Nouvelle objectivité et Vérisme - Cours d'Histoire de l'art Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Nouvelle objectivité et Vérisme

Objectif
Définir la Nouvelle Objectivité, mouvement artistique qui s’est développé en Allemagne pendant les années 1920 ; distinguer, au sein de ce mouvement, le Vérisme, plus cru et plus vindicatif.
A l’aube des années 1920, en Allemagne, alors que la jeune République de Weimar lutte encore pour s’imposer, l’art se partage principalement entre deux pôles inégaux : d’une part un expressionnisme agonisant, qui fait désormais partie de la vie quotidienne des allemands au point d’avoir perdu toute sa force évocatrice ; d’autre part le mouvement Dada, basé à Berlin, qui vise à mettre en pièce tout système artistique de référence, expressionniste ou autre. Mais les artistes allemands vont peu à peu prendre en compte une évolution qui est en passe de toucher l’art dans l’Europe entière.
1. Nouvelle Objectivité et « rappel à l’ordre »

Ainsi, en Europe, mais plus particulièrement en France et en Italie, s’observe le phénomène dit de « rappel à l’ordre », qui consiste en un retour plus ou moins poussé aux valeurs naturalistes et aux techniques picturale de l’art classique.

En France, Picasso s’y réfugie pour tourner définitivement la page du cubisme ; Matisse, lui aussi, redécouvre les vertus de la perspective et du naturalisme. En Italie, ce sont Giorgio De Chirico, Carlos Carrà et autres peintres de la Pittura metafisica, « la peinture métaphysique », qui après les abstractions futuristes renouent avec la peinture figurative et certains principes édictés à la Renaissance.
Malgré les sujets décalés, l’atmosphère irréelle, voire « pré-surréaliste » de leurs œuvres, compositions et techniques s’inspirent du passé : le souci de naturalisme, la netteté des contours et des volumes, la mise en place de décors inspirés du Quattrocento.

La génération d’artistes allemands qui va s’imposer vers 1920 prendra De Chirico et Carrà comme référence, et l’on verra souvent dans leurs œuvres les mêmes pantins mécaniques, les mêmes architectures désertées que chez leurs pairs italiens ; surtout, comme les Italiens, les artistes qui vont fonder ce qu’on appellera la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit) emploieront une technique picturale s’appuyant sur la finesse et l’aspect lissé de la couche picturale.

Mais les artistes de cette Nouvelle Objectivité déclineront ce « rappel à l’ordre » formel de différentes manières qui, pour les plus originales d’entre elles, seront à nulle autre pareilles. Ainsi, se trouveront parmi eux des artistes ayant œuvré au sein de la branche berlinoise du mouvement Dada, comme George Grosz et Otto Dix, qui auront déjà rompu avec les thèmes mystiques et utopiques de l’expressionnisme pour s’ancrer dans le réel, y compris le plus sordide, et développer une iconographie des bas-fonds sans équivalent en Europe. A côté d’eux, d’autres artistes apporteront leur version de la Nouvelle Objectivité, très différente, moins dérangeante, plus typiquement néo-classique jusque dans les thèmes idylliques qu’ils traiteront, au sein de ce qui sera notamment appelé le « réalisme magique ».

2. Nouvelle Objectivité « de gauche », Nouvelle objectivité « de droite »

Tous les artistes de la Nouvelle Objectivité s’entendront pour opérer un retour à la réalité et notamment par l’évocation de la vie quotidienne, après les explorations mystiques de l’expressionnisme. Les différences entre les différents courants de la Nouvelle Objectivité surgiront quant à savoir quelle réalité quotidienne montrer : une réalité un peu idéalisée, plutôt représentative de la vie en province, ou la réalité crue, montrant les affres de la vie dans une cité tentaculaire comme Berlin.

Peu à peu, des journalistes et des critiques d’art vont essayer de mieux cerner le nouveau mouvement artistique qui submerge l’Allemagne. En 1922, l’historien d’art G.F. Hartlaub donne son interprétation du phénomène dans un article paru dans la revue berlinoise Das Kunstblatt sous le titre : Un nouveau naturalisme ? Hartlaub voit dans ce retour au réalisme une réaction aux bouleversements de la guerre et de la révolution, et distingue dans ce processus deux modes de pensée et de retranscription du réel, en les définissant selon le schéma politique bipolaire : d’un côté un réalisme de droite, de l’autre un réalisme de gauche.
De ces deux ailes affrontées, Hartlaub dit : « L’une, conservatrice jusqu’au classicisme, trouve sa source dans l’intemporel ; après tant de chimères et de chaos [de l’expressionnisme, de la guerre], elle vénère ce qui est sain, ce est dessiné et modelé en conformité avec la nature, en exagérant presque sa matérialité, ses rondeurs. Michel-Ange, Ingres et les Nazaréens ne la démentiraient pas. L’autre, l’aile gauche, crue dans sa modernité, se reconnaissant peu dans l’art, s’affirmant plutôt par sa négation, veut montrer le chaos tel que le génère notre époque, avec une ardeur primitive passant par l’exposition totale, sans détour, de soi. »

Cette distinction avancée par Hartlaub entre droite et gauche sera déterminante dans l’appréciation qu’auront ses contemporains de la Nouvelle Objectivité. Poursuivant son entreprise de mise en avant du mouvement, il organisera en 1925 une exposition à la Kunsthalle de Mannheim dont il est directeur, consacrée à ce qu’il appelle La Nouvelle Objectivité. La peinture allemande depuis l’expressionnisme. On pourra y voir des œuvres des principaux artistes du mouvement, appartenant d’ailleurs plutôt à l’aile gauche : Otto Dix, George Grosz, Max Beckmann, Rudolf Schlichter, Georg Scholz, etc. C’est également Hartlaub qui donnera à l’aile gauche le qualificatif plus approprié de « vériste ». De ce fait, le terme générique de Nouvelle Objectivité, désignant ensemble les deux courants, s’utilise aussi pour définir plus particulièrement l’aile droite.

Cette construction quelque peu confuse de Hartlaub sera plus tard remise en question, même s’il convient de séparer nettement les œuvres néo-classiques, à l’atmosphère apaisée, idyllique d’un Georg Schrimpf ou d’un Alexander Kanoldt, des visions sarcastiques et sans concession de George Grosz ou d’Otto Dix.
Les différences s’établissent en fonction de la manière dont l’artiste perçoit et retranscrit la réalité quotidienne, mais aussi dans les modes de représentation. En effet, là où les classiques renouent avec des thèmes traditionnels (paysages idéalisés, natures mortes, portraits), les véristes optent pour la scène de genre, souvent décalée, parfois à la limite du surréel. Les uns montrent des choses et des types atemporels, sans prise véritable sur leur époque, tandis que les autres donnent à voir de la société dans laquelle ils vivent ce qu’elle a de plus sombre : hypocrisies de la bourgeoisie, compromissions politiques, prostituées, crimes sexuels, invalides de guerres, etc.

Le vérisme sera donc, tout naturellement, le moyen d’expression des artistes qui comme Grosz et Dix sont issus d’un mouvement Dada en déperdition. Cependant, pour certains artistes, les frontières entre « droite » et « gauche » seront relativement poreuses.

L’essentiel

La Nouvelle Objectivité sera l’un des mouvements artistiques les plus importants de l’Allemagne des années 1920. Ce courant peut être en partie rattaché au phénomène européen de « rappel à l’ordre », réaction commune au chaos de la Grande Guerre ; ce « rappel à l’ordre » s’est principalement manifesté en France et en Italie par un retour aux valeurs formelles de l’art classique.

Mais la ramification allemande de ce processus s’est caractérisée par le réalisme cru et sans concession avec lequel certains artistes, pour la plupart issus du mouvement Dada, ont représenté les affres de leur époque, dans un mouvement de réaction par rapport aux dérives « mysticisantes » de l’expressionnisme.
D’une manière générale, on observera un attachement renouvelé à la représentation réaliste des êtres et des choses, plutôt qu’à leur sublimation et à l’abstraction telles que les pratiquaient les expressionnistes. Au sein de la Nouvelle Objectivité, une distinction apparaîtra a posteriori entre artistes « néo-classiques » délivrant une vision sans aspérité de la réalité, et les « véristes », désireux d’en montrer les aspects les plus sombres.

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