La loi est-elle un obstacle à notre liberté ?- Terminale- Philosophie - Maxicours

La loi est-elle un obstacle à notre liberté ?

Objectif

Savoir si la loi est un obstacle à notre liberté

Points clés
  • Il faut distinguer les lois constatives (lois naturelles, scientifiques) des lois prescriptives (lois morales, juridiques, politiques).
  • Le déterminisme empêche en principe l'idée de liberté, mais la prise de conscience de ce principe permet d'atteindre la liberté.
  • La loi et l'obligation sont essentielles pour être libre : c'est le contrat social.
1. Qu'est-ce qu'une loi ?
a. Sens général du mot « loi »

Le mot « loi » se définit de façon générale comme un principe ayant une valeur universelle, c'est-à-dire toujours vrai et pour tous.
Mais il faut distinguer deux types de lois.

b. Les lois naturelles ou scientifiques

Les lois de la nature sont les principes universels selon lesquels se produisent nécessairement les phénomènes naturels, et constituent l'objet propre des sciences de la nature. Telle est par exemple la loi de l'attraction universelle de Newton.
Ce sont des lois constatives, qui nous disent ce qui, en fait, est ou advient dans la nature : « les lois de la nature », dit Kant, « ne traitent que de ce qui arrive » effectivement et universellement.

c. Les lois morales, juridiques ou politiques

Ces lois sont aussi des principes universels, mais qui nous disent, non ce qui est, mais ce qui doit être : Kant dit que ce sont « les lois objectives de la liberté, qui disent ce qui doit arriver ». Ce sont des lois prescriptives, qui énoncent un devoir ou une obligation auxquels cependant les individus ne se conforment pas nécessairement.
Par exemple, la loi morale et le Code civil interdisent le mensonge, le Code pénal interdit le vol : ce qui n'empêche pas qu'il arrive que des gens mentent, et que des vols se produisent.

2. Liberté, loi naturelle et déterminisme
a. L'idée de loi naturelle semble exclure absolument celle de liberté

Si les lois naturelles sont universelles et nécessaires, alors elles énoncent ce qui advient partout et toujours, et ne saurait advenir autrement : la loi de l'attraction universelle n'admet nulle exception et il est impossible qu'aucun corps dans l'univers échappe à cette nécessité.
Or l'homme, s'il est au moins pour une part un être naturel, n'est-il pas lui aussi soumis à l'ensemble des lois naturelles. Cela ne remet-il pas en cause la liberté humaine ?
Cette difficulté renvoie implicitement au problème du déterminisme, suivant lequel tout événement est l'effet nécessaire d'une cause antérieure.

b. Peut-on échapper à la nécessité ou au déterminisme naturels ?

L'homme, parce qu'il n'est pas seulement un être naturel, mais aussi un être doué de conscience et de raison, peut cependant échapper à cette nécessité.
Tout d'abord, grâce à ses capacités scientifiques et techniques, il est susceptible de connaître et de maîtriser la nature, ou de tourner les lois ou nécessités naturelles à son propre avantage.

c. La connaissance du déterminisme permet la liberté

De façon plus générale, il faut dire avec Leibniz que « la liaison des causes et des effets, loin de causer une fatalité insupportable, fournit bien plutôt le moyen de la lever » : connaître les lois de la nature, ou encore les causes qui nous déterminent, permet d'échapper aux contraintes qu'elles imposent. Ainsi le déterminisme permet d’échapper au fatalisme : certains faits, parce que prévus et connus, peuvent ainsi être évités ou modifiés. La relation de cause à effet est ainsi rompue. La prévision scientifique repose sur cette connaissance. Mais n’est-il pas possible de revendiquer une telle connaissance également pour la conduite de l’existence ?

3. Liberté et lois morales et juridiques
a. Ces lois constituent des obligations, non des contraintes

On estime communément que la liberté implique l'absence de toute loi, pour autant que l'on considère les lois comme des contraintes. Mais il importe de distinguer la contrainte de l'obligation.
La contrainte implique une force (physique ou morale) telle qu'elle supprime tout choix et nous amène à faire malgré nous ce que nous ne voulons nullement ; si quelqu'un me demande de le suivre sous la menace d'une arme, je suis alors contraint de le suivre.
L'obligation au contraire nous indique ce que nous devons faire, mais nous ne sommes nullement contraints de faire : nous avons le choix d'y obéir ou non. Nous savons que « nous ne devons pas mentir », c'est là une loi et une obligation morales, ce qui n'empêche pas que nous mentions parfois.
Ainsi on pourrait dire que la contrainte supprime la liberté, tandis qu'au contraire l'obligation la suppose : or les lois morales ou juridiques obligent, mais ne contraignent pas.

b. « Il n'y a pas de liberté sans lois »

Les lois morales ou juridiques non seulement n'excluent pas la notion de liberté, mais sont en outre nécessaires pour qu'advienne une liberté authentique.
D'une part en effet, du point de vue individuel, une liberté qui consiste à faire absolument tout ce que l'on veut, de façon irrationnelle, est souvent nuisible à l'individu même.
Plus encore, du point de vue politique, il est clair que « quand chacun fait ce qu'il lui plaît, il fait souvent ce qui déplaît à d'autres » (Rousseau) : la liberté est alors sources de conflits, de nuisances réciproques. C'est là le problème de l'état de nature, état sans aucune loi et qui, selon Hobbes, est un « état de guerre ».
C'est pourquoi il faut conclure avec Rousseau que : « la liberté sans la justice est une véritable contradiction » et qu'« il n'y a pas de liberté sans loi, ni où quelqu'un est au-dessus des lois ».

c. La notion d'autonomie

Plus précisément, la liberté consiste alors en une capacité de se donner à soi-même des lois rationnelles, c'est-à-dire en une autonomie (auto : « soi-même » ; nomos : « loi »).
Pour l'individu, la liberté véritable consiste, selon Kant, à agir non selon des motifs sensibles, relevant du déterminisme naturel, mais suivant les lois morales universelles : être libre, c'est être autonome, soit agir conformément aux lois morales qui sont issues de notre propre raison.

De même, un peuple libre est un peuple autonome, qui se donne à lui-même les lois auxquelles il se soumettra ensuite : tel est le sens du « contrat social » par lequel, selon Rousseau, les individus s'unissent et mettent en commun leurs forces et leurs volontés, de sorte que la « volonté générale » du peuple décide des lois nécessaires au bien commun, dont les individus seront tout à la fois, alors, les auteurs et les sujets.

Vous avez déjà mis une note à ce cours.

Découvrez les autres cours offerts par Maxicours !

Découvrez Maxicours

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Des profs en ligne

quote blanc icon

Découvrez Maxicours

Exerce toi en t’abonnant

Découvrir le reste du programme

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17 h à 20 h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Un compte Parent