Electre : Lecture méthodique : Acte I, scène 4 - Maxicours

Electre : Lecture méthodique : Acte I, scène 4

1. Le passage
Edition Livre de Poche 1998 :
      de la page 46, Egisthe : « Parfait. Laisse ta figue tiédir... » ;
      à la page 49, Clytemnestre : « Ma petite Electre... ».

Interviennent : Egisthe, Clytemnestre, le jardinier, Electre, le mendiant.

2. Présentation du passage
C'est à cette scène qu'apparaissent Electre et Clytemnestre ; les deux personnages sont brièvement esquissés et le spectateur est rapidement informé de la rivalité entre la mère et la fille au sujet d'Agamemnon et d'Oreste.

Cet extrait marque le moment où Clytemnestre se rétracte et refuse le mariage d'Electre avec le jardinier, s'opposant ainsi au choix de tous. S'engage alors une dispute entre la reine et celui-ci, puis entre la reine et sa fille.

A travers le discours du jardinier qui est amené à se défendre contre les attaques de la reine, se dessine la proposition d'un bonheur simple, en opposition au climat tragique qui règne chez les Atrides.

Cette scène se caractérise également par une certaine ambivalence entre confrontations et amour.

3. Les axes de lecture
a. La proposition d'un bonheur simple
Le jardinier présente ici sa conception du bonheur. Pour lui, il se trouve dans son jardin, synonyme de vie, alors qu'Electre vit dans le malheur et la mort inhérents aux Atrides. Le jardin, conformément à la conception traditionnelle, est un lieu de luxuriance, il rappelle le Jardin d'Eden.

Le jardinier veut protéger Electre et la rendre heureuse en l'arrachant au milieu des Atrides. Il la connaît suffisamment pour lui apporter ce dont elle a besoin : il connaît son histoire ainsi que son « sourire ». La jeune fille se montre reconnaissante envers lui.

Par ailleurs, le jardinier est un homme proche de la nature, il en a une bonne connaissance et vit de cette façon hors des tourments des Atrides.

Le bonheur qu'il propose est un bonheur simple et accessible à Electre, un bonheur qui se trouve à l'opposé de ce qu'elle vit dans le palais royal.

b. Une scène de confrontation...
Plusieurs confrontations sont mises au jour dans cette scène, et tout d'abord celle entre Clytemnestre et le jardinier. La reine manifeste du mépris pour celui qui travaille, et met l'accent sur l'écart entre l'homme du peuple et la famille royale, ce qui la conduit à refuser le mariage. Elle se moque de lui et de l'image qu'aurait Electre auprès de lui. La haine que Clytemnestre nourrit pour lui est gratuite car le jardinier n'attaque personne et ne fait qu'obéir au régent en acceptant d'épouser Electre.

Clytemnestre se trouve également en opposition avec sa fille, c'est une haine puissante qui existe entre les deux femmes et dont nous avons ici la première démonstration. La violence de leurs rapports se manifeste par des répliques courtes et brutales (stichomythie). Electre, de son côté, est intarissable et déterminée dans le jeu d'attaque contre sa mère.

Egisthe ne parvient ni à les séparer, ni à leur faire reprendre raison.

c. ... mais aussi d'amour
L'amour, c'est d'abord celui dont se réclame le jardinier à l'égard d'Electre et à l'égard de son jardin. Son territoire est un lieu de paix et de pureté, et ce serait un refuge idéal pour Electre ; son amour pour elle est lié à son attachement pour son jardin. Conscient de son rang de princesse, il se sent indigne d'elle, et c'est une union de respect qu'il lui propose. Electre est touchée d'être traitée avec tant d'égards par son futur époux.

Les paroles poétiques (rythmes ternaires, métaphores) du jardinier contrastent avec le climat de violence qui est entretenu du côté des Atrides, notamment par Clytemnestre.

L'amour dans cet extrait, c'est aussi celui d'Electre pour son frère Oreste ; elle l'aime d'autant plus qu'il n'a pas bénéficié de l'amour de sa mère, ce que la jeune fille reproche d'ailleurs à Clytemnestre. Elle se sent donc comme investie de cet amour maternel qu'elle a à lui prodiguer.

Enfin, reste l'amour que Clytemnestre manifeste pour sa fille : est-ce bien de l'amour ? En réalité, elle tente de l'amadouer parce qu'elle s'en méfie. La douceur dont elle pare ses propos relève plus d'une crainte que d'un amour sincère. Si elle veut l'amadouer, c'est aussi pour la dissuader de se marier avec quelqu'un d'indigne de son rang.

3. Conclusion
Ce passage met en exergue l'opposition entre la simplicité, le bonheur du peuple, et le champ de la tragédie propre aux Atrides. Avec l'entrée en scène de la mère et la fille en confrontation, le spectateur découvre un univers de haine et de violence. Il commence aussi à cerner le caractère principal des deux femmes : Electre est acharnée et Clytemnestre est hésitante. On entre ici véritablement dans la tragédie où le poids du destin est palpable.

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