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La France et l'unité italienne (1848-1871)

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Objectif
  • Comprendre le rôle de la France dans la construction de l’unité italienne au XIXe siècle.
Points clés
  • De 1848 à 1871, les patriotes italiens lancent le Risorgimento, dont l’objectif est l’unité territoriale et politique des États italiens. Si le mouvement échoue en 1848-1849, Cavour avec l’aide de Napoléon III, parvient à chasser les Autrichiens des États italiens (victoire de Solférino et Magenta en 1859). En compensation, la France reçoit Nice et la Savoie (1860).
  • Mais la question romaine et l'approche de la guerre contre la Prusse (1870) obligent Napoléon III à se désengager de la question italienne. L’unification s’achève sans la France : Rome devient officiellement la capitale de l’Italie en 1871.
Pour bien comprendre
  • Diplomatie
  • Risorgimento
  • Nation
  • Mouvement des nationalités
  • Mouvement libéral
1. La diplomatie française et la question des nationalités en Italie (1848-1858)
Diplomatie : en politique, la diplomatie concerne les relations entre les États, pour ce qui concerne, en général, la conduite des négociations ou l'administration des affaires étrangères.
a. La question de l’unité italienne et l’échec des années 1848/1849

En 1848, la construction de l’unité italienne n’est pas une idée nouvelle : le sentiment national italien s’est construit depuis les conquêtes napoléoniennes. Il donne naissance à des revendications nationales et libérales, qui s’expriment dans le mouvement du Risorgimento (résurgence, résurrection).

Revendications nationales : mouvement d’idée qui œuvre à faire correspondre les limites des États avec celles de nationalités et créer des États-nation.
Risorgimento : mouvement politique et culturel qui lance le processus d’unification des États italiens.

En 1848, l’Italie est toujours divisée en plusieurs États indépendants : duchés de Parme et de Modène, les royaumes du Piémont, de la Sardaigne, des Deux-Siciles. La Lombardie et la Vénétie sont dominées et annexées par l’empire d’Autriche tandis que les duchés de Parme, Modène et la Toscane lui sont soumis. Les États pontificaux ont pour chef d’État le Pape et comprennent Rome et des territoires en Italie centrale (Marches, Ombrie, Romagne).

Le Risorgimento est animé par des leaders charismatiques. Giuseppe Mazzini, révolutionnaire, patriote et républicain est considéré comme le père du Risorgimento. Son mouvement Jeune Italie, influencé par les idées de la Révolution française, prône une Italie unifiée et républicaine. En mai 1848, le mouvement Jeune Italie est remplacé par la Société nationale italienne. Giuseppe Garibaldi (1807-1882), membre de Jeune Italie, combat les Autrichiens pour le compte de la Sardaigne en 1848 et défend la République romaine proclamée en 1849.

Enfin, le Piémont-Sardaigne joue un rôle moteur dans la construction italienne. Cet État est doté depuis 1848 d’une constitution accordée par le roi Charles Albert : elle garantit les libertés fondamentales et abolit la monarchie absolue. En 1852, le roi nomme le comte de Cavour Premier ministre de Sardaigne. Cavour est un libéral qui défend ses idées dans son journal II Risorgimento (1847) et souhaite que l’unité italienne se réalise autour du Piémont-Sardaigne.

Mouvement libéral : mouvement d’idées politiques, opposé à la monarchie absolue et favorable aux principes de 1789 - souveraineté nationale, droits et libertés fondamentaux.

Les révolutions de 1848 sont un échec. La République est proclamée à Venise (1848), puis à Rome par Mazzini (février 1849) ; le mouvement s’étend à Naples, la Sicile et Milan. Mais, en juillet 1848, les Autrichiens viennent à bout de l’attaque menée par le Piémont-Sardaigne en Lombardie-Vénétie, qui constitue la première guerre d’indépendance italienne. En 1849, l’ordre monarchique est rétabli dans tous les États italiens.

b. La diplomatie française ; principes et évolution de 1848 à 1858

La Seconde République (1848-1852) est solidaire des mouvements libéraux et nationaux qui éclatent en 1848 en Europe et notamment dans les États italiens. Lamartine, ministre des Affaires étrangères, entend mener une politique extérieure pacifique et s’oppose à la guerre de conquête, tout en se posant en défenseur et libérateur des peuples opprimés, souhaitant se constituer en État-nation.

Mais Louis-Napoléon Bonaparte, élu Président de la République (décembre 1848), sous la pression de l’opinion catholique et des conservateurs, modifie le cours de la diplomatie française et envisage l’envoi d’une armée à Rome pour rétablir le Pape et éradiquer la menace républicaine. Les députés français se divisent sur l’attitude à adopter : les socialistes soutiennent les insurgés au nom du principe des nationalités et du droit des peuples à se gouverner eux- mêmes, tandis que les députés du parti de l’Ordre soutiennent le Pape. En avril 1849, Louis-Napoléon Bonaparte décide d'intervenir. Les Romains insurgés capitulent ; le Pape retrouve son trône sous la protection de la France. Le soutien de Napoléon III au Risorgimento ne se fera pas contre le Pape : des soldats français assurent désormais sa protection.

Cependant dès le début des années 1850, le Risorgimento connaît un regain d’activité car Cavour prépare la guerre contre l’Autriche et souhaite le soutien de la France.

c. 1858, l’engagement militaire de la France pour l’unité italienne

À partir de 1858, l’empereur Napoléon III modifie sa politique extérieure. Il souhaite sortir la France de son isolement diplomatique, qui dure depuis 1815, et lui redonner un rôle moteur dans les affaires européennes. Pour cela, il doit affaiblir la puissance autrichienne en Europe ; la construction de l’unité italienne lui en donne l’occasion. Ainsi, en juillet 1858, il rencontre secrètement Cavour à Plombières-les-Bains, dans les Vosges. L’empereur s’engage à soutenir le Piémont en cas d'agression autrichienne. Pour lui, l’unité italienne doit se réaliser dans la création d’un État fédéral dirigé conjointement par le Pape et le Piémont. En échange de son soutien à la cause italienne, Napoléon III obtiendra des compensations territoriales : l’annexion de Nice et de la Savoie.

Rappel
Ces deux territoires étaient français en 1792, mais avaient été annexés au Piémont-Sardaigne en 1815 par le congrès de Vienne.
2. La France en guerre et au service de la construction de l’unité italienne (1859-1871)
a. Le soutien militaire au royaume du Piémont-Sardaigne en 1859/1860

Le France et le Piémont déclarent la guerre en 1859 à l’Autriche. La participation de la France est conséquente : plus de 300 000 soldats sont mobilisés au Piémont.

La France et le Piémont sont victorieuses à Magenta, le 4 juin 1859, et Solférino, le 24 juin 1859. Mais les lourdes pertes humaines de la France, conjuguées au mécontentement des catholiques, poussent Napoléon III à négocier l’armistice de Villafranca le 11 juillet 1859 avec les Autrichiens sans consulter son allié, Cavour.

Remarque
Le peuple Français était très investi sur la question italienne. Les catholiques étaient déchirés entre le respect qu’ils devaient vouer au gouvernement impérial, et leur respect pour le Pape, qui protestait contre ces guerres. Deux raisons principales expliquent l’opposition des catholiques. D’abord, le Piémont semblait s’orienter vers un régime politique anticlérical. Ensuite, la guerre allait forcément déstabiliser le pouvoir du Pape puisque l’Autriche et la France risquaient de s’affronter dans les États pontificaux.

Les Autrichiens vaincus cèdent la Lombardie au Piémont. Au printemps 1860, Parme, Modène et la Toscane votent leur rattachement au Piémont.

Par le traité de Turin de mars 1860, Nice et la Savoie sont cédées, comme promis, à la France ; l’acte officiel est signé par Talleyrand pour la France et Cavour pour le Piémont-Sardaigne.

« Sa Majesté, le Roi de Sardaigne (Victor Emmanuel II) consent à la réunion de la Savoie et (...) de Nice (...) à la France, et renonce, pour lui et tous ses descendants et successeurs, en faveur de Sa Majesté, l'Empereur des Français, à ses droits et titres sur lesdits territoires. »
Article 1 du Traité de Turin

Les populations concernées, consultées par plébiscite, donnent leur accord à leur rattachement à la France : les deux territoires deviennent les départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie.

b. Du soutien au reflux diplomatique et militaire français, de 1860 à 1871

La réalisation de l’unité italienne se poursuit dans les années 1860, sans la France. Garibaldi, à la tête d’une armée de volontaires, les chemises rouges, et avec le soutien secret de Cavour, lance une expédition militaire. Il s’agit de l'expédition des Milles de 1860 pour la conquête de la Sicile et de Naples. Dans la foulée, ces deux États votent leur rattachement au Piémont. En 1861, Victor Emmanuel II est proclamé roi d’Italie et de Turin : Turin devient la capitale du nouvel État de 1861 à 1865, puis de 1865 à 1871, c’est au tour de Florence. En 1866, l’Italie récupère la Vénétie. L'unité territoriale et politique des États italiens est pratiquement achevée : seules les terres irrédentes (le Trentin et l’Istrie) restent sous domination autrichienne.

Terres irrédentes : terres sur le Royaume italien sous domination étrangères.

En 1865, Napoléon III annonce le retrait des troupes françaises qui protègent le Pape depuis 1849. Ce retrait s’explique par la controverse au sujet de la capitale du nouvel État italien ; pour Cavour, Rome doit être la capitale, ce que refuse le Pape. La question romaine est source de conflit et risque de priver Napoléon III du soutien des catholiques (c.f la remarque du A.), d’où son désengagement des affaires italiennes. Mais l’attaque de Garibaldi contre Rome oblige Napoléon III a y maintenir des soldats en 1867, afin d’éviter l’annexion des États pontificaux par l’Italie. En 1870, l’entrée en guerre de la France contre la Prusse oblige l’empereur à rappeler ses soldats : l’armée italienne s’empare alors de Rome qui devient officiellement la capitale en 1871.

L’engagement de Napoléon III dans la construction de l’unité italienne est lié à la défense des intérêts politiques et territoriaux français. Mais l’unité italienne, si elle se réalise d’abord avec son soutien, s’achève sans lui.

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