Pensées : synthèse 2, la foi, de l'incroyance à la conversion - Maxicours

Pensées : synthèse 2, la foi, de l'incroyance à la conversion

Objectifs :
- Expliquer le contexte politico-religieux de la rédaction des Pensées.
- Se préparer à la dissertation sur l’œuvre au programme.
Les citations font référence aux fragments de l'édition proposée par Léon Brunschvicg, le livre de poche.
1. Influence de la pensée janséniste
a. États des lieux de la religion au moment des Pensées
Regain d’intérêt pour la religion catholique
Les guerres de religions ont fait naître les libres-penseurs et les libertins (esprits incrédules, menant une vie déréglée) contre lesquels lutte l’église catholique soucieuse de s’unifier. Le Concile de Trente (1545-1563) fixe la doctrine sur deux points : la prédestination et la grâce, points sur lesquels vont s’affronter jésuites et jansénistes (cf. ci-dessous). Il ne précise en rien comment concilier la capacité de l’homme à faire le bien et la nécessité du secours de Dieu.

Les controverses
Les jésuites pensent que certains hommes sont élus pour être portés naturellement vers le bien, alors que d’autres sont prédestinés pour le mal ; ainsi l’homme conserve le pouvoir de faire à volonté le bien ou le mal, et est préservé par la grâce permanente que Dieu accorde toujours à tous. L’homme est maître de son sort.
Les augustiniens ou jansénistes insistent au contraire sur la gravité de la blessure infligée au libre arbitre par le péché originel, irréparable sans une grâce divine spéciale. Une conviction des devoirs de chrétien conduit les augustiniens à une rigueur morale souvent sévère et à une retraite mystique, consacrées à la conversion et à la recherche d’un idéal.
b. Pascal et sa foi
Pascal écrit sa première Provinciale en réaction d’indignation contre les intrigues politico-religieuses qui contribuent à faire condamner les propositions extraites de l’Augustinus, composé par Pierre Jansen (Jansénius). Pascal reprend les thèses de Jansénius, qui sont elles-mêmes un reflet de la théologie de Saint-Augustin sur la grâce. L’homme peut pécher mais être touché par la miséricorde de Dieu. Selon Pascal, la grâce « efficace » est délivrée par un Dieu omnipotent qui bouleverse en profondeur l'homme qui la reçoit (Conséquence de la révélation et « circoncision du cœur »).
Il nie la grâce « suffisante » évoquée par les jésuites ou molinistes (adeptes du théologien espagnol Molina, référent des jésuites) selon laquelle la grâce divine n’est plus qu’un secours lorsque l’homme choisit la voie du salut.

« Persuader de rechercher Dieu » : il ne s’agit pas tant de convaincre le non-croyant de l'existence de Dieu, à l'aide d'arguments philosophiques, conformes à la raison, qu'à le convaincre de le chercher simplement. Pour cela, il convient de connaître la grandeur d'une créature à l'image de Dieu, mais aussi reconnaître les effets de la corruption, qui vulnérabilisent l’homme.

L’enjeu est de présenter la vérité chrétienne conforme à la raison, mais aussi hors d'atteinte de la raison.
2. De l'incroyance au pragmatisme du pari
a. L'incroyance
L’incroyance dépasse la négation de l’existence de Dieu
Les libertins refusent le dogme de la religion chrétienne comme les athées (qui ne croit pas en Dieu).
Exemple : discours de l’athée qui ne sait où il va si ce n’est se laisser mollement guider vers la mort, ([213], P.194)
D’autres formes d’incroyances : les déistes affirment l’existence d’un Dieu qui ne peut être révélé, d’où un désespoir face l’impuissance de connaître la divinité.
Les stoïciens (qui exigent l’acceptation soumise de la condition misérable, le courage devant la souffrance...) prétendent s’élever au rang de Dieu par leur sagesse même.

L’incroyant cherchant Dieu sans le trouver
Le jugement est moins sévère au regard même de cette volonté de chercher, de dépasser l’obscurité qui les entoure.
b. Le pari

L’infini
L’homme peut imaginer l’infini sans le représenter précisément, gêné par sa propre finitude. L’homme est pris entre le néant et l’infini. « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. » ([101], P.206) L’univers offre l’image de l’infinité comme s’il révélait les attributs de la divinité : son omnipotence, son éternité. Or, l’univers infini ne dévoile pas Dieu, si l’homme est destitué de toute morale et aspiration à le trouver.

La nécessité du pari
Le choix est laissé entre l’incroyance et le gage de l’existence de Dieu. Chercher Dieu n’engage à rien si ce n’est sortir de l’impuissance, éclairer sa volonté, désirer un vrai bien. Le choix n’est pas désavantageux ([4] P.233).
L’argument du pari atteint les limites du raisonnement puisqu’il n’apporte pas la preuve attendue. Il s’agit de renoncer aux passions qui créent l’impuissance à croire, au lieu de chercher les preuves de l’existence de Dieu.

Pascal connaît la faiblesse de la nature humaine corrompue mais il mène son interlocuteur vers la vérité chrétienne, vers l’humilité et l’honnêteté : « Vous reconnaitrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n’avez rien donné.» ([4], P.233)
 

3. Le coeur, la révélation
a. Le coeur a ses raisons
Dieu n’est pas absolument caché
Le cœur seul, selon sa disposition profonde, y voit des marques de sa présence, au-delà de l’entendement. Si le cœur de l’homme est bon, il en reçoit le secret ; s’il est mauvais, il s’en détourne.
Exemple : la Bible donne les signes d’intelligence au chrétien pour qu’il cherche dans le spirituel la vérité et non dans l’apparence visible des choses de la nature. Le Christ « s’est encore plus caché en se couvrant de l’humanité ». Dieu ne se livre qu’à travers le mystère.

Le cœur structure le regard de l’homme, sur le monde, et sur lui-même
Il pressent intuitivement les principes élémentaires, relayés ensuite par la raison. Mais la raison ne peut démontrer les principes qui viennent du cœur : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » ([8], P.277)

Enfin, « c’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison : voilà ce que c’est que la foi. Dieu sensible au cœur, non à la raison. » ([8], P.278)

b. Prières...
« Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé » définit le mystère de la relation entre Dieu et l’homme : dans la prière de l’homme implorant Dieu, Dieu est déjà présent. La prière est déjà un effet de sa grâce. Lorsque l’homme demande de l’aide, il a été entendu et a obtenu le secours de Dieu. Il n’est plus seul, il n’est pas abandonné dans un monde sans Dieu.

Les Pensées sont un refus du pessimisme. Pascal affirme dans les Écrits sur la grâce, la gravité du péché originel (« Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur »), il montre dans l’apologie comment l’abandon à Dieu et la prière sont déjà la marque de l’action de la grâce en l’homme. Le dialogue avec le Christ appelle la consolation, non le désespoir.
Conclusion
La conversion n’est pas seulement un passage de l’incroyance à la croyance. Pour Pascal, c’est le cheminement d’une vie, qui concerne les chrétiens autant que ceux qui n’ont pas la foi. À la lecture des Pensées, le lecteur sent que la quête des preuves de l’existence de Dieu est dérisoire : « Il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer. »

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