Si c'est un homme : la structure de l'œuvre - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Si c'est un homme : la structure de l'œuvre

Table des chapitres de Si c’est un homme

1.   Le voyage
2.   Le fond
3.   Initiation
4.   K.B
5.   Nos nuits
6.   Le travail
7.   Une bonne journée
8.   En deçà du bien et du mal
9.   Les élus et les damnés
10. Examen de chimie
11. Le chant d’Ulysse
12. Les événements de l’été
13. Octobre 1944
14. Kraus
15. Die drei leute vom Labor
16. Le dernier
17. Histoire de dix jours

Primo Levi s’est lui-même expliqué dans sa Préface de janvier 1947 quand il écrivait au sujet de la structure de son œuvre : « Les chapitres en ont été rédigés non pas selon un déroulement logique, mais par ordre d’urgence ». Ainsi, les dix-sept chapitres tels qu’ils sont présentés, n’ont pas été écrits dans cet ordre, et Primo Levi précise que « le travail de fusion, selon un plan déterminé, n’est intervenu qu’après ».
De fait, Si c’est un homme semble construit selon une double structure qui se superpose : l’une chronologique, l’autre dramatique.

1. Une organisation chronologique

La simple observation fait clairement apparaître le classement chronologique des dix-sept chapitres de l’œuvre : un premier indice, dès la première phrase du chapitre 1, précise la date du 13 décembre 1943. Quelques lignes plus loin nous trouvons celle de fin janvier 1944, qui marque son arrivée au camp.
Dans les chapitres suivants, la précision temporelle s’efface pour laisser place au rythme cruellement routinier de la vie au Lager : « Les jours se ressemblent tous et il n’est pas facile de les compter » raconte Primo Levi. Le rythme chronologique n’est cependant pas perturbé et des précisions, telle l’expression « après quelques jours », ou la succession des saisons, nous le rappelle. Il faut attendre le chapitre 12 pour retrouver une indication précise : « au mois d’août 1944 ». Le chapitre 13 porte lui-même un titre significatif, Octobre 1944, il sera consacré à un seul événement : la nouvelle sélection. On trouve une nouvelle indication au chapitre suivant : « c’est novembre », puis au chapitre 16 il est question de Noël, enfin au dernier chapître se succèdent les fameux dix derniers jours « hors du monde et hors du temps », ponctués des dates jour par jour, jusqu’à la dernière du 27 janvier 1944, jour de la libération du camp par l’armée rouge.

Ainsi, on le voit, l’écrivain n’a pas donné quantitativement la même importance à tous les événements. Certains, pourtant relativement courts, sont développés sur tout un chapitre : c’est le cas de l’installation au Lager ou de la sélection d’octobre 1944. A l’opposé, des semaines entières sont parfois résumées en quelques lignes, voire en une seule phrase : « Nous avons lutté de toutes nos forces pour empêcher l’hiver de venir ».
De cette structure, certains faits se détachent. Si Primo Levi leur a donné plus d’importance, c’est qu’ils correspondent à des épisodes-clés, marquants profondément son âme, ou lourds de conséquences.

2. Une construction dramatique

La structure chronologique ponctuée de moments forts, comme nous l’avons observé précédemment, est comparable à celle d’un drame.

L’écrivain lui-même fait d’ailleurs explicitement référence au théâtre à diverses reprises. Dès le chapitre 2, il écrit : « Nous voici maintenant au deuxième acte ». Il se place ainsi dans la position d’un spectateur qui assisterait à une représentation. Il ajoute un peu plus loin : « il nous semble assister à quelque drame extravagant, un de ces drames où défilent sur scène les sorcières, le Saint Esprit et le démon », faisant ici référence aux Mystères du Moyen-Age. Ainsi, au début de l’œuvre, Primo Levi n’a pas conscience du rôle qu’il doit jouer.

Cependant, à la fin de son récit, il semble l’avoir découvert lorsqu’il écrit : « Mais maintenant c’est bel et bien fini. C’est le dernier acte : l’hiver a commencé, et avec lui notre dernière bataille » (chapitre 15). Dans l’intervalle de ces deux passages, le récit s’apparente en quelque sorte à une sinistre comédie mise en scène par les nazis, et dont les prisonniers sont les pantins, spectateurs abusés du rôle qu’on leur fait jouer. Toute l’action semble concourir à son terme inéluctable qui devait voir l’anéantissement physique et moral de ces marionnettes humaines. Cependant, comme un coup de théâtre, quoique le processus fût en réalité très lent, les marionnettes se remettent à penser et à réagir. Ainsi, si l’armée soviétique est de fait libératrice, c’est avant tout de l’intérieur que la libération s’est produite, quand les hommes ont retrouvé en eux-mêmes la force de renaître.

La strucure de Si c’est un homme apparaît clairement comme chronologique et positive. Et si l’écrivain n’a pas écrit son œuvre chronologiquement, sa recomposition, sans nuire à la vérité, se met au service du sens. En effet, ce processus de destruction / reconstruction était nécessaire pour donner sens à ce qu’il avait vécu.

L’essentiel

Si c’est un homme se compose de dix-sept chapitres chronologiques, l’action se déroulant sur une période de treize mois, du 13 décembre 1943 au 27 janvier 1944. Primo Levi a doublé cependant cette structure chronologique d’une structure dramatique qui met en avant les moments forts de l’action et qui se termine par une sorte de coup de théâtre quand, contre toute attente, les prisonniers réduits à l’état de pantins regagnent leur dignité dans un sursaut d’humanité ultime.

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