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Les conséquences de la spécialisation internationale

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Objectifs
  • Expliquer l’évolution du commerce international.
  • Expliquer le rôle de la spécialisation dans la structure du commerce mondial.
Points clés
  • Le libre échange est une doctrine prônant la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes.
  • La mondialisation est un processus d’élargissement de l’espace économique d’intervention des agents associés à la libéralisation des échanges.
  • Le commerce intra/inter-branche qualifie les échanges à l’intérieur ou l’extérieur d’une même branche.
  • Le commerce intra/inter-zone qualifie les échanges à l’intérieur ou l’extérieur d’une même zone.
Pour bien comprendre
  • La spécialisation est la concentration de la production d’un pays dans des branches d’activités ou des produits particuliers. Elle donne lieu à une division internationale du travail.
  • La théorie de l’avantage relatif de David Ricardo reprend l’hypothèse que chaque État a intérêt à se spécialiser mais dans la production où ses couts de production en travail sont relativement les plus faibles ou les moins élevés, où il est donc le meilleur ou le moins mauvais.
  • Le théorème HOS de Heckscher-Ohlin-Samuelson établit que chaque État doit se spécialiser dans la production pour laquelle il est le mieux doté en facteur (dotation factorielle en travail, capital et ressources naturelles).
1. L’essor du commerce international
a. La mondialisation
L’échange international est l’ensemble des opérations commerciales et financières réalisées par des agents économiques résidant dans des pays différents. Il comprend les échanges de marchandises, de services et les échanges de capitaux.

On peut donc définir le processus de mondialisation comme « l'émergence d'un vaste marché mondial des biens, des services, des capitaux et de la force de travail, s'affranchissant de plus en plus des frontières politiques des États, et accentuant les interdépendances entre les pays ».

Ce processus est caractérisé par des exportations de marchandises et plus particulièrement de produits manufacturés en hausse :

  • les exportations de marchandises ont été multipliées par 30 au niveau mondial ;
  • parmi celles-ci les exportations de produits manufacturés ont été multipliées par 65 ;
  • une croissance proportionnelle des exportations par rapport au PIB mondial.

Autrement dit, les exportations et le commerce international tirent la croissance par le haut.

Le commerce extérieur représente l'ensemble des exportations et des importations de biens enregistrés dans la balance commerciale.
Le commerce international ou commerce mondial correspond à la valeur ou au volume des échanges de biens et de services entre nations enregistrés dans la balance courante ou des transactions courantes.

Cette internationalisation des échanges de biens et de services a deux effets :

  • Une ouverture croissante des économies sur les marchés extérieurs que l’on peut lire avec le taux d’ouverture : Taux d'ouverture = (Exportations / Importations) x 100
Exemple : Le taux de couverture du PIB français s'élevait à 98 % en 2018, cela veut dire que la France ne couvre que 98 % de ses exportations grâce à ses importations.

Les économies sont de plus en plus extraverties. La part des exportations dans le PIB (taux d’exportation) et le taux d’ouverture augmente dans tous les pays depuis 1950. Cette ouverture est inversée proportionnellement à la taille du marché intérieur. En effet, un grand pays a moins besoin de se spécialiser et de trouver des débouchés à l'extérieur qu'un petit pays. Ainsi, les échanges internationaux de marchandises ne représentent que 10 % du PIB américain alors qu’ils représentent plus de la moitié du PIB des Pays-Bas.

  • Une interdépendance accrue des économies : les économies sont contraintes d'importer une part croissante de biens et de services étrangers pour satisfaire leur demande intérieure. Ceci nous est donné par le taux de pénétration : Taux de pénétration = Importations/Marché intérieur x 100
Exemple : La part de marché des entreprises automobiles étrangères en France (montant des importations d’automobiles étrangères en France/ achat d’automobiles neuves en France, en %). Ainsi si le taux de pénétration du marché automobile dans un pays est de 45 %, on saura que sur 100 voitures neuves achetées une année donnée, 45 étaient importées de l’étranger).

Tout ralentissement de la croissance dans un pays se traduit par une baisse des exportations et de la croissance chez ses partenaires commerciaux. La mondialisation passe, ensuite, par des échanges massifs de capitaux.

Le stock de capitaux investis à l’étranger qui représentait 5,2 % du PIB mondial pendant les Trente Glorieuses en représente plus du quart de nos jours. D’où le développement d’un système mondial de production animé par les firmes multinationales, qui sont des firmes qui ont une ou plusieurs filiales à l'étranger. Elles répartissent les tâches productives sur l’ensemble de la planète en fonction des avantages comparatifs de chaque pays.

La mondialisation, c’est enfin l’accroissement des migrations internationales. Les migrants vont résider dans des pays qui ne sont pas ceux de leur naissance et importer leurs modes de vie tout en devant s’adapter à celui du pays d’accueil.

b. Les facteurs de l’évolution de la mondialisation

1) Le progrès technique

Premièrement, les progrès en matière de transports (bateau à vapeur, avion à réaction, porte conteneur, réseau autoroutier, infrastructure portuaire, etc.) ont permis une accélération de la circulation des marchandises et une diminution des couts.

Exemple : Les couts du transport de marchandises ont été divisés par 5 depuis les années 50.

Ensuite, les progrès en matière de communication et d’information (télégraphe, téléphone, ordinateurs, Internet, etc.) ont permis de faire circuler rapidement l’information sur tous les territoires et de réduire considérablement les couts.

Exemple : Les couts de communication et d’information ont été divisés par 70 depuis les années 50.

2) Les accords de libre-échange

Le libre échange est une doctrine économique qui consiste en libre circulation des produits, des capitaux et des hommes.

Pour cela il faut que les pays coordonnent leur position pour être dans la même dynamique. Ainsi, le GATT (General Agreement of Tariffs and Trade ; accord général sur les droits de douane et le commerce) va être mis en place en 1948 avec 28 pays signataires. En 1995, le GATT devient l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) avec 128 pays signataires.

Deux règles président à cet accord :

  • le libre échange : il interdit les restrictions quantitatives (quota, contingentement de marchandises importées), qui limitent les quantités des importations autorisées, et met en place des cycles de négociations (les « rounds ») pour abaisser peu à peu les droits de douane sans pouvoir revenir en arrière ;
  • le multilatéralisme : les règles s’appliquent à tous les signataires et ne peuvent pas être négociée de pays à pays (refus du bilatéralisme). Tout ce qui est accordé à un pays doit l’être aux autres. Il s’agit de la « clause de la nation la plus favorisée ».
Exemple : Si la France baisse ses droits de douane sur les produits agricoles provenant du Niger, elle doit automatiquement répercuter cette baisse sur les produits agricoles provenant des autres pays signataires du GATT.

On assiste donc à une baisse des barrières tarifaires (droits de douane) et non tarifaires (contingentement, normes techniques et sanitaires, etc.).

Exemple : En 1947, les droits de douanes tarifaires s'élevaient à 40 % en moyenne contre 4 % depuis les années 2000.

Ainsi, la spécialisation des États a eu pour effet de pousser le monde dans un grand marché international, conforté par des évolutions technologiques et des accords, rendant les pays interdépendants.

2. L’évolution de la structure du commerce international
a. L’évolution du commerce international par produit

Tout d’abord, on observe une évolution des échanges par produits en lien avec le progrès technique :

  • les échanges de produits primaires ont chuté (produits agricoles, minéraux et combustibles) : ils représentaient la moitié du commerce international de biens et de services au début du XXe siècle, ils ne représentent qu’un quart aujourd’hui ;
  • le poids des produits manufacturés a doublé (produits industriels, fabriqués par l’homme) : ils représentait le quart du commerce international de biens et de services au début du XXe siècle, ils représentent plus de la moitié aujourd’hui ;
  • les échanges de services (transports, voyages, autres services commerciaux) se sont développés plus tardivement que les échanges de biens sous l’effet des progrès des techniques d’information et de communication et représentent aujourd’hui environ 20 % des échanges.

Ensuite, il y a les échanges inter-branches.

Les échanges inter-branches qui sont des échanges de différentes branches qui résultent de la complémentarité des économies.
Une branche rassemble l'ensemble des établissements ou unités de production, qui produisent le même bien ou service.
Exemple : Achat de pétrole/vente de voitures.

Ce commerce concerne surtout des pays de niveaux de développement différents, c'est-à-dire les échanges entre les pays développés et les pays en voie de développement.

Exemple : Échange de biens manufacturés contre des produits primaires.

Ainsi, les pays développés exportent essentiellement des biens manufacturés (80 % de leurs exportations), dont la moitié comprend des biens d'équipement à haute technologie. Les pays en développement sont avant tout spécialisés dans les produits primaires (plus de 40 % de leurs exportations) et même certains sont monoexportateurs (80 % des recettes d'exportation de la Côte-d'Ivoire proviennent du cacao et du café).

Ceci correspond à l’ancienne division internationale du travail. Les pays du Sud exportaient vers les pays du Nord des produits primaires (agricole, des minerais et des combustibles) et importaient des produits manufacturés en provenance du Nord. Les échanges portent sur des produits différents et complémentaires. Cela confirme le modèle envisagé par Ricardo dans sa théorie sur les avantages comparatifs et par les néoclassiques.

Enfin, il y a les échanges intra-branches.

Les échanges intra-branches sont des échanges de similarité qui résultent de la proximité des économies.

Un commerce intra-branche est un commerce qui se fait à l'intérieur de la branche pour des produits qui se distinguent :

  • soit au niveau de leur utilisation ;
Exemple : Papier couché/papier journal.
  • soit au niveau de leur technologie ;
Exemple : Photo papier/photo numérique.
  • soit au niveau de leur qualité.
Exemple : Renault/Porsche

Ce commerce met en concurrence des pays au niveau de développement similaires (échanges de biens manufacturés contre d'autres biens manufacturés).

On voit donc surgir une nouvelle division internationale du travail dans laquelle :

  • Les pays du Nord échangent entre eux des produits comparables. Ce commerce intra-branche représente plus de la moitié des échanges.
Exemple : Des produits chimiques, des médicaments, des biens d’équipement, des automobiles, des produits de télécommunications, des produits électroniques, etc. mais aussi des produits agricoles et alimentaires.
  • Les pays du Nord échangent avec les pays émergents des biens manufacturés différents.

Exemple : Les pays du Sud exportent des produits intermédiaires (acier), des biens de consommation (textile, cuir, habillement, jouet) mais aussi des produits des NTIC (électronique grand public, télécommunications).

Ce commerce interbranche se développe avec le transfert d’une partie de l’industrie mondiale dans les nouveaux pays industrialisés (NPI) et l’ensemble constitué du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine. Une partie de ce commerce s’explique par un commerce intra-firmes de composants de produits : les spécialisations ne portent plus seulement sur des produits ou des groupes de produits mais aussi sur des segments de la chaîne de production.

Exemple : Les pays du Nord échangent avec le reste des pays du Sud des produits manufacturés contre des produits primaires car l’ancienne DIT n’a pas disparu.

En conséquence, l’évolution du commerce mondial a évolué avec le progrès technique pour répondre à une demande de plus en plus diversifiée. Si au départ on importait uniquement des produits primaires aujourd’hui tout s’échange et on est face à un vaste supermarché mondial. Chaque pays s’étant spécialisé dans le production où il était le plus compétitif, le tout conforté par des coût de transport au plus bas, il devient donc plus intéressant d’acheter à l’autre bout du monde que dans son propre pays.

b. L’évolution du commerce international par zone géographique

Le commerce mondial est encore largement dominé par les pays développés. De nos jours, l’Europe et l’Amérique du Nord contrôlent encore la moitié du commerce international de biens et de services, mais de nouveaux concurrents (Asie et Moyen-Orient) sont entrés sur la scène internationale, remettant en cause le monopole de l'avance technologique et de la spécialisation manufacturière des pays anciennement industrialisés.

Exemple : La Chine est devenue, en 2010, le premier exportateur mondial.

Mais, les autres pays en développement et les pays en transition ont vu leur part de marché se réduire.

Exemple : La mauvaise spécialisation de l’Amérique Latine et de l’Afrique dans les produits primaires et l’effondrement du bloc soviétique expliquent cette marginalisation du commerce mondial.

La mondialisation commerciale est donc fortement concentrée sur un petit nombre de pays, incluant les émergents. Trois pays (Chine, Allemagne, États-Unis) réalisent à eux seuls 30 % des exportations mondiales de biens. Si l’on raisonne par zones géographiques, on peut parler d’une tripolarisation des échanges mondiaux entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. A elles trois, elles concentrent près de 80 % du commerce mondial. Pour chaque zone, plus de la moitié des échanges sont des échanges intra-zone à l’exception de l’Amérique du Nord.

En Europe, ce commerce intra-zone représente près des trois-quarts des exportations européennes. On peut expliquer leur importance par la multiplication des accords de libre échange depuis la création du Gatt et de l’OMC (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, etc.). Ces accords permettent la suppression des droits de douane, la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes. Ils favorisent donc les échanges entre les pays concernés par l’accord.

Ainsi, la spécialisation a mené les pays à se concentrer sur des productions où ils ont le plus compétitifs pour former de véritables zone privilégiées d’échange.

 

 

En conclusion, la spécialisation a eu pour conséquences de créer des zones d’échanges en fonction des biens et services produits et, grâce au progrès technique et aux accords entre pays, aujourd’hui les pays échangent entre eux afin de bénéficier au maximum des gains de la mondialisation.

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