La révolution de la pensée scientifique aux 16e et 17e siècles - Maxicours

La révolution de la pensée scientifique aux 16e et 17e siècles

Dès la fin du 15e siècle, un certain nombre d'intellectuels européens ne parvinrent plus à se satisfaire du savoir enseigné par les universités. Dans le domaine des sciences, certains d'entre eux, curieux de tout, l'esprit ouvert, voulurent comprendre le monde autrement que grâce à la religion catholique. Leur curiosité intellectuelle et leur esprit critique, leur courage aussi - car ils défiaient l'Église en la contredisant - finirent par provoquer de grandes avancées dans les principaux domaines scientifiques.

Problématique : Quels furent les principaux progrès accomplis grâce à ces chercheurs si différents des autres ?
1. Naissance d'une science nouvelle en Europe
a. La rupture avec les méthodes scientifiques héritées du Moyen âge
Au 16e et, plus largement encore, au 17e siècles, plusieurs savants élaborèrent de nouvelles méthodes scientifiques, très différentes de celles pratiquées durant l'époque médiévale. Les scientifiques étaient encore des amateurs, rarement spécialisés. Mais pour la première fois dans l'histoire de l'Europe, certains d'entre eux commencèrent à adopter une véritable démarche scientifique.

Ils décidèrent d'appuyer leur travail scientifique sur l'observation sérieuse de la nature et de l'univers et non plus en se basant sur ce qui était écrit dans la Bible ou bien par les savants de l'Antiquité, comme Aristote et Ptolémée. Ils ne rejetèrent pas, cependant, tout l'héritage des savants grecs, mais ils tentèrent d'en corriger les erreurs ou les inexactitudes. Pour cela, ils inventèrent de nouveaux instruments et de nouvelles méthodes de recherche :

- La méthode expérimentale
Elle était basée sur une observation scrupuleuse (le savant devait décrire les mécanismes de la nature et les comprendre), sur des expériences (au lieu de ce contenter de ce qui était écrit dans les livres anciens) et sur des raisonnements.
- Ils profitèrent de l'invention de nouveaux instruments tels que la lunette astronomique, le microscope, le thermomètre, le baromètre...

Doc. 1. Microscope datant du 17e siècle

b. Des progrès scientifiques qui permettent de mieux comprendre le fonctionnement du monde
Grâce à cette nouvelle démarche scientifique, les mathématiques firent des progrès décisifs et prirent une place centrale dans le domaine de la recherche. Mais les avancées se firent dans de nombreux autres domaines : physique, biologie, médecine...

Des hommes se mirent, même si l'Église l'interdisait, à explorer avec précision le corps humain en pratiquant, en secret, la dissection de cadavres. L'italien Léonard de Vinci (1452-1519) et le flamand Vésale (1514-1564) purent ainsi élaborer des planches anatomiques extrêmement précises et très bien illustrées de l'intérieur du corps humain. En 1628, le médecin anglais Harvey découvrit la circulation sanguine. Leur travail facilita grandement le travail des médecins et des chirurgiens qui purent baser leurs soins sur des connaissances anatomiques exactes.

Doc. 2. Les proportions humaines, de Leonard de Vinci 1490

Dans le domaine de la mécanique Léonard de Vinci créa des machines révolutionnaires dans leurs principes, même si elles ne furent jamais construites (du moins à cette époque) telles qu'un hélicoptère, des chars de combat, un sous-marin, un scaphandre...

Doc. 3. Croquis d'un char de combat, invention de Léonard de Vinci

c. Des avancées décisives en astronomie
Durant cette période, l'astronomie fit des pas de géant. Au 16e siècle, remettant en cause le système admis par le grec Ptolémée et par la Bible, le polonais Copernic établit que la terre tournait autour du soleil, et non l'inverse.
Au siècle suivant, l'italien Galilée reprit ses travaux, créa en 1609 sa première lunette astronomique et, après avoir observé les astres, confirma le système copernicien : le soleil, affirma-t-il était bien au centre du système solaire et non la terre, contrairement à ce que soutenait l'Église depuis des siècles.
2. Diffusion et limites de cette révolution scientifique
a. Les moyens de diffusion de ces nouveaux savoirs
Toutes ces connaissances purent se diffuser de plus en plus rapidement grâce à l'imprimerie, ré-inventée (elle existait en Asie) et techniquement améliorée par l'allemand Gutenberg au 15e siècle. Grâce à lui, les livres furent tirés et vendus à de nombreux exemplaires (avant, les manuscrits, rédigés et illustrés à la main, étaient rares et chers).
De plus, à travers l'Europe entière, les savants se mirent à s'écrire pour partager leurs découvertes, de nouveaux lieux de savoir virent le jour, les académies (ouverture de l'Académie royale des sciences en 1666 par Louis XIV en France) dans lesquelles les savants se réunissaient pour échanger les résultats de leurs recherches, ainsi que de nouveaux journaux (à l'image du Journal des savants en France).
b. L'Église, hostile à cette révolution scientifique
Ces savants ne jouissaient pas de l'entière liberté d'exprimer leur pensée. En contredisant la Bible avec leurs découvertes, ces scientifiques s'exposèrent aux critiques de l'Église et à de sévères punitions :

- En 1600, Giodano Bruno fut condamné au bûcher par l'Église catholique pour avoir affirmé que le soleil n'était pas au centre de l'univers et n'était en fait qu'une petite étoile perdue parmi d'autres dans un univers infini.
- En 1616, les livres de Copernic furent mis à l'Index. L'Index était une liste d'ouvrages jugés immoraux et contraire à la doctrine de l'Église par l'Église elle-même et interdits aux catholiques.
- En 1633Galilée fut condamné par le Saint Office (institution chargée de veiller au respect de la doctrine et de la foi catholique) au cours d'un procès durant lequel il fut obligé à remettre en cause ses affirmations sur la place de la Terre dans le système solaire sous la menace de la torture.
L'essentiel
Aux 16e et 17e siècles, des savants européens voulurent comprendre le monde autrement que grâce à la religion ou aux écrits des Grecs de l'Antiquité. Plusieurs d'entre eux élaborèrent une nouvelle méthode scientifique, très différente de celle pratiquée durant l'époque médiévale : la méthode expérimentale. Celle-ci était basée sur l'observation scrupuleuse de la nature, sur des expériences et sur des raisonnements
Grâce à cette nouvelle démarche scientifique, les mathématiques, la physique, la biologie, la médecine, la chirurgie, la mécanique et l'astronomie firent des progrès spectaculaires. Progrès qui ne furent pas tous au goût de l'Église catholique qui se sentit menacée par des affirmations qui venaient contredire son message. Certains de ces scientifiques s'exposèrent donc à ses critiques ainsi qu'à de sévères punitions.

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