Fiche de cours

Enjeux du montage

Lycée   >   Terminale   >   Cinéma, Histoire de l'art   >   Enjeux du montage

  • Fiche de cours
  • Quiz et exercices
  • Vidéos et podcasts
Objectif : montrer que les différents usages du montage cinématographique ont contribué à l’élaboration de certains codes plus ou moins établis qu’il sera néanmoins toujours possible de transgresser.
1. Le montage différencie les époques et les genres

Depuis Griffith, premier grand cinéaste qui a posé les fondements du montage narratif, d’autres voies ont été découvertes, notamment celles du montage discursif, du montage rythmique, du montage des correspondances. Ces différentes pratiques se sont régulièrement développées mais elles ont été reçues par le public et encouragées par les studios de façons différentes : les narrations fluides, bien articulées, et à travers elles le montage narratif, en quête de transparence, ont été particulièrement plébiscitées et ont atteint leur forme la plus stable et la plus accomplie dans le cinéma classique hollywoodien.

Cela dit, au sein même de cette période de neutralisation, on a remarqué des nuances plus ou moins importantes dans la pratique du montage selon les histoires racontées ou les genres auxquels celles-ci se référaient. La comédie musicale, par exemple, reposait essentiellement sur des plans relativement longs pour respecter l’intégrité des corps pris dans la danse tandis que le film noir était davantage découpé et exigeait le plus souvent la participation d’une voix off très influente (d’où la grande inventivité stylistique de l’une des dernières séquences de Tous en scène (Minnelli) lorsque le monde du film noir s’invite, sur un mode parodique, dans celui de la comédie musicale).

Ainsi, si un type de montage peut rendre compte, dans une certaine mesure, d’une période artistique bien définie, il faudra préciser davantage l’ensemble de ses lois, de ses fonctionnements, pour rendre compte des différences (génériques, par exemple) susceptibles de s’établir au sein même de cette période. Le montage est donc de toute évidence un facteur de différenciation, c’est-à-dire une opération capable de distinguer différentes périodes dans l’histoire du cinéma, ou différents genres d’une même période, chaque période et chaque genre reposant sur des codes précis. Il y a en effet des exemples de montage (qu’ils soient ponctuels ou qu’ils servent de base à une structure générale) typiques de l’expressionnisme allemand, du néo-réalisme italien, du Dogme 95, du burlesque, du cinéma d’action de Hongkong, etc. Il y a aussi des montages différents pour différentes époques du western (des classiques de John Ford aux formes crépusculaires de Sam Peckinpah), des montages opposés pour des pratiques de l’horreur incomparables, selon les effets recherchés par le cinéaste.

2. Le montage comme élément d'un langage cinématographique

Dès lors, si le montage permet de distinguer des mouvements artistiques, des périodes, des genres (parfois au sein d’une même période), des œuvres (parfois au sein d’un même genre), il permet aussi de produire des effets précis, notamment des effets rythmiques. Si les plans sont longs, une certaine lenteur s’installe (souvent) en effet. Si le découpage est au contraire très important, l’impression de vitesse s’accroît considérablement. Si le montage prend le pas sur le découpage (quand il est exclusivement effectué dans la salle et non plus décidé au moment de l’écriture car les nuances, trop subtiles, trop sensibles pour pouvoir être indiquées par écrit, ne peuvent qu’être senties…) et s’il s’accélère à son tour, c’est pour produire une espèce de souffle caractéristique par exemple du cinéma de John Cassavetes, cinéma de la sensation et de l’émotion. Dans ce cas là, la question des raccords devient tout à fait secondaire, seule compte l’intensité qui se dégage de la juxtaposition de plusieurs plans, de plusieurs visages.

On sait aussi que la limitation des découpages est un gage de réel, comme l’a écrit André Bazin et comme le montre notamment le cinéma de Kiarostami. Mais là aussi, il s’agit avant tout de codes… Car si une telle méthode permet de ne pas trop manipuler le réel que la caméra a enregistré (et notamment de ne pas le découper pour le recomposer artificiellement au montage), il aura quand même bien fallu choisir un point de vue, un angle, un cadre, c’est-à-dire procéder à un certain nombre de choix qui témoignent de la présence d’un auteur, d’une intention qui garde toujours, parfois malgré elle, un contrôle sur ce qu’elle décide de filmer (le réel représenté est alors le résultat de ces choix, et non plus le réel lui-même). Kiarostami sait d’ailleurs que le réel proprement dit est irreprésentable, l’objectif qu’il s’est fixé étant seulement de ne pas trop le dénaturer…

De plus, certains films de Cassavetes ou d’autres du Dogme permettent eux aussi de diffuser une part de réel et cette diffusion passe au contraire par un montage ni réduit, ni transparent, mais au contraire très actif. C’est alors une autre part de réel qui passe, un réel de l’intériorité, des sentiments…

Enfin, il faut savoir aussi que le découpage n’est pas toujours à l’origine d’une accélération du rythme d’un film. A la fin de L’Eclipse (Michelangelo Antonioni, 1962), le temps est comme arrêté, suspendu, et cet effet mystérieux est parfaitement exprimé par un découpage important qui nous montre les fragments épars d’une ville frappée par une étrange torpeur. L’effet n’en est que plus saisissant…

L’essentiel   

Tout type de montage répond aux exigences d’un code, le non-montage autant que le montage accéléré ou très découpé, et produit des effets précis mais non immuables. Le montage, comme tous les autres procédés de mise en forme (choix de la focale, de l’angle de prise de vue, de la lumière, etc.), peut très certainement participer de l’élaboration d’un langage cinématographique (à tel parti pris correspondra la plupart du temps un effet déterminé et prévisible, parfois même une signification), mais en aucun cas d’une langue ou d’une grammaire (car ces relations forme-sens ne sont jamais irréversibles). Le montage repose sur des codes qu’il est donc possible de transgresser afin de déjouer les attentes des spectateurs.

Évalue ce cours !

 

Des quiz et exercices pour mieux assimiler sa leçon

La plateforme de soutien scolaire en ligne myMaxicours propose des quiz et exercices en accompagnement de chaque fiche de cours. Les exercices permettent de vérifier si la leçon est bien comprise ou s’il reste encore des notions à revoir.

S’abonner

 

Des exercices variés pour ne pas s’ennuyer

Les exercices se déclinent sous toutes leurs formes sur myMaxicours ! Selon la matière et la classe étudiées, retrouvez des dictées, des mots à relier ou encore des phrases à compléter, mais aussi des textes à trous et bien d’autres formats !

Dans les classes de primaire, l’accent est mis sur des exercices illustrés très ludiques pour motiver les plus jeunes.

S’abonner

 

Des quiz pour une évaluation en direct

Les quiz et exercices permettent d’avoir un retour immédiat sur la bonne compréhension du cours. Une fois toutes les réponses communiquées, le résultat s’affiche à l’écran et permet à l’élève de se situer immédiatement.

myMaxicours offre des solutions efficaces de révision grâce aux fiches de cours et aux exercices associés. L’élève se rassure pour le prochain examen en testant ses connaissances au préalable.

S’abonner

Des vidéos et des podcasts pour apprendre différemment

Certains élèves ont une mémoire visuelle quand d’autres ont plutôt une mémoire auditive. myMaxicours s’adapte à tous les enfants et adolescents pour leur proposer un apprentissage serein et efficace.

Découvrez de nombreuses vidéos et podcasts en complément des fiches de cours et des exercices pour une année scolaire au top !

S’abonner

 

Des podcasts pour les révisions

La plateforme de soutien scolaire en ligne myMaxicours propose des podcasts de révision pour toutes les classes à examen : troisième, première et terminale.

Les ados peuvent écouter les différents cours afin de mieux les mémoriser en préparation de leurs examens. Des fiches de cours de différentes matières sont disponibles en podcasts ainsi qu’une préparation au grand oral avec de nombreux conseils pratiques.

S’abonner

 

Des vidéos de cours pour comprendre en image

Des vidéos de cours illustrent les notions principales à retenir et complètent les fiches de cours. De quoi réviser sa prochaine évaluation ou son prochain examen en toute confiance !

S’abonner

Découvrez le soutien scolaire en ligne avec myMaxicours

Plongez dans l'univers de myMaxicours et découvrez une approche innovante du soutien scolaire en ligne, conçue pour captiver et éduquer les élèves de CP à la terminale. Notre plateforme se distingue par une riche sélection de contenus interactifs et ludiques, élaborés pour stimuler la concentration et la motivation à travers des parcours d'apprentissage adaptés à chaque tranche d'âge. Chez myMaxicours, nous croyons en une éducation où chaque élève trouve sa place, progresse à son rythme et développe sa confiance en soi dans un environnement bienveillant.

Profitez d'un accès direct à nos Profs en ligne pour une assistance personnalisée, ou explorez nos exercices et corrigés pour renforcer vos connaissances. Notre assistance scolaire en ligne est conçue pour vous accompagner à chaque étape de votre parcours éducatif, tandis que nos vidéos et fiches de cours offrent des explications claires et concises sur une multitude de sujets. Avec myMaxicours, avancez sereinement sur le chemin de la réussite scolaire, armé des meilleurs outils et du soutien de professionnels dédiés à votre épanouissement académique.

Fiches de cours les plus recherchées

Cinéma

Histoire de l'art

Le journal télévisé

Cinéma

Histoire de l'art

Les séries télévisées

Cinéma

Histoire de l'art

La publicité

Cinéma

Histoire de l'art

Montage et sport

Cinéma

Histoire de l'art

Bazin

Cinéma

Histoire de l'art

Mitry, Metz

Histoire de l'art

Christian Schad

Histoire de l'art

Nouvelle objectivité et Vérisme

Histoire de l'art

George Grosz

Histoire de l'art

Max Beckmann