Pensées : synthèse 3, l'art de l'éloquence - Maxicours

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Pensées : synthèse 3, l'art de l'éloquence

Objectifs :
- Synthétiser les Pensées, en avoir une vision d’ensemble.
- Se préparer à la dissertation sur l’œuvre au programme.
Le métalangage (langage qui parle du langage, réflexion sur le langage) : de la réflexion sur l’art de persuader à la pensée pascalienne.

Les citations font référence aux fragments de l’édition proposée par Léon Brunschvicg, le livre de poche.
1. L'art de l'éloquence
a. Le naturel
L’art et l’humilité
Pascal s’en prend à cette disposition de l’art qui force le public à l’admiration d’un individu s’autoproclamant artiste. Il n’apprécie guère les gens qui portent « l’enseigne de poète » parce qu’ils cherchent l’originalité ([129], P.34). L’admiration peut naître du commun. La beauté poétique naît d’une reproduction exacte du modèle. « Ceux qui, après avoir peint, ajoutent encore, font un tableau au lieu d’un portrait ». L’art n’est pas simplement copie : les transformations visent à renforcer la fidélité, non à ajouter des ornements futiles.
Exemple : la poésie galante « consiste à dire de petites choses avec de grands mots » (in Beauté poétique, [129], P.32, 33, 34)

L’art et la diversité
L’art transmet la variété de la vie. Le style qui convient à la description morale de l’homme et celui qui convient pour l’apologie doivent être fidèles à la vérité mais ils sont très différents.
Exemple : dans les premières sections, le style de Pascal se rapproche de celui de Montaigne, concis et méthodique, dans la dernière, il se rapproche du lyrisme des versets bibliques, là où « Dieu parle bien de Dieu ».

Toutes les règles de l’art ne sont pas aussi simples, il faut se fier au sentiment : « L’éloquence est une peinture de la pensée » ([142], P.26).

b. L'art de communiquer
Le dialogue reproduit le rythme de la vie
Il indique les réactions spontanées de l’interlocuteur : ses approbations, ses désaccords. Il évite les artifices des théories argumentées, des techniques rhétoriques faussant la relation vraie du dialogue. Dans le fragment sur le pari, la discussion entre l’incroyant et le chrétien suit le mouvement des réactions de l’interlocuteur, les retournements de la vie.
Exemple : en premier lieu, l’incrédule s’assoit dans son incertitude. Après avoir admis qu’il faut parier, il doit s’estimer heureux de parier devant tant d’avantages. Enfin, il se soumet, contraint de se dédire mais soulagé. La dynamique du dialogue permet de persuader l’adversaire avec efficacité. C’est la force du discours pascalien. « Il faut, en tout dialogue, qu’on puisse dire à ceux qui s’en offensent : de quoi vous plaignez-vous ? » ([427], P.188)

L’art d’agréer relève de l’intuition, plus que de la raison
Il suppose qu’on connaisse « l’esprit et le cœur » de l’interlocuteur. Pascal épargne son adversaire. L’honnête homme sait qu’il faut plaire à autrui en dissimulant le moi autoritaire. Pascal écrit : « L’homme est plein de besoins. Il n’aime que ceux qui peuvent les remplir tous. C’est un bon mathématicien, dira-t-on, mais je n’ai que faire de mathématique : il me prendrait pour une proposition. C’est un bon guerrier : il me prendrait pour une place assiégée. Il faut donc un honnête homme, qui puisse s’accommoder à tous mes besoins également » ([11], P.36).
2. L'art de persuader
a. Prise en compte du destinataire
Identifier l’interlocuteur
Pascal « concevait l’éloquence comme un moyen de dire les choses d’une manière que tous ceux à qui l’on parle les puissent entendre sans peine et avec plaisirs et il concevait que cet art consistait dans de certaines dispositions qui doivent se trouver entre l’esprit et le cœur de ceux à qui l’on parle. » (Vie de Pascal, par Gilberte Pascal). Il sait qu’il ne suffit pas de dire la vérité pour qu’elle soit crue, il faut aussi capter l’intérêt du récepteur.

Il faut connaître ses intentions : le désir sincère de la vérité
« Pascal ne commençait jamais par la dispute, ni par établir les principes qu’il avait à dire ; mais il voulait connaître auparavant s’ils cherchaient la vérité de tout leur cœur ; et il agissait suivant cela avec eux, ou pour les aider à trouver la lumière qu’ils n’avaient pas, s’ils la cherchaient sincèrement, ou pour les disposer à la chercher et à en faire leur plus sérieuse occupation, avant que de les instruire, s’ils voulaient que son instruction leur fût utile. » (Vie de Pascal, par Gilberte Pascal).
b. Admettre les contraires
Ménager l’interlocuteur
Observer la vérité de son propos et montrer où il y a erreur, puisque « naturellement l’homme ne peut tout voir » ([401], P.9) Pour persuader, il ne faut pas chercher à détruire les arguments de l’interlocuteur mais découvrir ce qui est juste avant de démontrer l’erreur : il s’agit de ne pas mécontenter l’adversaire dont l’ego sera épargné, en soutenant qu’il a vu juste sur une partie du raisonnement.

Relativiser son propre point de vue
L’humilité amène à envisager de se tromper, en prenant pour une idée complète une approche qui n’était que partielle ou en accordant une importance démesurée à un point très spécifique. « On se persuade mieux, pour l’ordinaire, par les raisons qu’on a soi-même trouvées, que celles qui sont venues dans l’esprit des autres. » ([201], P. 10).

Il convient de se mettre à la place des autres, sans s’imposer autoritairement. L’art de persuader est art de convaincre qui s’adresse à l’entendement, et un art d’agréer qui s’adresse au sentiment.
3. Rhétorique Pascalienne
a. De la continuité et de la discontinuité
Les Pensées sont des fragments discontinus qui ne se présentent pas sous la forme d’une suite d’arguments en forme. Elles procèdent par mises au point de noyaux fragmentaires, avec une diversité d’interlocuteurs et de tons. De la formule, on passe à des développements intégrés à un ensemble plus long. (Le divertissement ou les deux infinis par exemple).

La brièveté des fragments implique l’emploi de techniques de discontinuité : éviter les développements rhétoriques pour préférer une formulation brève et frappante. Cette rhétorique se moque de celle des écoles : elle use des répétitions nécessaires pour mettre en évidence l’idée directrice.
Exemples concrets : ils évitent de longues thèses abstraites comme pour le pari.

Pourtant, de la fragmentation, naît la progression d’une pensée qui s’éclaire. Pascal n’avait pas arrêté le plan de son ouvrage au moment de sa mort, d’où cette apparence fragmentaire. Pourtant, une signification intrinsèque demeure et suit le fil d’une pensée, que les éditeurs ont voulu mettre en application en proposant divers classements.
b. De l'esprit de finesse et de géométrie
La raison
Si l’homme était guidé par son entendement, il ne suivrait que les principes de la raison pour rechercher la vérité.
Pourtant l’homme se laisse souvent infléchir par la vérité qui lui est agréable, selon son bon plaisir.
De fait, l’art de persuader est d’abord art de convaincre qui s’adresse à l’entendement et art d’agréer selon les principes du plaisir : il faut observer chez l’interlocuteur « quels principes il accorde, quelles choses il aime ; et ensuite remarquer, dans la chose dont il s’agit, quel rapport elle a avec les principes avoués, ou avec les objets délicieux par les charmes qu’on lui donne ». La raison et la modération sont le secret de l’éloquence. ([130], P. 15)

La finesse
La finesse est indispensable pour saisir une proposition dans son ensemble, par intuition. L’esprit de géométrie et de finesse sont nécessaires. Manquer d'esprit de finesse ou de géométrie fausse la quête de vérité : la volonté de tout démontrer se heurte aux limites de la raison (exemple : les questions de la foi), la volonté de tout ressentir est renonciation au jugement logique. Il n’y aurait plus ni dialogue, ni éloquence mais rupture de la communication.
Conclusion
L’art de l’éloquence, s’il fait appel à l'esprit de finesse, n'en demeure pas moins soumis à une certaine rigueur logique intrinsèque. La raison, le cœur, la simplicité, permettent de cheminer vers cette vérité ; de poser les questions vraies et non superficielles, non assujetties à l’amour propre du penseur.

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