La socialisation politique - Maxicours

La socialisation politique

Comment se forge-t-on une culture politique ? La transmet-on à ses enfants ?
1. Socialisation et opinion politique
a. Des opinions qui dépendent de la socialisation familiale
Dans les études faites sur la reproduction sociale en politique, on constate que c’est moins les pratiques politiques (vote, mobilisation partisane…) qui comptent que l’expression de certaines valeurs. Les enfants sont éduqués selon certains principes qui vont modeler leur appartenance politique future. L’intérêt des parents pour la politique va aussi conduire les enfants à s’y intéresser.

Ainsi, si les parents ont un fort intérêt et expriment des opinions partisanes (de droite ou de gauche), environ 3 enfants sur 4 reproduiront les choix parentaux. L’homogénéité du choix des parents est aussi essentielle. Si les deux parents se classent à gauche, le taux de reproduction parfaite est de 45 % environ (moins de 20 % sinon).

Enfin, l’intérêt pour la politique dépend fortement du milieu social d’origine. Sur 100 ouvriers, moins de 20 ont un fort intérêt pour la politique alors que ce taux monte à 50 % chez les cadres. Les cadres sont aussi plus nombreux à exprimer une forte proximité idéologique avec un parti politique.
b. La socialisation secondaire
Les évènements de la vie d’un individu vont le mener à modifier ses préférences partisanes ou son engagement en politique. Par exemple, certains étudiants, engagés dans une lutte contre une réforme, vont manifester des dispositions et un goût pour la politique qui vont les pousser parfois à s’engager de manière plus pérenne. Les associations estudiantines sont souvent structurées en syndicats et sont affiliées à des mouvances politiques de gauche ou de droite.

La mobilité sociale (par exemple une mobilité ascendante) va aussi modifier la perception qu’a l’individu de certains problèmes et peut l’amener à modifier ses préférences partisanes.

Enfin, il ne faut pas négliger le rôle de certaines instances de socialisation comme les médias dans l’influence politique. On a beaucoup parlé de la médiatisation de la campagne de Jacques Chirac et de sa remontée dans le cœur de l’électorat grâce aux Guignols de Canal + en 1995. Mais ces effets n’ont jamais été mis en évidence de manière indiscutable. On constate par exemple peu de répercussions sur le vote des débats télévisés du second tour de l’élection présidentielle.
2. Des frontières plus floues
a. Les individus conservent-ils une identification partisane ?
Dans les années 1950, des études sur l’identification partisane ont montré que près de 3 individus sur 4 étaient capables de se situer sur une échelle gauche-droite. Cela donnait donc un vote plutôt stable dans le temps.
Mais depuis la fin des années 1970, on constate une baisse de cette identification notamment chez les personnes moins diplômées, plus jeunes ou subissant des difficultés économiques importantes (chômage, travail précaire…), ce qui rend le vote beaucoup plus volatil. En 2011, 58 % des Français voient le clivage gauche-droite comme dépassé !

Cela peut s’expliquer en partie par des nouvelles revendications (sur l’écologie par exemple) qui ne sont pas satisfaites par tel ou tel parti et dépassent les clivages politiques traditionnels. Mais cela traduit aussi un désarroi face à la politique et une méfiance grandissante.
b. Une perte de confiance dans la politique ?
L’instabilité du vote des citoyens, l’alternance gauche-droite ou encore la montée de l’abstention traduisent une crise de la représentation politique. Tous les sondages montrent une certaine méfiance vis-à-vis du personnel politique.

Cette crise de la représentation a été prédite par Alexis de Tocqueville au 19e siècle. Celui-ci pensait qu'il existait un risque de « despotisme » dans la démocratie, du fait de la préférence des individus pour l’égalité plutôt que la liberté. Ainsi, ils ont tendance à se replier sur eux-mêmes et délaisser le pouvoir à une élite ou se laisser conduire dans leurs opinions.

La crise économique aggrave ce phénomène car certains partis politiques sont vus comme responsables et incapables d’en juguler les effets. La montée de partis nationalistes voire extrémistes est la conséquence directe de cette crise de la démocratie.
L'essentiel
La socialisation permet de construire les préférences partisanes des individus mais ceux-ci sont soumis à des influences diverses voire parfois contradictoires. Depuis quelques années, on voit cependant une montée de la volatilité de l’électorat et des préférences partisanes moins marquées du fait, en partie, d’une méfiance grandissante vis-à-vis du personnel politique.
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