Cinéma

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Cours / Cinéma / Terminale L
Le cinéma expressionniste allemand  
  • 1. « Le Cabinet du docteur...
  • 2. W.-F. Murnau
  • 3. « Metropolis », Fritz...

Objectif : Mettre en évidence les principales caractéristiques du cinéma expressionniste allemand en insistant, parmi celles-ci, sur ce que le montage apporte en qualité et en puissance.

L'expressionnisme est un mouvement artistique qui se distingue d'abord du naturalisme. En effet, il ne vise pas une représentation objective du monde mais la reproduction des perceptions subjectives que ce monde encourage. L'angoisse (déjà très présente dans le romantisme allemand et largement relancée au moment de la première guerre mondiale) y occupe une place tout à fait centrale. Lorsqu'elle est manifeste, elle peut favoriser toutes sortes de déformations des choses ou des êtres. Le vertige qui envahit la conscience du sujet provoque ainsi un immense déséquilibre de tout le visible.

Le monde n'a plus d'autonomie, il est soumis au regard déformant de celui qui le traverse et l'observe : la lumière irradie les lieux où règne le Bien, le Mal plonge irrémédiablement tout ce qu'il habite dans les Ténèbres...
L'expressionnisme pictural se développe peu avant 1910 avec Kokoschka, Beckmann et Soutine. Au cinéma, exclusivement allemand, il est notamment incarné par Fritz Lang, W.-F. Murnau et Robert Wiene, entre 1918 et 1926, dans quelques œuvres magistrales marquées par une très forte dimension plastique.

1. « Le Cabinet du docteur Caligari », R. Wiene, 1918
C'est le film fondateur de l'expressionnisme allemand. La folie, le délire mais aussi l'hypnose, le somnambulisme y sont les thèmes centraux (la psychanalyse freudienne est alors en plein essor).

Deux hommes sont dans un parc, le plus jeune des deux raconte un épisode étrange de sa vie, l'histoire dont il fut le témoin privilégié : on plonge alors dans le passé...
Dans une foire, le docteur Caligari présente un somnambule sous son emprise qui commet divers crimes dont le docteur lui-même est le commanditaire secret. Après enquête, Caligari est démasqué, poursuivi par le jeune témoin de l'histoire, jusqu'à l'asile dont il est le directeur. Or, il s'avère que le directeur schizophrène répétait les expériences d'un savant sur le somnambulisme, le vrai docteur Caligari. Il est arrêté...
A la fin du film, on retourne dans le parc où le jeune homme conclut son histoire. On peut alors s'apercevoir que le parc fait partie de l'asile dans lequel il est lui-même interné. L'histoire racontée n'était-elle que le fruit de son imagination délirante ?

Le délire fait partie des grands thèmes de l'expressionnisme. Ici, sa manifestation est suggérée par l'articulation générale du film, son montage en deux parties enchâssées. On pense d'abord qu'il y a un espace réel, actuel (dans le parc, lieu d'émission du récit) et une histoire passée (ce qui a eu lieu) avec un degré de réalité plus faible (car tout ce que nous voyons passe par le prisme d'un récit).
Rétroactivement, on comprend que si le premier espace était bien réel, l'histoire vue et racontée (soit la quasi totalité du film) n'était qu'illusion. Le montage du film (son découpage général) assure ainsi l'intrusion proprement expressionniste du délire (de l'ordre de la subjectivité pure) dans le réel tout en ménageant des effets de

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