Analyser le sujet - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

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1. Reconnaître le genre de la question posée : l'analyse de la forme verbale
a. Que signifie : « analyser un sujet » ?
Analyser le sujet, c'est définir et expliquer chacun des termes du sujet, de façon à éviter tout contresens et tout hors-sujet, et à ne pas manquer la spécificité de la question posée. Ces éléments d'analyse devront être réutilisés pour l'introduction, dont ils constituent la première étape essentielle.
b. Reconnaître le type de sujet auquel on a affaire
On distinguera essentiellement :
– les sujets de type définitionnel ;
– ceux qui mettent en question l'obligation ou le devoir de faire quelque chose ;
– ceux qui interrogent la possibilité d'une action ou d'une chose ;
– ceux qui concernent une question de droit.

Pour savoir à quel type de sujet on a affaire, il faut avant tout prêter attention à la forme verbale interrogative du sujet.
c. Prêter attention à la forme verbale et l'analyser
Pour s'assurer du genre de sujet ou de question posés, ainsi que de leur spécificité, il faut commencer par prendre garde à la forme verbale qui structure le sujet (« Peut-on... ? », « Faut-il... ? », etc.), ainsi qu'aux éventuels adverbes qui l'accompagnent (« nécessairement », « toujours », etc.).

2. Analyser le « terme secondaire » du sujet
a. Qu'appelle-t-on le « terme secondaire » ?
Le « terme secondaire » s'oppose à la notion du programme qui apparaît dans tout sujet : c'est le terme qui semble le moins important et que l'on a à tort tendance à négliger, alors que c'est lui qui fait la spécificité du sujet.
Par exemple, dans la question « Le langage est-il un instrument de communication ? », ou encore « La conscience peut-elle être le guide de mon action ? », on distinguera la notion au programme ou terme majeur (le langage, la conscience), du terme secondaire ou mineur (« instrument », « guide »), que l'on s'attachera d'abord à analyser.
b. Comment analyser le terme secondaire ?
La simplicité même de ce terme le rend souvent difficile à définir. Pour ce faire, on peut recourir à deux techniques simples :
• réutiliser le terme dans une phrase plus commune afin de mieux apercevoir et d'expliquer le sens de ce mot.
Par exemple, pour le sujet « Le langage est-il un instrument de communication ? », on peut utiliser le terme « instrument » ainsi : « un violon est un instrument de musique » (qui sert à faire de la musique). Pour faciliter l'analyse de la question « La conscience peut-elle être le guide de mon action ? », la phrase « j'ai guidé mon invité jusqu'à la salle à manger » peut aider à mieux comprendre le sens du terme secondaire (je lui ai montré le chemin parce que je connais ce lieu) ;

• faire appel à des exemples concrets.
Par exemple, our le sujet « Le langage est-il un instrument de communication ? », on peut ainsi faire appel au stylo ou au marteau qui sont des « instruments », c'est-à-dire des objets qui ont une fin déterminée. En ce qui concerne la question « La conscience peut-elle être le guide de mon action ? », on peut penser à un guide touristique, à un guide de montagne qui sont des objets ou des personnes qui ont ou donnent une connaissance suffisante pour se diriger vers le but où l'on souhaite se rendre.

On commence alors à apercevoir plus précisément ce qu'implique la question posée.

3. Analyser la notion du programme
a. Ce qu'il ne faut pas faire
Il ne faut pas, dès l'introduction, vouloir trop en dire sur la notion étudiée – en particulier si sur cette notion on possède des connaissances en grand nombre : si l'on en dit trop dès le début, le développement sera ensuite d'autant plus difficile à élaborer.
b. Ce qu'il faut faire
Il faut donc au contraire, au stade de l'analyse du sujet, en rester à des choses simples et liminaires, à savoir :
rappeler éventuellement l'étymologie, du moins si elle est signifiante.
Par exemple, savoir que le mot « travail » vient du latin tripalium, qui désigne un instrument de torture, peut être utile pour éclairer au moins l'un des aspects du travail ;

proposer une définition simple, et même naïve, qui servira de point de départ à la réflexion au lieu de donner une définition absolument définitive qui risque de « bloquer » au contraire la réflexion et d'empêcher toute progression de celle-ci.
Par exemple, on peut définir pour commencer la liberté comme « capacité de faire ce que l'on veut ou ce que l'on désire sans contrainte », quitte à préciser ou remettre en cause cette définition initiale au cours de la réflexion.

4. Reformuler le sujet
Une fois tous les éléments du sujet analysés, on peut proposer une reformulation de celui-ci, afin de l'éclairer et d'en préciser le sens – et de montrer que l'on en a vu la spécificité.

Cette analyse et cette reformulation doivent aider à apercevoir et mettre au jour le problème, qui constituera le deuxième élément essentiel de l'introduction ainsi que le fil directeur du devoir.

Par exemple, un sujet tel que « Le langage est-il un instrument de communication ? » peut être reformulé, après analyse de ses différents termes, de la façon suivante : « Le langage est-il vraiment un objet extérieur à moi, qui se définirait (à la manière d'un téléphone) par une finalité unique : communiquer, c'est-à-dire exprimer et transmettre mes pensées aux autres ? »

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