Histoire des arts

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Cours / Histoire des arts / Terminale L
Cézanne et le sud  
  • 1. « Si Cézanne a raison, j'ai raison »
  • 2. Un nouveau départ
  • 3. Le Sud
  • 4. La mémoire du Sud

Objectif : Evoquer le bouleversement que suscite la découverte de la lumière du Sud chez Matisse, et la leçon qu'il saura tirer de la peinture de Cézanne quant à la maîtrise de son expression.

Matisse, en peignant, découvre peu à peu que la finalité de son art ne sera pas la reproduction fidèle de la réalité, ni l'évocation de belles allégories, mais la traduction sur la toile d'un sentiment, d'une émotion.

En 1897, Matisse a déjà éprouvé les attraits (la lumière, la couleur) et les limites (une expression évaporée, diluée) de l'impressionnisme. Il se souvient alors de ce qu'il a appris dans les musées des grands maîtres du passé, de Chardin à Goya. Il voudrait atteindre, dans le sillage de ces derniers, à une plus grande concentration des moyens, une expression plus intense, quitte à sacrifier certains éléments, comme la profondeur spatiale ou la richesse des détails.

C'est dans la peinture de Cézanne qu'il trouve une indication quant à la direction qu'il devra emprunter.

1. « Si Cézanne a raison, j'ai raison »
En effet, Cézanne (1839-1906), dont il a découvert la peinture peu après celle des impressionnistes, concilie dans son art ce à quoi pourrait aboutir les recherches divergentes de Matisse.

Cézanne estime qu'il est impossible de représenter telle quelle la nature, il refuse de définir les formes par la ligne ou par le modelé, pas plus qu'il ne veut décrire l'espace en profondeur par la perpective. Il construit donc ses tableaux par la couleur : des plans de couleurs sont juxtaposés et doivent, par effet de contraste, suggérer plutôt que montrer. La méthode requiert donc d'ordonner et de hiérarchiser les formes, comme dans la peinture classique.

Comme Cézanne le dit lui-même, il veut « faire quelque chose qui soit comme l'art des musées ». Pourtant, Cézanne est un passionné et il aura bien du mal à soumettre complètement son art à l'ordre strict qu'il veut s'imposer : la recomposition de la réalité passe nécessairement par le filtre de la personnalité du peintre.

Matisse et Cézanne se retrouvent par le fait qu'ils se posent la même question, sans trouver de réponse formelle : que choisir, entre d'une part la représentation comme reflet de la nature telle qu'elle est et, d'autre part, la restructuration de la nature par le travail subjectif et forcément expressif du peintre ?

Même s'il ne peindra qu'une poignée de toile reprenant littéralement la manière cézannienne, c'est bien dans la peinture de Cézanne que Matisse trouvera la résolution de cette dualité entre maîtrise et expression. Il s'en souviendra jusqu'à la fin de sa vie : « je pensais : si Cézanne a raison, j'ai raison, et je savais que Cézanne ne s'était pas

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