Conformité et déviance - Cours de SES avec Maxicours

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Conformité et déviance

1. La déviance est un défaut d'intégration
a. Les formes de la déviance
La déviance désigne tout comportement de transgression des normes sociales, sanctionné par la société. Elle est ainsi intimement liée à la définition des attentes et valeurs des groupes sociaux.

Par ailleurs, on ne saurait oublier le caractère relatif de la déviance, puisque l'on sait que les normes et valeurs de toute société sont en perpétuelles renégociations. Il est possible de catégoriser la déviance en deux ensembles. La marginalité en est la forme la plus courante. Un marginal est un individu qui ne respecte pas certaines normes sociales, sans pour autant être un délinquant. La marginalité n'a donc pas forcement de sanctions juridiques, elle reste néanmoins le pendant d'un jugement collectif négatif sur une conduite ou sur une manière d'être.

La délinquance, qui prend la forme de crimes et délits, est quant à elle prise en charge par les institutions judiciaires. Les sanctions appliquées par la société font donc l'objet d'un code, prévu par la loi.
b. Les difficultés de l'intégration sociale
Les explications de la déviance sont nombreuses. Pour E. Durkheim, les comportements déviants sont le reflet d'une situation d'anomie. Ce terme désigne une perte des repères sociaux, du fait d'un relâchement des normes et des valeurs ou de l'absence d'instance de régulation. C'est ainsi que pour Durkheim, les suicides sont une forme de déviance, qui toucherait plus particulièrement les individus peu socialisés ou mal intégrés.

La déviance peut aussi témoigner d'un conflit entre but et moyen lorsque, par exemple, l'attitude conformiste ne permet pas d'accéder à un minimum de reconnaissance sociale. Certains utilisent alors des moyens non conformes comme le vol, pour accéder aux valeurs privilégiées de la société comme le matérialisme. Dans ce cadre là, il ne faut pas négliger le calcul d'opportunité vis-à-vis du crime (les plus défavorisés n'ont pas grand chose à perdre).
 
Doc 1 : Le vol, moyen non conforme aux règles sociales pour accéder au matérialisme

Un conflit culturel peut enfin exister entre des groupes différents ou récemment intégrés, comme l'ont montré les sociologues W. Thomas et F. Znaniecki dans leur étude sur les nouveaux immigrés aux États-Unis. Regroupés dans les quartiers pauvres, ils sont notamment confrontés à la contradiction entre leurs cultures communautaires et la culture américaine individualiste.

Quelle que soit l'explication retenue, la déviance reste donc toujours le résultat d'un défaut d'intégration sociale. Il faut alors s'interroger sur les origines de ces dysfonctionnements et rechercher les causes de l'exclusion.
2. La déviance naît de la stigmatisation et de l'étiquetage
a. Les processus d'étiquetage
La nature déviante d'un acte dépend très largement du regard qu'on lui porte. Cette théorie de la déviance comme étiquetage a été développée dès les années 1960 par le sociologue américain Howard S. Becker. L'étiquetage est ainsi l'attitude d'identifier des individus déviants et de marquer sa désapprobation. Cette identification conduit à limiter la capacité de ces personnes à rejoindre le corps social conforme, puisqu'ils seront souvent jugés à l'aune de leurs actes déviants passés.

Ainsi, un ancien détenu aura les plus grandes peines à se réinsérer, et à trouver un travail. Cet étiquetage entraîne dès lors une véritable stigmatisation sociale durable. Cette stigmatisation peut finalement empêcher toute réintégration : certaines personnes adopteront l'attitude appropriée à l'étiquette qu'on leur porte, c'est-à-dire qu'ils agiront en déviant de manière définitive.
b. Les résultats de la stigmatisation sociale
Il suffit de prendre l'exemple du cadre urbain et périurbain, qui fournit une bonne illustration de ces phénomènes : certains lieux d'habitation deviennent un véritable stigmate aujourd'hui. Habiter un quartier difficile en banlieue revient bien souvent à subir une exclusion sociale, économique et culturelle. À cela s'ajoute aussi le sentiment d'une véritable ségrégation d'une partie de la population. Cette disqualification sociale et la perception de l'exclusion accroissent alors le ressentiment de ces « inutiles au monde ». Cela explique pour une large part les comportements délinquants propres aux banlieues, sans bien sûr les justifier ou les excuser.
L'essentiel
La déviance est avant tout le résultat d'un défaut d'intégration sociale. Les marginaux et les délinquants sont pour l'essentiel des personnes subissant un arbitraire social, qui ne leur permet plus de respecter la conformité sociale. La déviance est de plus bien souvent accentuée par le regard des autres et par l'étiquetage des personnes déviantes. La stigmatisation qui s'ensuit limite bien souvent les possibilités de réintégration sociale.

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents