Allemagne, arrière-plan historique - Cours d'Histoire de l'art Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Allemagne, arrière-plan historique

Objectif
évoquer un pan de l'Histoire de l'Allemagne, depuis le début du 20e siècle, afin d'expliquer plus précisément le contexte des années 20.
Durant les trente premières années du siècle, l'Histoire de l'Allemagne s'est accélérée en même temps qu'elle a frôlé, à mainte reprises, la catastrophe.L'Allemagne s'est déjà fortement industrialisée à la fin du 19e siècle. De 1871 à 1929, la population de Berlin va plus que quintupler, de 826 000 à 4 299 000 d'habitants.
Les structures sociales vont également être bouleversées, en premier lieu à la suite de l'abdication de l'empereur Guillaume II, à la fin de la Grande Guerre.
1. La fin de l'Empire
Au début du 20e siècle, l'Empire allemand est riche du processus réussi d'industrialisation.

Berlin devient la vitrine de cette opulence, une ville qui se modernise très rapidement, lieu où se déploie avec faste une vie culturelle foisonnante, où la bourgeoisie d'affaires s'affirme.

En Europe, l'expressionnisme allemand se fait connaître.

Mais l'Allemagne souffre de n'avoir de l'empire que le nom : en regard de la France et de l'Angleterre, elle n'a en effet que des reliquats de colonies. Ce sera une des causes de déclenchement de la guerre, présentée au monde comme une guerre préventive, notamment contre un éventuel esprit de revanche de la France, humiliée en 1870.
Les allemands, d'abord enthousiastes, fustigent ensuite chaque jour un peu plus une guerre qui s'enlise et plonge le pays dans la famine.

Les conflits sociaux, apparus depuis le début de l'ère industrielle, se trouvent dès lors exacerbés. Les privations, déjà mal supportées, conduisent à un vaste mouvement de grève quand au début de l'année 1918 l'empereur appelle la population à maintenir son effort de guerre. Des négociations de paix immédiates sont notamment demandées.

2. La Révolution de Novembre
Une mutinerie de marins des forces navales marque le début de la Révolution de novembre 1918. Des « conseils d'ouvriers et de soldats » prennent le pouvoir sans rencontrer de résistance.

Le 9 novembre 1918, deux jours avant la signature de l'armistice, l'empereur abdique, imité par tous les souverains de l'empire. La république est proclamée, un gouvernement provisoire prend le relais des premiers comités.

Une grande effervescence gagne aussi les principaux acteurs de la vie intellectuelle et culturelle, des groupes se forment, on y revendique une foi nouvelle en l'Homme, inspirée du credo expressionniste.

Face aux initiatives révolutionnaires des communistes (l'insurrection spartakiste), le nouvel Etat, qui se veut démocratique, s'appuie sur les forces de l'ordre ancien, à commencer par l'armée. L'Assemblée, réunie à Weimar, élabore une constitution en 1919.
Dans cette même ville, la même année, le Bauhaus, école professionnelle d'art d'avant-garde, est fondée. La république de Weimar survivra, bon an mal an, jusqu'à la prise de pouvoir par les nazis, en 1933.

3. Les compromis de Weimar
a. La République de Weimar est sur la défensive
Entre la bourgeoisie et les socialistes, la République doit faire des compromis pour se maintenir.
Elle garantit la propriété privée mais permet aussi la création de conseils d'entreprises où les ouvriers peuvent défendre leurs intérêts.

Les vrais ennemis de la République de Weimar sont les forces antidémocratiques toujours vivaces, en particulier dans les vieilles institutions impériales : l'administration, la justice et l'armée, cette dernière étant plus prompte à mater les soulèvements ouvriers que les tentatives de putsch de la droite nationaliste.

b. Des circonstances économiques et sociales difficiles
La situation économique de la première moitié des années 20 est catastrophique. L'inflation galopante ne profite qu'à une poignée de spéculateurs et de trafiquants, tandis que la classe moyenne glisse peu à peu vers le prolétariat.

 
Evolution du cours du Mark de 1914 à 1923
Années
1 $ = en marks
1914
4,2
1919 14,0
1920 39,5
1921
76,7
Janvier 1922 191,8
Juillet 1922 493,2
Janvier 1923 17 792
Juillet 1923 353 410
Août 1923 4 620 455
Octobre 1923 25 260 208 000
15 novembre 1923 4 200 000 000 000


A Berlin, la misère est omniprésente, le chômage endémique, grèves et manifestations se multiplient. Cependant, la vie culturelle, notamment au travers de la Nouvelle Objectivité, dont les artistes n'hésitent pas à représenter la vie dans sa réalité la plus crue, confère à Berlin une aura et une réputation sulfureuse reconnue à travers toute l'Europe.

4. Le calme avant la tempête
Peu à peu, l'inflation est jugulée. L'Allemagne se stabilise et dès 1925, les capitaux étrangers affluent. Les américains, notamment, investissent dans l'industrie allemande, la productivité augmentant de façon spectaculaire.

Un processus de rationalisation scientifique du travail et de la production se met en branle, qui touche à tous les secteurs d'activité : l'industrie se mécanise, le travail à la chaîne se généralise, l'administration se modernise, le commerce s'adapte à la consommation de masse, la publicité y contribue. Partout on embauche, le chômage est enrayé.

En l'espace de quelques années, Berlin devient une métropole moderne, productive, affairée. L'industrie du divertissement n'en est que plus prospère, concerts, expositions et célébrations se succèdent, et Berlin acquiert le statut de « nouvelle Ville lumière d'Europe ».

Puis survient le krach boursier d'octobre 1929. Comme partout ailleurs dans le monde, les banques et les industries allemandes sont acculées à la ruine. La parenthèse se referme. Production et commerce diminuent de moitié, entraînant des diminutions de salaires et une hausse vertigineuse du chômage.

Face à la crise, seul le parti nazi tire ses épingles du jeu politique. Se faisant passer pour un parti ouvrier, il parvient à convaincre les mécontents, les indécis et les déçus des partis traditionnels. Après l'entrée triomphale du parti au parlement en juillet 1932, Adolf Hitler prend le pouvoir le 30 janvier 1933.

La même année commencent les premiers événements d'une longue liste de catastrophes : incendie du parlement, création de la Gestapo, boycott des magasins tenus par des juifs, autodafés de livres sur la place publique. Après une période extrêmement riche durant laquelle elle a rayonné sur le monde, la vie culturelle allemande est bâillonnée, de nombreux artistes et intellectuels contraints à l'exil.

Le Bauhaus, à peine installé à Berlin, doit fermer définitivement ses portes.

L'essentiel

L'Empire allemand, prospère grâce à son industrie mais tiraillé par ses vieux démons nationalistes et militaristes, déclenche une guerre à laquelle il ne survivra pas.
Deux jours avant l'armistice, l'empereur Guillaume II abdique. Une longue période de confusion commence pour les allemands, accablés par les insurrections communistes, les tentatives de putsch nationalistes, le chômage, l'inflation.

La nouvelle République de Weimar, fondée en 1919, tient bon, et durant la deuxième moitié des années 20, une prospérité inattendue sort l'Allemagne de l'ornière. Les capitaux étrangers renflouent l'économie allemande, industrie et commerce sont rationalisés.
La crise de 1929 fait retomber l'Allemagne toute entière dans la misère. Le parti nazi profite de la situation pour prendre le pouvoir en 1933.

Durant toute cette époque, la vie intellectuelle et culturelle allemande aura été très riche, attirant à elle les avant-gardes artistiques, Berlin rivalisant sans peine avec Paris. Seule la venue au pouvoir des nazis mettra fin à cet âge d'or.

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