La Terreur et Robespierre - Maxicours

La Terreur et Robespierre

Objectif
  • Comprendre la tentative de gouvernement révolutionnaire.
Points clés
  • Personnage controversé de la période révolutionnaire, Robespierre (1758-1794) est un acteur essentiel de cette période.
  • Partisan d’une République sociale et égalitaire, il exerce à partir de la Terreur un pouvoir de plus en plus personnel et autoritaire.
  • Ces mesures exceptionnelles, si elles permettent à la France d'être victorieuse, rentrent en contradiction avec les principes de 1789 et font de Robespierre un tyran.

Comment ce Républicain pétri des idées des Lumières est-il devenu acteur de la Terreur ?

1. L'arrivée au pouvoir
a. La prise de pouvoir des Montagnards à la Convention

La République est proclamée le 21 septembre 1792 en France par la Convention dans un double contexte de guerre :

  • à l'extérieur, la France est assiégée sur toutes ses frontières par les monarchies européennes ;
  • à l'intérieur, une guerre civile oppose les contre-révolutionnaires de Vendée au reste de la France, tandis que des troubles éclatent dans les grandes villes partisanes du fédéralisme (Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulon, etc.).
Fédéralisme : pendant la révolution de 1789, projet attribué aux Girondins consistant à dissocier le pays en une série d’États confédérés.

Les Girondins sont majoritaires à la Convention, que l’on appelle alors Convention girondine. Mais ils font face à l'opposition grandissante des Montagnards. Jugés incapables de relever le défi militaire, et sous la pression des sans-culottes, les chefs girondins sont arrêtés entre le 30 mai et le 2 juin 1793. Jugés par le Tribunal révolutionnaire, ils sont reconnus coupables de complot contre la République, puis guillotinés.

À partir de juin 1793, les Montagnards exercent le pouvoir. Le 10 août 1793, Ils instaurent une République démocratique.

Cependant, face aux dangers qui menacent la France, la Convention décrète que le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu’à la paix le 10 octobre 1793.

b. Robespierre et le gouvernement révolutionnaire

L’objectif du gouvernement révolutionnaire

Les membres du gouvernement révolutionnaire sont élus par l'Assemblée. Ses principes de fonctionnement sont présentés par Robespierre à l’Assemblée en décembre 1793.

Le gouvernement révolutionnaire est la seule forme de gouvernement capable de mettre fin à la guerre et de faire triompher la Révolution.

Ainsi, l’objectif fixé au gouvernement révolutionnaire est un objectif politique : anéantir la contre-révolution pour mettre en œuvre les principes de la Révolution. La politique de la Terreur décidée en septembre est « l’outil » qui permet d’accomplir cet objectif.

La composition du gouvernement révolutionnaire

Le gouvernement révolutionnaire comprend :

  • le Tribunal révolutionnaire, créé en mars 1793, juge les suspects ;
  • le Comité de Sûreté Générale, chargé de la police politique ;
  • le Comité de Salut Public, créé le 6 avril 1793. Celui-ci est composé de 9 membres puis de 12, élus par la Convention pour un mois et rééligibles.

Le Comité de Salut Public exerce le pouvoir dans les domaines militaire, politique, diplomatique et économique. Il contrôle les ministres du gouvernement. Il est censé agir plus rapidement que l’Assemblée.

Robespierre et le Comité de Salut Public

Robespierre est élu au Comité de Salut Public de juillet 1793 à juillet 1794. Son influence y est importante. 

 

Portrait de Maximilien Robespierre en habit de député du Tiers état, Pierre-Roch Vigneron, 1790

Né à Arras en 1758, Robespierre est avocat de formation et de profession. En 1793, il est un député expérimenté dont la carrière politique a débuté en 1789 : il est député du tiers état de l’Artois aux États généraux de 1789, puis élu député aux Assemblées constituante, législative et à la Convention.

Il siège sur les gradins du haut à l’Assemblée (emplacement qui lui vaut le nom de Montagnard) aux côtés de Danton, Marat et Desmoulins.

Il s’y distingue par son éloquence, sa droiture d’esprit et son sens du devoir public. Imprégné des idées de Rousseau, il défend un idéal politique, celui d’une République sociale et démocratique.

Robespierre souhaiterait que la République soit fondée sur la morale, l'honnêteté des citoyens dévoués au bien public et l’égalité.

Il propose une nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en préambule de la Constitution de l’An I, dans laquelle le droit de propriété est défini par la loi. Elle ne sera jamais appliquée à cause de la mise en place de la Terreur.

Membre du Club des Jacobins, il dispose d’un fort soutien populaire. Le contexte et l’entrée au Comité de Salut Public sont l’occasion pour Robespierre de mettre en œuvre ses idées et principes, et poursuivre ainsi le processus révolutionnaire.

2. Robespierre au gouvernement révolutionnaire
a. L’application de la politique de la Terreur

La Terreur se définit par des mesures d'exception, donc radicales, pour éliminer la contre-révolution et rétablir la paix.

En septembre 1793, la loi des suspects ordonne l'arrestation de tous ceux qui sont soupçonnés d'« être partisans de la tyrannie ou ennemis de la liberté ».

Cette Terreur politique se traduit, partout en France, par de très nombreux arrestations et jugements expéditifs par le Tribunal révolutionnaire. Chaque commune est dotée par la Convention d’un Comité de Surveillance chargé d'établir des listes de suspects et des certificats de civisme.

Certificat de civisme : attestation de bonne conduite et de loyauté délivrée aux citoyens pendant la Révolution.

Réformé en juin 1794 à la demande de Robespierre, ce tribunal devient de plus en plus expéditif : la défense des accusés est supprimée, les peines prononcées sont soit l’acquittement, soit la mort. C’est la Grande Terreur.

Au nom du principe d’égalité, qui lui est particulièrement cher, Robespierre est à l’initiative de plusieurs lois ou projets visant à réduire les inégalités sociales. En juillet 1793, il présente à la Convention un projet d’éducation gratuite, laïque et obligatoire. Par la loi du 22 Floréal An II ( 11 mai 1794), il instaure la « bienfaisance nationale » (assistance médicale aux plus démunis) et une allocation pour les accidentés du travail. Enfin, il milite contre l’esclavage, qui est aboli le 16 pluviôse de l’An II.

 

b. La Terreur et la tentative de déchristianisation.

À partir de novembre 1793, la Convention veut remplacer le catholicisme par le culte de la Raison : les églises sont fermées, les prêtres abdiquent ou passent dans la clandestinité, et Notre-Dame de Paris est transformée en Temple de la Raison.

Robespierre, fervent catholique, et conscient de l'impopularité des mesures anticléricales, dénonce les dangers de la déchristianisation et tente d'instituer en 1794 une religion d’État, une religion républicaine : le culte de l'Être suprême. Ce culte officiel se veut conforme aux idées des philosophes des Lumières et surtout aux idées de Rousseau. Des cérémonies grandioses sont organisées pour célébrer ce culte nouveau.

Un calendrier révolutionnaire (œuvre de Fabre d’Eglantine) où toute fête religieuse est exclue est adopté. Il débute le 22 septembre 1792 (date de la proclamation de la République) : les années sont comptées à partir de ce point de repère chronologique (l’An I commence le 22 septembre 1792 et se termine le 22 septembre 1793). Les mois comptent 3 décades (semaine de dix jours) ; le nom des mois évoque les saisons (« Pluviôse » pour le mois de la pluie, « Nivôse » pour le mois de la neige) ou les travaux agricoles (« Vendémiaire » pour le mois des vendanges, et « Prairial » pour le mois des prairies).

Ce calendrier est utilisé jusqu’en 1806, année où il est annulé par Napoléon 1er.

3. Les effets de la politique de la Terreur
a. La victoire sur la contre-révolution

Les succès intérieurs et extérieurs se précisent à partir d'octobre 1793. Les soulèvements fédéralistes et royalistes sont noyés dans le sang. Lyon et Marseille sont reprises, et les Vendéens sont vaincus définitivement en décembre 1793.

Aux frontières, la menace est écartée à la fin 1793. Les Autrichiens sont repoussés au-delà du Rhin, les Espagnols au-delà des Pyrénées et Kellermann (vainqueur de la bataille de Valmy et à la tête de l’Armée d’Italie) reprend la Savoie.

b. Des oppositions fatales à Robespierre

La Grande Terreur, instituée par Robespierre, se retourne contre ses ennemis politiques.

Les chefs hébertistes (Hébert et Carrier) sont arrêtés et jugés, en mars 1794. Hébert, favorable à une accentuation de la Terreur, est condamné pour avoir publié dans son journal, Le Père Duchesne, des articles appelant à l’insurrection parisienne contre le Comité de Salut Public. Après avoir éliminé cette faction « ultra-révolutionnaire », Robespierre fait guillotiner en avril 1794 les Indulgents, notamment Danton (accusé de trahison et de commerce avec l’ennemi) et Camille Desmoulins qui dénonce l’éloignement des idéaux de la Révolution avec les arrestations devenues arbitraires et les procès expéditifs.

Malgré cette épuration politique, le climat à la Convention reste lourd. Robespierre reste la seule grande figure de la Révolution mais exerce désormais un pouvoir personnel et tyrannique.

Nuit du 9 au 10 Thermidor An II, Arrestation de Robespierre, d'après Fulchran-Jean Harriet ǀ © iStock – Nastasic 

Le 26 juillet, Robespierre, prononce un discours à l’Assemblée dans lequel il rejette la responsabilité de la Grande Terreur sur ses adversaires sans les nommer.

Le lendemain (27 juillet, 9 Thermidor de l'An II) les députés de la Convention, craignant pour leur propre sort, votent la mise en accusation de Robespierre pour dictature. Robespierre, empêché de s’exprimer à l’Assemblée, se réfugie à l’Hôtel de Ville de Paris où il est arrêté avec Saint Just et ses amis.

Il est exécuté le lendemain, sans procès, place de la Révolution, malgré le soutien du Club des Jacobins, des sans-culottes et d’une partie de la Garde Nationale, qui le pressaient de reprendre la main à la Convention.

La mort de Robespierre (28 juillet, 10 Thermidor) ne marque pas la fin de la Révolution. Elle marque la fin de la Terreur et les débuts de la Convention thermidorienne qui met en place une République libérale et modérée.

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