Les CIAM et la charte d'Athènes - Cours d'Histoire de l'art Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Les CIAM et la charte d'Athènes

Objectif 
Evoquer les CIAM (Congrès Internationaux d'Architecture Moderne) et leur principale contribution, La Charte d'Athènes, manifeste du fonctionnalisme, qui n'ont essentiellement servi qu'à résumer la plupart des théories urbanistiques passées, mais qui ont eu un grand impact sur les politiques urbaines d'après-guerre.
C'est à partir d'un échec, en l'occurrence le refus au concours pour le palais de la Société des Nations à Genève, en 1927, de plusieurs projets d'architecture moderne et fonctionnaliste, dont celui de Le Corbusier, que ce dernier et une poignée d'architectes français décident d'organiser une rencontre des plus grands architectes et urbanistes internationaux. Celle-ci se tient en juin 1928 à La Sarraz, près du lac Léman, avec pour but de poser les bases théoriques du mouvement architectural et urbanistique moderne et fonctionnaliste. Ce dernier terme renvoie à l'idée que l'habitat est avant tout une fonction qui doit être rationalisée ; il ne doit pas être considéré comme une fin en soi et doit être débarrassé de l'inutile en terme de fonction : décor, murs non porteurs, etc. C'est pour promouvoir ces idées encore mal acceptées dans l'entre-deux-guerres que sont fondés les CIAM, Congrès internationaux d'architecture moderne.
1. Les premiers congrès
Le Ier CIAM de 1928 ne réunit que des architectes européens, à l'exception des britanniques. Le Corbusier y propose un manifeste, qui bien qu'écarté par les Hollandais et les Suisses parce que trop axé sur l'architecture plutôt que sur l'urbanisme, aura plus de répercussions que la déclaration finale officielle.

Le IIe CIAM, consacré à  « l'habitat à loyer modéré »,  se tient à Stuttgart en 1930 ; y participent pour la première fois des architectes aussi importants que Gropius (allemand, 1883-1969) ou José Luis Sert (espagnol-américain, 1902-1983).

Le IIIe CIAM a pour thème : « Méthodes rationnelles pour la construction des groupements d'habitation ». Il se tient à Bruxelles en 1930, avec Neutra comme représentant des Etats-Unis. De nouvelles discussions s'engagent alors entre les différentes parties quant à savoir s'il vaut mieux privilégier les habitations à niveau unique ou à plusieurs étages.

Cependant, aucun CIAM ne sera aussi ambitieux et n'aura autant de répercussion que le IVe CIAM, à l'issue duquel sera diffusée La Charte d'Athènes.

2. Le IVe CIAM
Le IVe CIAM devait originellement avoir lieu à Moscou en 1932, mais l'URSS, jusque là à l'avant-garde de l'architecture et de l'urbanisme modernes, opère un retour en arrière sous l'impulsion de Staline. Le IVe CIAM prendra donc la forme en 1934 d'une croisière entre Marseille et Athènes aller et retour, emmenant aux côtés des architectes des peintres, des poètes et des critiques d'art. Le thème du congrès est « la ville fonctionnelle », dont les conclusions découleront de l'étude de 33 villes. Ces conclusions, d'abord rédigées sous la forme d'un procès-verbal officiel, dont la version française sera publiée en 1933 à Athènes, aura deux autres versions plus connues : Can our cities survive ?, que l'on doit à José-Luis Sert, publiée aux Etats-Unis en 1942, et La Charte d'Athènes, écrite par Le Corbusier ; celle-ci sera publiée une première fois anonymement en 1943 dans la France occupée (Le Corbusier est alors connu pour ses relations avec l'URSS), puis en 1954, cette fois signée.

Les trois versions, à quelques détails près, présentent les mêmes conclusions, mais c'est La Charte d'Athènes qui aura le plus d'audience auprès des architectes du monde entier.

3. La Charte d'Athènes
Le succès qu'aura La Charte d'Athènes est en grande partie dû à la faculté de Le Corbusier à clarifier son propos par l'emploi d'un style direct.
a. Le contenu de la charte d'Athènes
Les propositions du CIAM qu'il énumère peuvent se résumer ainsi :

espaces dégagés pour favoriser l'ensoleillement, la verdure et l'hygiène ;

 suppression de l'alignement des habitations sur la rue et suppression de la rue elle-même, remplacée par des voies de communication différenciées, selon qu'elles servent aux piétons ou aux véhicules motorisés, qu'elles soient dédiées au transit ou à la desserte des habitations, etc. ;
• condamnation de la banlieue, éradication des îlots insalubres, préservation des centres historiques, respect des caractéristiques régionales dans l'établissement des plans d'urbanisme ;
• répartition en zones affectées aux différentes fonctions de la cité (zonage).

Les habitations, quant à elles, seront hautes, collectives et densément peuplées, mais disposées dans des espaces verts et éloignées les unes des autres, mêlées aux écoles et aux édifices dédiés aux loisirs, les lieux de travail étant quant à eux facilement accessibles depuis la zone résidentielle.

L'urbanisme se trouve donc réduit par La Charte d'Athènes à quatre grandes fonctions, bien délimitées : habiter, travailler, se divertir, circuler.

On peut observer que la charte du IVe CIAM ne fait que reprendre les idées avancées depuis près d'un siècle par différents utopistes et urbanistes de la première heure comme Ebenezer Howard et Tony Garnier, dont Le Corbusier s'est lui-même inspiré pour sa « ville radieuse ». Et comme la plupart des utopies, celle qui se dessine à la lecture de la charte ne résistera pas à son application dans la réalité.

b. Les lacunes de la charte d'Athènes
Le fait de placer la circulation au même rang que d'autres fonctions essentielles comme l'habitat aura comme conséquence le sacrifice de la ville moderne à la voiture.
La suppression de la rue, quand à elle, enlève à la cité un de ses principaux attraits, celui des petits commerces.

L'amplification de l'ensoleillement grâce au dégagement des espaces, posé comme prioritaire, est une idée applicable à des pays de climat tempéré ou nordique, mais qui se révèle calamiteuse dans des pays chauds et secs, où la Charte d'Athènes a été appliquée plus que de raison.

Les CIAM suivants (le dixième et dernier CIAM se tenant à Dubrovnik en 1956) verront s'opposer leurs protagonistes, soulignant l'occurrence d'une crise urbanistique née après-guerre du périlleux passage de l'utopie à la réalité.

L'essentiel

Les CIAM et leur corollaire le plus remarquable, La Charte d'Athènes, auront eu pour principale utilité de condenser les théories et utopies architecturales et urbanistiques avancées depuis le milieu du XIXe siècle.

On y retrouve Le Corbusier, coorganisateur des CIAM et rédacteur de La Charte d'Athènes, qu'il présentera comme un outil révolutionnaire, bien qu'elle ne contienne aucune réelle innovation par rapport aux idées déjà existantes : on y propose surtout de disséminer des habitations à forte densité de population (telles les unités d'habitation de Le Corbusier) dans des espaces verts, supprimant de ce fait le traditionnel alignement sur rue. Soleil, hygiène, verdure, multiplication des voies de circulation, zonage, autant de préceptes dont l'application dans la réalité dévoilera les nombreuses lacunes.

De nombreux architectes, se réclamant de la charte, auront recours à celle-ci pour les reconstructions d'après-guerre, au moment même où les CIAM connaîtront le déclin, minés par les dissensions entre les membres fondateurs et la jeune génération d'architectes : vingt-cinq ans après leur création, alors qu'ils ont enfin trouver un écho auprès des gouvernements, les CIAM et leurs enseignements fonctionnalistes seront déjà perçus par la relève comme académiques et sclérosés.

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