Le fascisme italien - Cours d'Histoire avec Maxicours

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Le fascisme italien

1. La mise en place progressive d'une dictature
a. Une idéologie forgée dans les convulsions de l'après-guerre
Benito Mussolini (1883-1945), issu d'un milieu modeste, commence sa carrière politique au sein du parti socialiste italien, dans lequel il obtient des postes importants (il est rédacteur en chef de l'organe du parti, le journal Avanti !). Longtemps pacifiste, il rompt avec le parti en 1914 en réclamant l'intervention de l'Italie dans la guerre.
Après-guerre, l'Italie traverse une triple crise. L'économie italienne se remet mal de la fin de la guerre car il faut reconvertir les entreprises, alors que la demande, stimulée par l'Etat durant le conflit, est moins importante. De plus, l'inflation, liée à l'endettement de l'Etat, perdure après la fin des hostilités. La société est perturbée par ces difficultés et les ouvriers, influencés par la révolution bolchevique, se mobilisent en faisant grève et en occupant les usines. Le parti communiste italien qui naît en 1921 entretient l'agitation. Dans les campagnes du Sud de la péninsule, les paysans sans terres occupent les grands domaines inexploités (les latifundias) des grands propriétaires terriens. La situation est explosive et la bourgeoisie s'inquiète. Enfin, une crise morale éclate car les nationalistes ont le sentiment que les souffrances italiennes durant le conflit ont été injustement récompensées par les vainqueurs (il manque au territoire national des terres irrédentes comme la Dalmatie). On parle de « victoire mutilée », incomplète.
C'est dans ce contexte que Mussolini fonde les faisceaux italiens de combat, regroupant d'anciens combattants déçus comme lui par la victoire mutilée. Son programme mélange volonté de révolution sociale et grandeur italienne. Ce mouvement se fait rapidement connaître par sa violence : les miliciens fascistes (les squadristes) qui se reconnaissent à leur chemise noire et à leur gourdin (manganello) attaquent les ouvriers en grève suivant les marxistes, les adhérents des partis de gauche, tout en conservant un discours destiné à les attirer.
b. L'arrivée au pouvoir
Les résultats électoraux sont toutefois lents (31 élus en mai 1921). Mussolini réforme son parti en novembre 1921 qui devient alors le Parti national fasciste. Son programme est ouvertement contre-révolutionnaire et expansionniste. Le nombre de militants du PNF double entre 1921 et 1922. Soutenu par les classes moyennes inquiètes de l'agitation et fragilisées par la crise économique, il gagne aussi les milieux d'affaires et politiques au pouvoir qui pensent pouvoir l'utiliser pour éliminer la menace révolutionnaire, avant de l'évincer.
Cette alliance lui permet le 31 octobre 1922 de récupérer le pouvoir lors de la marche sur Rome : les troupes fascistes procèdent ainsi à une mise en scène de l'arrivée au pouvoir de leur chef, qui par ailleurs a déjà obtenu l'accord du roi pour devenir Premier ministre. Un gouvernement de coalition se met en place, dans lequel les fascistes détiennent les postes-clés.
Mussolini doit désormais affirmer son pouvoir.
c. La mise en place de la dictature fasciste (1922-1926)
Le but de Mussolini est à la fois de gagner « légalement » les élections de 1924, et de continuer à contrôler la rue. Il obtient les pleins pouvoirs du Parlement, et, s'appuyant sur les Chemises noires ainsi que sur la passivité de la police, il déchaîne la violence fasciste contre les opposants. Grâce au trucage des élections, il obtient la majorité absolue. Mais la dénonciation des fraudes électorales par le député socialiste Matteotti puis son assassinat le 10 juin 1924 par des militants fascistes suscitent un tollé dans le pays : l'opposition redresse la tête et une partie des députés refuse de siéger : c'est la sécession de l'Aventin.
Mussolini décide alors de revendiquer pleinement la violence fasciste et menace de la durcir encore (discours du 3 janvier 1925). En 1925 les lois fascistissimes confortent son pouvoir et en 1926 une série de lois instaure une dictature (interdiction des partis et des syndicats, création d'une police politique). L'opposition est muselée.
2. Un Etat autoritaire d'un type nouveau
a. Le culte du Duce, de l'Italie et du fascisme
Mussolini est glorifié en temps que chef du parti fasciste et guide (Duce) de l'Italie. Le pouvoir royal est conservé mais ce n'est qu'une fiction car c'est en réalité le Duce qui détient tout le pouvoir. Il a « toujours raison », et se voit glorifié par un culte de la personnalité. Le Grand conseil fasciste aide Mussolini dans ses prises de décisions et le parti fasciste, parti unique et de masse (3 millions de membres en 1933), joue le rôle d'une courroie de transmission de ses ordres vers la population italienne.
Les réalisations fascistes doivent être dans tous les esprits. Pour cela, Mussolini s'appuie sur les moyens modernes de communication : radio, affiches, cinéma. C'est ainsi que sont créés les studios Cinecitta à Rome, qui vont produire des films glorifiant la force physique et le passé grandiose de Rome (péplums). L'architecture est inspirée de l'époque romaine et les ruines du forum impérial sont dégagées et mises en valeur.
b. « Tout est dans l'Etat, rien en dehors de l'Etat, rien contre l'Etat »
L'Etat fasciste contrôle tout, les individus n'ont aucune importance et leurs désirs ou leurs besoins doivent être soumis à la volonté de toute la Nation italienne. Des corporations (1927) remplacent les syndicats et encadrent les ouvriers en leur interdisant la grève. Le Dopolavoro (l'après-travail) leur offre des loisirs. La jeunesse est elle aussi embrigadée dans des organisations qui proposent des activités militaires et sportives : les Fils de la Louve encadrent les enfants avant 6 ans, puis les Balillas prennent le relais, avant les avant-gardistes et les Jeunesses fascistes puis le service militaire.

Les ennemis du régime, communistes et socialistes, sont éliminés ou envoyés au bagne aux îles Lipari. La police politique (l'OVRA) surveille la population, relayée par des mouchards. L'Etat fasciste n'est cependant pas raciste. Même s'il tente d'italianiser les francophones du Val d'Aoste, il ne s'en prend aux Juifs qu'après 1938, lorsque l'influence nazie devient prédominante en Italie. Les déportations restent cependant tardives.

Pour obtenir la paix sociale, outre la glorification de la grandeur italienne et la promesse de rendre plus tard sa fierté à l'Italie en recréant un Empire (guerre d'Ethiopie, 1935-1936), Mussolini signe les accords de Latran (1929) qui réconcilient le Pape Pie XI et l'Italie. Ils lui permettent également de se rapprocher des catholiques. En outre, Mussolini accorde des aides sociales aux ouvriers (soins gratuits, loisirs).
L'économie est dirigée par le parti et par l'Etat. Mussolini lance de grandes campagnes favorisant la natalité et la production de céréales. Il fait mettre en valeur les marais pontins et crée des sociétés d'Etat pour développer la prospection pétrolière. Le but est de rendre l'économie italienne autonome et protégée des fluctuations internationales (autarcie). Enfin, la militarisation de l'économie s'accentue dans les années 1930 pour faire de nouveau de l'Italie une grande puissance (intervention en Espagne, en Ethiopie).

L'essentiel

Le retour à la paix en 1918 se passe souvent mal dans les démocraties récentes comme l'Italie. Touché par une triple crise, économique, politique et morale, ce pays connaît la naissance et le développement d'une idéologie nouvelle, le fascisme. Créé par Benito Mussolini, le mouvement fasciste prend le pouvoir en 1922 et établit progressivement un Etat de type nouveau.

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Aidez votre enfant à réussir en SVT grâce à Maxicours

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents