Le Procès de Kafka : l’espace - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le Procès de Kafka : l’espace

1. La pension
Elle est décrite essentiellement aux chapitres I et II.

L’organisation de l’espace est dominée par une théâtralité des scènes.
Chacun des mouvements et des actions des personnages est décrit ; le lecteur suit les déplacements de chacun comme le spectateur au cinéma suivrait le personnage.

C’est dans cette pension, tenue par Mme Grubach que K. loge. C’est aussi dans cette pension qu’un matin, alors qu’il attendait son petit déjeuner, deux personnes viennent l’arrêter.
Le premier interrogatoire de Joseph a lieu dans la pension, sous les yeux des autres pensionnaires, qui deviennent des spectateurs. Cet interrogatoire a lieu dans la chambre de Melle Bürstner, transformée en bureau d’appoint. L’espace est théâtralisé ; K. organise l’espace à son gré afin d’effectuer sa plaidoirie. Joseph est en quelque sorte metteur en scène (« Puis-je éloigner la table de nuit de votre lit ? »). Il pousse les meubles et prépare la « scène » : il est en représentation, et les pensionnaires de la pension sont ses spectateurs.

D’une manière générale, l’espace de la pension est saturé, par des meubles en pagaille, des accessoires çà et là, des couloirs étroits et des pièces en enfilade, contigües. La salle à manger est « très longue, étroite, avec une seule fenêtre » (p.63), il y a tout juste assez de place pour mettre un buffet et une longue table.
L’espace de la penson est étroit et chaque endroit communique avec un autre endroit, les portes, les pièces, les couloirs… les pratiques d’intrusion dominent cet espace.

En passant du statut d’homme libre à celui d’accusé, et bien qu’en restant dans le même espace, K. voit cet espace changer. En effet, de sa chambre, un univers clos et familier, protecteur, Joseph est mené dans celle de Mlle Bürstner, un univers inconnu et qui va servir de lieu d’interrogatoire, sorte d’ersatz de tribunal.

L’espace familier devient alors un espace inconnu, inquiétant. La pension n’est plus le lieu de son habitation mais le lieu de son arrestation. Désormais la loi fait autorité dans cet espace, une loi qui s’est introduite dans un espace privé, une loi qui a violé l’intimité. Mais cette violation a lieu le jour - le soir, la pension reprend sa fonction première, celle de lieu d’habitation privé.

2. Les autres espaces
a. L’immeuble du procès
Les bâtiments de la justice sont situés dans les faubourgs de la ville, dans un quartier populaire.

L’immeuble où se tiennent les interrogatoires est un immeuble sordide, sombre et sale.
Comme pour la pension, l’espace y est étroit, avec de nombreux passages exigus çà et là, des escaliers tortueux, des corridors longs. L’espace est un univers clos, véritable dédale, où l’homme se perd et ne trouve pas son chemin. L’espace est révélateur du caractère impénétrable et labyrinthesque de la justice elle-même ; il reflète les sinuosités du système judiciaire.

Deux motifs sont récurrents dans l’espace des bâtiments de la justice : la présence d’un « passeur » et le thème de la porte.
Dans chaque espace, on trouve une personne qui est là pour guider les hommes dans ce dédale du système judiciaire. C’est en quelque sorte un « passeur », qui va guider Joseph et l’accompagner jusqu’au bout de son chemin.
De même, on trouve toujours une transgression de l’espace à travers le trou de la serrure des portes. Les personnages violent l’intimité des uns et des autres en regardant par ce trou, que ce soit en leur absence ou en leur présence.

Dans cet espace, K. est pris de malaises, l’atmosphère étant irrespirable. C’est un espace où l’homme perd vite ses repères et ses moyens.

b. La banque
C’est le lieu où travaille K. et où il passe le plus clair de son temps. C’est un des lieux principaux de l’action, mais il est peu décrit. Le chapitre V s’y déroule en entier.
A l’image de la ville entière, ce lieu est austère, gris, triste. C’est un bâtiment imposant. K. est fier de son bureau et de son poste de fondé de pouvoir au sein de cette banque.
c. L’immeuble du peintre
L’immeuble où loge le peintre Titorelli est aussi sordide, si ce n’est plus, que le bâtiment où se déroule les interrogatoires. Il est situé dans « un coin encore plus pauvre que celui de la justice » (p. 179), et là aussi on trouve des couloirs étroits et des escaliers et des étages « démesurément hauts ». Il n’y a pas d’aération, les lucarnes sont minuscules.
K. sera aussi pris d’un malaise dans la chambre de Titorelli, étouffé par cet espace. En sortant, il découvrira que dans ce lieu se trouvent les archives de la justice…

Toutes les références renvoient à l’édition suivante :
KAFKA F., Le Procès, Folio Gallimard, 1987

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