Germinal : les thèmes - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Germinal : les thèmes

1. Le monde de la mine et des mineurs
a. La hiérarchie dans la mine
• Fidèle à l’esthétique naturaliste, Zola a effectué un véritable travail de recherche sur la mine avant d’écrire son roman. Ainsi, il s’est rendu à Anzin, il est descendu dans les fosses, a rencontré des mineurs. Il a également lu des ouvrages spécialisés. Ainsi il a constitué un dossier préparatoire de 96 pages appelé L’ébauche.

• Au début du roman, Etienne et le lecteur ne connaissent pas le monde de la mine. Aussi Zola va le décrire avec précision. Par exemple, il emploie des termes techniques relatifs aux différentes fonctions des mineurs. Maheu, Chaval, Etienne, Zacharie sont des haveurs, des mineurs qui abattent le charbon. Catherine et la Mouquette sont des herscheuses. Une herscheuse est une ouvrière qui pousse les berlines remplies de charbon. Dansaert est le chef des porions, un porion est le contremaître à la mine.
b. Les conditions de travail des mineurs
• Zola décrit avec précision les dures conditions de travail des mineurs en particulier au chapitre 4 de la première partie. C’est « un travail de bagne ». « Les quatre haveurs venaient de s’allonger les uns au-dessus des autres (…) Ils devaient pour attaquer la houille rester courbés sur le flanc, le cou tordu et brandissant de biais la rivelaine, le pic à manche court.(…) C’était Maheu qui souffrait le plus. En haut la température montait jusqu’à 35° degrés, l’air ne circulait pas, l’étouffement à la longue devenait mortel ».

• Les mineurs sont relégués au rang d’animaux : Maheu semble « un puceron pris entre deux feuillets », les haveurs « entièrement nus comme des bêtes ont des échines de singe », Catherine « besognait, la croupe barbouillée de suie, avec de la crotte jusqu’au ventre, ainsi qu’une jument de fiacre ». La descente des chevaux est également décrite. Trompette un jeune cheval peureux connaît une descente pathétique : « il parut son œil fixe, dilaté de terreur ».
c. Les conditions de vie
• Le lecteur apprécie mieux les dures conditions de travail d’autant plus que Zola décrit un jour de paye qui est très maigre, au chapitre 4 de la troisième partie. En effet, l’équipe de Maheu « qui exploite une veine ne touche que 135 francs. Lorsqu’il aurait remis leur part à Zacharie, à Etienne et à l’autre camarade qui remplaçait Chaval, il lui resterait 50 francs pour lui, son père, Catherine et Jeanlin ». Zola insiste sur les difficultés qu’a la famille à se nourrir à plusieurs reprises.

• Il s’est employé à décrire avec exactitude la vie dans les maisons minières des corons. La maison des Maheu témoigne de leurs mauvaises conditions de vie que dénonce Zola. En effet, il n’y a que deux pièces, une seule chambre où dorment les cinq enfants. Tandis que les parents dorment « dans le couloir du pallier, ils occupaient un quatrième lit contre lequel ils avaient dû installer un berceau. ». L’auteur présente les rituels de la famille au retour de la mine. Il y a tout d’abord le rituel du bain pris dans un baquet où tous se lavent dans la même eau les uns derrière les autres. Il n’y a aucune intimité.

• Après avoir décrit les rituels domestiques, Zola décrit les rituels sociaux avec la fête à la Ducasse qui a lieu le dernier dimanche de Juillet, sorte de parenthèse dans l’enfer de la mine.
Cependant, le réalisme de l’écriture zolienne est souvent dépassée par l’emploi de figures de style. C’est le cas pour la description du Voreux. Le nom suffisamment évocateur du puits assimile la fosse à un monstre mythologique, le Minotaure : « Cette fosse, tassée au fond d’un creux, avec ses constructions trapues de brique, dressant sa cheminée comme une corne menaçante lui semblait avoir un air mauvais de bête goulue, accroupie là pour manger le monde. »
2. L’amour
• Zola renouvelle la vision de l’amour en en faisant l’expression d’un instinct, d’un désir brutal. L’amour est le seul élan vital dans ce monde difficile. Zola dénonce la promiscuité et le relâchement des mœurs à travers ce thème. Il offre la peinture d’un érotisme parfois brutal où se mêlent les corps mus par le seul désir physique.
Ainsi l’aventure d’Etienne avec la Mouquette est mue par un désir facile, sans amour, la jeune fille collectionnant les amours de passage. L’amour que Chaval porte à Catherine est dominé par la brutalité. La jeune fille lui cède par fatalité et cet accouplement ressemble presque à un viol. Catherine s’incline non par envie mais par obligation. Elle restera avec Chaval car il sera le premier à l’avoir possédée mais aucun sentiment d’amour ne semble exister.

• Jeanlin, le jeune estropié fait preuve de vice et dirige avec domination les amours de Bébert et de Lydie, deux jeunes enfants. Il empêche ses amours enfantines par le fait qu’il garde Lydie pour lui seul. Madame Hennebeau collectionne les amants et méprise son mari qu’elle trompe sous son propre toit. Seul semble être privilégié l’amour d’Etienne et de Catherine qui est véritable. Cependant, il révèle un désir violent, une obsession douloureuse pour Etienne et finalement est marqué par le couronnement de l’instinct.
La vision de l’amour dans Germinal est assez pessimiste. L’amour n’apparaît guère, il est remplacé par un désir souvent bestial présenté comme une revanche de la vie face à un monde hostile.
3. La politique
Les enjeux politiques se scindent en deux conflits : un conflit entre patrons et ouvriers et un conflit interne, entre les mineurs.
a. Le conflit interne
• Etienne et Rasseneur ont en commun leur hostilité aux patrons puisqu’ils ont été tous deux renvoyés. Ils partagent le même désir de révolution partagé par un troisième personnage Souvarine. Cependant les modalités d’action et leurs opinions les séparent. Etienne veut renverser la bourgeoisie et le patronat. Il rêve d’un monde où les classes sociales auraient disparu. C’est au cours de la troisième partie que se fait son apprentissage politique. Il lit beaucoup et mal. Il ne comprend pas ce qu’il lit par manque de méthode ce que ne manque pas de critiquer Zola : « Aussi se prit-il pour l’étude du goût sans méthode des ignorants affolés de science ». Il digère ses lectures mais les explique mal, reste très maladroit.

• Il sera très vite dépassé par l’enthousiasme révolutionnaire qu’il a suscité. La foule lui échappe, il ne contrôle plus aucun mineur. C’est ainsi qu’il sera rejeté par les mineurs qui le rendront responsable de la fusillade. Le problème d’Etienne est qu’il ambitionne de devenir un bourgeois. Il reste en marge des autres personnages. Il ne fait pas partie des mineurs qu’il finit par mépriser à certains moments : « Ces ouvriers dont l’odeur de misère le gênait maintenant ».

Etienne prône un marxisme de base, souvent mal compris et assimilé. Il rêve de dépasser sa simple condition ouvrière ce qui expliquera son semi-échec. Semi-échec car à la fin du roman, il part pour Paris dans l’espoir de réussir là où il a échoué à Montsou.

Rasseneur, patron du cabaret, est un ancien haveur congédié à la suite d’une grève. Comme Etienne, il veut que les choses changent cependant il s’oppose à lui quant aux méthodes à employer. Il est plus lucide qu’Etienne, il incarne la voie moyenne. Il pense qu’il faudrait éviter la grève et négocier avec la Compagnie. Il proscrit toute violence et toute précipitation. Il pense que la grève va conduire les mineurs à la catastrophe : « Maintenant vous pouvez réclamer du pain, c’est du plomb qu’on vous donnera ». Il est donc le rival politique d’Etienne.

Souvarine est un machineur d’origine russe. Il représente le nihilisme et l’anarchisme politique. Il ne croit pas aux idées socialistes d’Etienne qu’il qualifie de bêtises. Il pense que la seule solution est la destruction : « Allumez le feu aux quatre coins de la ville, fauchez les peuples, rasez tout et quand il ne restera plus rien de ce monde, peut-être en repoussera-t-il un meilleur ».

Zola incarne à travers ces trois personnages trois théories politiques différentes. Etienne représente le socialisme exacerbé, Rasseneur illustre un socialisme modéré et Souvarine, l’anarchie révolutionnaire.
b. Le conflit externe
• Le problème qui est à l’origine du conflit est la mauvaise pratique du boisage des mineurs. La direction décide de baisser le prix de la berline. La grève se déclenchera neuf mois plus tard. Deux événements précipitent les choses : l’application de la menace de Négrel et la paye dérisoire des Maheu pour cause d’amende. L’accident de Jeanlin montre que la seule issue sera le conflit.

• Les patrons se montrent paternalistes envers les mineurs sans toutefois cèder à leur revendication. Hennebeau ne fait que gérer des sites alors que Deneulin est propriétaire de certaines fosses. L’enjeu n’est donc pas le même pour les deux hommes.
Les mineurs veulent la justice et pouvoir se nourrir décemment tous les jours. Ils réclament une hausse du prix de la berline de charbon.
Les mineurs échouent face à la Compagnie, la lutte entre le Capital et les travailleurs tourne à l’avantage du premier. Après deux mois et demi de grève, ils sont contraints d’accepter le tarif de boissage du départ. Pour Zola, le seul fait de se révolter a fait naître une prise de conscience chez les mineurs. Elle contient les prémices d’un nouvel ordre social.

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