1848 : les révolutions politiques et sociales en France et en Europe - Maxicours

1848 : les révolutions politiques et sociales en France et en Europe

En 1815, le Congrès de Vienne marque le retour à un nouvel ordre européen et à une restauration de l’autorité des monarchies. Celles-ci redessinent également les frontières du continent. Cette réorganisation de l’Europe suscite contestations et soulèvements qui débutent dès la première moitié du 19e siècle. On refuse le retour à l’Ancien Régime, l’oubli des acquis sociaux et politiques ainsi que les découpages frontaliers arbitraires qui bafouent les aspirations nationales des peuples. En 1848, une flambée révolutionnaire embrase l’Europe occidentale et centrale. Les objectifs divergent parfois selon les pays, mais partout l’idéal démocratique anime les soulèvements.
1. Les révolutions françaises de 1848
a. La Révolution de février 1848
Depuis 1846, le contexte de crise économique favorise l’agitation sociale. Le roi Louis-Philippe ne prend aucune mesure pour remédier à l’écrasement des salaires. Le mécontentement grandit également depuis la restriction de la liberté d’expression en 1835.

Pour manifester leur opposition, les républicains, qui ne peuvent plus se réunir, contournent la loi en organisant des banquets qui donnent lieu à des débats politiques. L’un de ces banquets ayant été interdit, les étudiants et ouvriers parisiens organisent une manifestation le 22 février 1848. Ils sont rejoints le lendemain par la Garde nationale composée de petits bourgeois. L’alliance entre le peuple, les étudiants et la Garde nationale est consacrée (comme en 1830, dans le tableau de Delacroix, La Liberté guidant le peuple, où tous sont réunis sur les barricades). Mais le soir du 23 février, une manifestation dégénère, faisant une vingtaine de morts. Les barricades se multiplient. Malgré la décision du roi de remplacer son premier ministre François Guizot, très impopulaire, par Adolphe Thiers, le résultat reste sans effet et le souverain doit se résoudre à abdiquer.
b. La naissance de la IIe République
Le 24 février, la monarchie de Juillet est définitivement renversée et un gouvernement provisoire proclame la République. C’est la deuxième depuis 1792. Ce gouvernement rassemble des républicains modérés comme Lamartine ainsi que des radicaux et socialistes comme Louis Blanc qui souhaitent régler la question sociale. Il s’agit pour eux de prendre en compte les revendications des catégories populaires qui ont été négligées par le régime précédent.
L’unité est donc fragile, mais les premiers temps de la IIe République sont marqués par une volonté de cohésion. L’esprit de fraternité est effectif les premiers mois : de grandes manifestations populaires spontanées naissent dans les villes. Des arbres de la liberté sont plantés et même bénis par les prêtres, ce qui illustre l’adhésion de ces ecclésiastiques au régime.

Le gouvernement prend des mesures économiques et sociales. Une assemblée nationale constituante est élue au suffrage universel masculin de 23 avril 1848. La liberté totale de la presse et des réunions publiques est décidée le 4 mars. La peine de mort est supprimée ainsi que l’esclavage dans les colonies (voir fiche Les abolitions de la traite et de l’esclavage et leur application). Pour satisfaire les socialistes et la population ouvrière, des ateliers nationaux sont créés pour employer les chômeurs. Prévus pour employer 10 000 personnes, ils en comptent 100 000 en juin 1848 par l’afflux de chômeurs venant de province. Le gouvernement diminue également d’une heure la journée de travail désormais fixée à dix heures.


c. La révolution de juin et la fin de l'espoir d'une république sociale
Le fonctionnement des ateliers nationaux suscite l’opposition des députés et du parti de l’Ordre, favorables à la monarchie, d’autant plus que cette mesure est financée par une hausse des impôts qui mécontente les paysans. Le gouvernement décide alors la fermeture de ces ateliers.

Cette décision provoque la révolte populaire des quartiers de l’est parisien, du 23 au 28 juin 1848. Le pouvoir, confié au général républicain Cavaignac décide d’envoyer l’armée pour mater la révolte. Paris se couvre de barricades, on en compte plus de 3 000 et les victimes, du côté des insurgés se comptent en milliers. La répression terrible s’accompagne de déportations, sans jugement, de plus de 4 000 révoltés en Algérie. Le temps de travail journalier est à nouveau augmenté d’une heure. C’est la fin de l’espoir d’une république sociale, symbolisée par l’élection, le 10 décembre 1848, de Louis Napoléon Bonaparte qui forme un gouvernement très conservateur aux mains des monarchistes.
2. Le Printemps des peuples
Les révolutions parisiennes de 1848 ont un énorme retentissement en Europe parmi les élites. Elles déclenchent des soulèvements libéraux qui souhaitent affirmer les valeurs de liberté, de souveraineté et d’indépendance des peuples.
a. Les soulèvements et leurs objectifs
Toute l’Europe n’est pas touchée par ces soulèvements, certains États y échappent comme l’Angleterre, la Belgique, l’Empire de Russie, l’Empire Ottoman, les États scandinaves ou la péninsule ibérique. Les espaces concernés sont essentiellement l’Europe centrale, l’Allemagne et l’Empire austro-hongrois, ainsi que l’Italie.
La fièvre révolutionnaire gagne l’Europe à partir de mars 1848. L’impact de la révolution en France au mois de février explique l’agitation, mais un deuxième facteur explicatif intervient, c’est la chute de Metternich le 13 mars 1848. Le prince de Metternich, chancelier d’Autriche, est l’instigateur du Congrès de Vienne, le gardien de cet ordre européen conservateur favorable aux monarchies. Son éviction favorise l’essor des mouvements nationaux.

L’expression de Printemps des peuples désigne donc des mouvements qui ont un double objectif : il s’agit d’affirmer la reconnaissance du principe de liberté qui conditionne le bon fonctionnement de la société. Ce principe de liberté doit guider le fonctionnement politique et économique de la société. Le deuxième objectif est de faire reconnaitre l’indépendance des nationalités. En effet, le découpage des frontières issu du Congrès de Vienne est générateur de tensions. L’Italie est morcelée en sept Etats, l’Allemagne en trente neuf. A l’inverse, dans l’Empire austro-hongrois de nombreuses nationalités sont dominées. C’est le cas des Tchèques, des Hongrois, des Slaves du sud… Les soulèvements se fondent donc sur les principes du libéralisme et du nationalisme. La révolution ne prend une dimension sociale qu’en France.

Dans un premier temps, ces insurrections obtiennent des succès. L’empereur d’Autriche est contraint d’accorder une constitution en avril 1848 et des parlements permettent l’expression politique des différentes nationalités. En Italie, la domination autrichienne est la cible des révolutionnaires. Les Autrichiens sont chassés de Milan et de Venise et le roi du Piémont déclare la guerre à l’Autriche pour libérer la Lombardie-Vénitie. Une constitution est promulguée en mars 1848. L’Allemagne n’échappe pas à la contagion et les soulèvements permettent à une Assemblée constituante, élue au suffrage universel masculin, de se réunir en mai 1848 : c’est le Parlement de Francfort. Il représente toute la confédération germanique et adopte en décembre 1848 une Déclaration des droits du peuple allemand.
b. Une réaction conservatrice
Cette avancée libérale dure peu de temps et partout les monarchies reprennent en mains le pouvoir. En Autriche, l’armée réprime les soulèvements à Vienne et à Prague. L’arrivée sur le trône de François-Joseph marque le retour du conservatisme. Les tensions politiques entre libéraux et républicains radicaux et le manque d’unité du mouvement révolutionnaire entraînent des échecs en Italie et en Allemagne. Le Parlement de Francfort est ainsi dissous en mai 1849.
L'essentiel
Les révolutions de 1848 marquent l’affirmation en Europe des mouvements libéraux et nationaux. Partout la souveraineté populaire est parvenue à s’imposer. Pour la première fois, le suffrage universel masculin a été largement expérimenté, les constitutions se sont multipliées, illustrant le besoin de démocratie. Malgré les échecs, ces expériences politiques marquent profondément les esprits et laissent entrevoir la possibilité d’une Europe des peuples.

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