maléfique avec le thème de l’inondation, il représente la destruction de la capitale : « L’alambic (…) laissait couler sa sueur d’alcool, pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris. »

3. Se nourrir : aisance et déchéance sociales
Zola, écrivain naturaliste, aborde les thèmes les plus prosaïques dans ses romans.
Face à la misère qui règne, l'obsession de la nourriture devient quotidienne. Trois moments importants seront marqués par des repas pantagruéliques : la noce au chapitre 3, la fête de Gervaise au chapitre 7, la communion de Nana au chapitre 10. La nourriture marque donc dans ce cas la richesse, l’embourgeoisement, la consécration sociale. Mes-Bottes a un appétit énorme qui étonne tous les invités au repas de Gervaise.
Cependant, le fait d’être gras (de trop et de mal manger) révèle une tare, un défaut moral. Nana est « très grasse ». Gervaise ne cesse de grossir au fil des pages soulignant l’avachissement moral qu’elle connaît. Sa graisse demeure « même devant le buffet vide ». Goujet à l’inverse avait de « grosses épaules bossuées de muscles ».

 

Manger, c’est obéir à des codes, cela permet la réunion des marginaux (le père Bru) et des ouvriers plus aisés. C’est le moment où les conflits sont suspendus car il n’y a plus qu’une préoccupation, manger avidemment. Les disputes avec les Lorilleux ou les Boche sont oubliées.
Mais manger est un acte qui marque le retour vers des instincts premiers. Une fois les convenances oubliées, chacun révèle son animalité et régresse. Ainsi lors de la fête de Gervaise, les hommes et les femmes perdent leur caractère humain. Lors de ce moment, la dégustation de l’oie révèle la violence contenue dans chaque personnage envers Gervaise, violence latente qui ne s’exprimera qu’ultérieurement.

La nourriture est aussi la représentation symbolique du désir amoureux. Lors de la fête de Gervaise, l’animal à manger, l’oie, est érotisée, la description des regards masculins et les propos hardis de Virginie montrent un lien latent entre nourriture et sexualité. Pour montrer la beauté de Nana adolescente, Zola emploie une métaphore alimentaire « C’était à l’emporter dans un coin pour la manger de caresses » ou pour évoquer son éveil à la sensualité « elle avait des envies qui la tortillaient à l’estomac, ainsi que des fringales ».

L’appétit est d’abord le signe d’une révolte contre une condition de pauvreté. Mais manger à l’excès c’est détruire, abîmer le corps, c’est avaler les germes de la décomposition et de la mort.
Manger est donc un acte ambivalent, il participe de l’instinct de vie, mais, excessif, il concourt à la dégradation morale de l’être (par l’accumulation de graisse). 

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