Géopolitique de l'Europe - Cours de Géographie Première pro avec Maxicours

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Géopolitique de l'Europe

La géopolitique étudie les relations qui existent entre le territoire géographique et l’organisation politique, humaine et sociale de ce territoire. L’Europe constitue un ensemble géopolitique historiquement instable. Sans remonter trop loin dans son histoire, au cours des XIXet XXsiècles, les frontières des Etats ont été sans cesse modifiées, et ce jusqu’à l’époque actuelle. Les guerres, les bouleversements politiques, les héritages territoriaux, les mouvements de populations ont façonné l’Europe actuelle. Il n’y a pas une géopolitique de l’Europe mais des géopolitiques qui se moulent sur les quatre grands ensembles européens.
1. L’Europe façonnée par une longue histoire
a. Au début de XXe siècle
L’Europe est dominée par quelques grands ensembles géopolitiques : les empires. Empire austro-hongrois et empire allemand au centre, empire russe à l’est qui englobe une partie de l’actuelle Pologne, les pays baltes et l’actuelle Finlande. La France et le Royaume-Uni sont aussi des pays puissants dont les possessions coloniales se répartissent sur les autres continents.

L'Europe en 1914


La Première Guerre mondiale a bouleversé cette organisation. Les Etats-Nations succèdent aux empires : naissance de la Tchécoslovaquie, de l’Autriche, de la Hongrie ou de la Yougoslavie par exemple, renaissance de la Pologne aussi.
b. La Seconde Guerre mondiale
Elle remet ces frontières en question. Le IIIe Reich, soit par domination directe, soit par le biais des Etats alliés ou des Etats satellites, étend ses frontières de la Scandinavie à la mer Méditerranée et à la mer Noire.

La victoire des Alliés en 1945 redonne leur souveraineté aux pays victimes de l’impérialisme nazi, mais pour une courte durée. En effet à partir de 1946, l’antagonisme entre les Occidentaux et les Soviétiques renaît et le rideau de fer coupe dès lors l’Europe en deux :
• à l’ouest, une Europe tournée vers les Etats-Unis d’Amérique et qui se développe selon le modèle capitaliste,
• à l’est, une Europe dominée par l’URSS.

Cette scission marque le début de la guerre froide (1947).

L'Europe de l'après-guerre à 1989
c. Crises et bouleversements
De la fin des années 1940 au début des années 1960, plusieurs crises secouent l’Europe. De juin 1948 à mai 1949, les Allemands de l’Est bloquent les accès à Berlin pour chasser les Occidentaux de Berlin Ouest, mais ils échouent. A l’automne 1956, les Soviétiques répriment par la force la volonté d’émancipation du peuple hongrois. A partir du 13 août 1961, les Allemands de l’Est commencent la construction du mur de Berlin, qui coupera la ville en deux pendant 28 ans.

Mais à partir de 1963, la détente entre l’Est et l’Ouest apparaît avec diverses évolutions :
• le général de Gaulle prend ses distances vis-à-vis des Etats-Unis d’Amérique,
• le modèle soviétique est contesté par la Tchécoslovaquie (printemps de Prague en 1968),
• le chancelier Willy Brandt et ses successeurs mènent l’Ostpolitik (rapprochement entre les deux Allemagnes).

Cette Europe, née de la guerre froide, disparaît avec la chute de bloc communiste : destruction du mur de Berlin en novembre 1989 et réunification de l’Allemagne le 3 octobre 1990.

Plus récemment, l’éclatement de 3 Etats fédérés, Yougoslavie, Tchécoslovaquie et URSS, a créé de nouvelles frontières qui séparent maintenant des peuples qui vivaient dans la même entité politique auparavant. Dans l’Union européenne, au contraire, la tendance est plutôt à l’effacement des frontières. Ainsi, certains analystes présentent l’Europe comme un « laboratoire géopolitique ».

L'Europe d'aujourd'hui
2. Les grands ensembles géopolitiques en Europe
On peut dénombrer 4 ensembles :
a. L’Union européenne (UE)
Elle compte 27 Etats depuis 2007 ; 12 ne font pas partie de la zone Euro. Ces Etats sont liés par des intérêts communs, économiques surtout, par une attitude commune face aux grands problèmes mondiaux et aux crises qui agitent la planète. Ils reconnaissent qu’ils ont une communauté de destin et des valeurs communes : la démocratie, le respect des droits de l’homme et une volonté de bien-être et de progrès.

Ces Etats sont dotés d’un organe législatif, le Parlement européen qui siège à Strasbourg et d’un exécutif, la Commission européenne de Bruxelles. Les règles et les législations tendent à l’harmonisation.
b. Les candidats à l’entrée
Sans cesse en recomposition, les frontières de l’UE ont encore changé en 2007 puisque 2 nouveaux Etats y sont entrés : la Roumanie et la Bulgarie. L’arrivée de ces 2 Etats de l’Europe médiane, anciennement inclus dans le bloc communiste, dont le revenu par habitant est 10 à 15 fois inférieur à celui des pays de l’UE les plus favorisés, a déplacé vers l’est les frontières de l’Union européenne.

La Turquie, elle, est dans une position particulière, à cheval sur l’Europe, au sens géographique, et sur l’Asie. Son adhésion suscite un débat et soulève de nombreux problèmes, dont celui du respect des droits de l’Homme face à la minorité kurde par exemple.
c. Les Etats balkaniques non membres de l’UE
Ce sont les états issus de l’éclatement de l’ex-fédération de Yougoslavie, dont la situation administrative et les frontières ne sont pas encore stabilisées, terrain d’affrontement politique et religieux. Seule la Slovénie a rejoint actuellement l’UE. Cependant, la Croatie, la Macédoine et le Monténégro sont actuellement candidats à l'entrée dans l'Union européenne.
d. Les Etats à l’est de l’Europe
Si l’on considère que le continent européen s’étend jusqu’à l’Oural et sans s’interroger sur la situation de la fédération de Russie elle-même, il faut analyser les positions respectives de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Moldavie.

La Biélorussie connaît encore un régime politique autoritaire de type stalinien, où les libertés fondamentales ne sont pas assurées. Mis à l’écart par l’UE, c’est le seul Etat européen à ne pas être membre du Conseil de l’Europe.

L’Ukraine, au contraire, s’est démocratisée et affiche clairement son objectif d’adhésion à l’UE mais cet état fait actuellement partie de l'Espace Européen Unifié qui le lie à la Russie et à la Biélorussie.

La Moldavie, enfin, fait preuve d’un fort engagement en direction de l’UE.
3. Bouleversements géopolitiques et tensions territoriales
a. Une frontière unique ?
L’effondrement du bloc communiste a renforcé des frontières qui étaient autrefois moins marquées car les pays étaient administrés par la même autorité politique et inclus dans le même ensemble économique.

Aujourd’hui, l’intégration dans le bloc géopolitique que constitue l’UE de pays issus de l’ex-bloc communiste ne va pas sans poser problème et des points de tensions demeurent. Quel avenir pour Kaliningrad, territoire russe ouvrant sur la mer baltique, enclavé entre la Pologne et la Lituanie, sans corridor terrestre avec le reste de la Russie ?

Au contraire, à l’intérieur de l’UE, c’est l’affaiblissement des frontières qui est à l’ordre du jour et une limite périphérique, l’espace Schengen (dans lequel les personnes circulent librement) se substitue aux limites nationales. Vingt-cinq pays appliquent cet accord depuis 2007, 4 devraient bientôt y entrer (notamment la Suisse et Chypre)  et parmis les membres de l'UE seuls le Royaume-Uni et l'Irlande n'ont pas encore rejoint cet espace.
b. Des minorités revendiquent
Dans le même temps, plusieurs Etats européens connaissent des revendications identitaires qui sont le fait de minorités. Ainsi, l’Espagne doit faire face à la pression indépendantiste basque et au renforcement de l’autonomie affichée par la Catalogne, l’Italie doit compter avec le mouvement politique de la Ligue du Nord qui remet en cause la solidarité interrégionale entre le nord de l’Italie, riche, et le sud, beaucoup plus pauvre. Des mouvements autonomistes locaux existent aussi au Royaume-Uni - Irlande du Nord - ou en Belgique. Le risque n’est donc pas nul d’un émiettement en micro-Etats à l’intérieur d’un ensemble supranational.
L’essentiel

Véritable laboratoire géopolitique, l’Europe est un ensemble géographique en perpétuelle recomposition et doit résoudre au quotidien des problèmes complexes dans un travail continu d’adaptation à de nouvelles réalités. L’Union européenne continue lentement sa construction et constitue le point d’ancrage fort mais aussi le pôle d’attraction pour les pays qui n’en font pas encore partie.

A l’extérieur de cette UE, les pays de l’ex-fédération yougoslave ou de l’ex-bloc soviétique doivent d’abord trouver des régularités internes, politiques, économiques et sociales. A l’intérieur de l’UE, des ajustements et des compromis sont nécessaires pour ne pas remettre en cause le pacte de stabilité qui, depuis 60 ans, a permis d’échapper à des hécatombes.

Il faut certes modérer le propos en pensant aux guerres qui ont bouleversé l’ex-république fédérale de Yougoslavie entre 1991 et 2001, comme celles de la première moitié du XXsiècle.

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