Les sociétés secrètes au XIXe siècle - Maxicours

Les sociétés secrètes au XIXe siècle

Objectif

Comprendre l’essor des sociétés secrètes.

Points clés
  • Au XIXe siècle, la France traverse une période d’instabilité politique propice au développement des sociétés secrètes.
  • Souvent initiatiques, elles mènent des actions illégales et cherchent à instaurer par la force un régime politique plus social, égalitaire et respectueux de la souveraineté nationale.
  • Leur essor inquiète les autorités, qui traquent les conspirateurs et mettent en place une législation destinée à les éliminer. 
  • Sous la Seconde République, les sociétés secrètes sont légalisées et prennent la forme de clubs de discussions.
1. Essor et caractéristiques des sociétés secrètes en France au début du XIXe siècle
a. L’origine des sociétés secrètes : la Charbonnerie

La Charbonnerie, d’origine italienne, est une société secrète qui se développe en France entre 1820 et 1830 dans le contexte politique de la Restauration et de l’interdiction de l’opposition politique. Opposée à la monarchie absolue, la Charbonnerie est animée d’un esprit libéral et envisage l’insurrection comme moyen d’action privilégié pour renverser le régime politique. 

Elle se compose d’environ 40 000 adeptes, dont une majorité de soldats.

Des personnages célèbres en sont membres : Edgar Quinet, le marquis de Lafayette ou encore Louis Napoléon Bonaparte.

Dans le Sud de la France, les sociétés secrètes prennent le nom de chambrées ou cercles.

b. Des sociétés secrètes et non insurrectionnelles

Les sociétés secrètes ne sont pas toutes insurrectionnelles mais sont toutes interdites. Ainsi, la Marianne (ou Société des Mariannes), créée en 1850, s’oppose pacifiquement à Napoléon III. Bien implantée dans le centre de la France, elle se compose d’une majorité de ruraux peu instruits et encadrés par des cadres bourgeois. Leur éducation passe par la lecture des journaux clandestins. 

Les loges maçonniques se développent au XIXe siècle. Lors de la Révolution de 1830, de nombreux maçons participent aux émeutes. Tous les membres du gouvernement provisoire de la Seconde République sont francs-maçons. Sous le Premier Empire, la franc-maçonnerie est soutenue et contrôlée par le pouvoir, mais dans les années 1850 elle est un creuset d’idées nouvelles. Lors de la proclamation du Second Empire, pour éviter d’être interdite, elle accepte que son maitre soit désigné par Napoléon III.

c. Des sociétés qui utilisent rites et symboles

Rites et symboles permettent aux membres des sociétés secrètes de se reconnaitre entre eux et de sécuriser leurs réunions.

Exemple
Les Carbonari (= membres de la Charbonnerie) portent des couleurs particulières : le noir (représentant la foi du charbonnier), le bleu (représentant l’espérance) et le rouge (représentant la charité). Un ornement décoratif porté à la veste (une fleur, un ruban de couleur) sont exigés pour participer aux réunions.

Les symboles les plus présents, lors des réunions, sont le compas, l’équerre, et le faisceau du licteur de la Rome antique surmonté du bonnet phrygien. Ce sont des symboles que l’on retrouve dans les loges maçonniques et chez les Républicains.

L’entrée dans la société est initiatique. Son point d’orgue est la prononciation du serment, au cours duquel l’initié s'engage à servir la société y compris au péril de sa vie. Des armes lui sont parfois remises.

Les réunions se déroulent la nuit, ce qui renforce l'idée de complot pour les autorités. L’existence même de ces sociétés inquiète l’État.

2. La répression des sociétés secrètes par le pouvoir (1848-1870)
a. Limiter et annuler le droit de réunion

La Seconde République, en accordant le droit de réunion, permet aux sociétés secrètes de se transformer en clubs. Pour contrer cette initiative, la loi du 28 juillet 1848 autorise un membre des forces de police à assister aux réunions et interdit les proclamations, les affiches ou les pétitions. La loi transitoire de juin permet au gouvernement d’interdire les clubs jugés séditieux (= qui se révoltent contre l’autorité).

Cette législation pousse les clubs à devenir clandestins. Elle conduit aussi à considérer toute association comme une société secrète potentielle. Ainsi, la loi de 1850 inclut les sociétés de bienfaisance dans la liste des sociétés secrètes.

Une autre raison explique l’essor des sociétés secrètes : La restriction du suffrage universel, et par conséquent des libertés, explique notamment l’essor des sociétés secrètes.

b. L’action de la justice

La législation et l’infiltration d’agents de l’État dans les sociétés facilitent le travail de la justice. La cour d’assises est chargée de juger les conspirateurs . 

Des exécutions ont lieu et marquent l’opinion publique. Les conspirateurs peuvent aussi être exilés en Europe ou déportés en Guyane.

c. Les sociétés : un risque réel ?

Les sociétés secrètes mènent des actions illégales qui remettent en cause l’ordre établi.

Exemple
En 1822, les Charbonniers mènent une série d’insurrections dans plusieurs villes de France.

Napoléon III est quant à lui la cible de nombreuses tentatives d’assassinats.

Toutes ces actions échouent par manque de préparation et de moyens et par l'action des services de police. De plus, les sociétés secrètes ne bénéficient pas d’un soutien important dans l’opinion publique. Enfin, le faible nombre d’affiliés à ces sociétés en limite la portée.

Cependant, durant leur exil en Europe, les conspirateurs diffusent leurs idées sous forme d’écrits politiques ou rédigent leurs mémoires.

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