Antigone : l’auteur et son œuvre - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Antigone : l’auteur et son œuvre

Toutes les références renvoient à l'édition suivante : ANOUILH, Jean, Antigone, La table ronde, 1946, Paris. ISBN 2-7103-0025-7

1. Biographie de Jean Anouilh
a. Une vie consacrée au théâtre
Né à Bordeaux en 1910, il découvre très tôt, à dix-huit ans, sa vocation pour le théâtre, en assistant à une pièce de Jean Giraudoux. Il abandonne alors ses études de droit pour lesquelles il était monté à Paris et passe deux ans dans une maison d'édition, ce qui lui sera formateur puisqu'il reconnaît avoir pris « des leçons de précision et d'ingéniosité ». Il devient ensuite secrétaire de l'acteur Louis Jouvet et rédige ses premières pièces.
   
Après la publication de sa première pièce L’Hermine en 1932, il épouse une jeune actrice et tente de vivre de sa plume après avoir décidé de ne vivre que pour le théâtre.     
b. Succès littéraires et drames personnels
Quelques années plus tard, Le Voyageur sans bagages (1937), Le Bal des voleurs et La Sauvage (1938), Eurydice (1942) et Antigone (1944) le révèlent au grand public. Cette réussite au théâtre dissimule cependant une amertume personnelle que les événements politiques internationaux (notamment la Seconde Guerre mondiale) et des difficultés conjugales viennent accroître. Homme réservé, ses apparitions sont rares et constituent un événement.

Dans les années 1950, il écrit La répétition ou l'amour puni et L'alouette et remporte un triomphe avec Beckett en 1953. Un moment ralentie dans les années 1960, sa production dramatique s'intensifie de nouveau vers 1970 mais son théâtre, devenu trop proche du théâtre de boulevard, a quelque peu perdu les faveurs du public.

Il meurt à Paris en 1987, laissant derrière lui une œuvre théâtrale d'une grande diversité.
c. Un homme engagé et une méditation sur un théâtre éclectique
De pièce en pièce, la tonalité du dramaturge a évolué et il a lui-même classé son théâtre en pièces noires, roses, brillantes, grinçantes, costumées. En effet, Anouilh maîtrise de nombreux registres dramatiques et il passe aisément de la fantaisie au tragique, de la trivialité à l'élégance.

De son théâtre émane le plus souvent un tragique particulier qui est éloigné des conceptions raciniennes et apparaît comme sordide. Il se sent plus proche de Molière, de sa dénonciation féroce de la laideur de la vie et de la fatalité de la médiocrité qui enserre ses personnages.

Cette méditation pessimiste sur la perte de la jeunesse, de la pureté, des illusions, sur la farce du monde a parfois la violence d'un cri et ce, car il assigne au théâtre, comme ses contemporains Cocteau, Giraudoux, Sartre, une fonction éducative : celle d'élever les esprits. Cette fonction sera pleinement assumée par sa pièce la plus engagée, Antigone, écrite en 1944 sous le régime de Vichy, et qui porte un message de résistance masqué pour déjouer la censure grâce au recours du mythe.
2. Anouilh et Antigone
a. Le mythe d'Antigone 
Ecrite en 1943-1944, cette pièce, née dans un contexte de guerre, connaît néanmoins un vif succès auprès des intellectuels résistants et du grand public qui redécouvre avec plaisir le mythe fondateur d'Antigone.

Le sujet de cette pièce est emprunté à la tragédie du poète grec Sophocle (Ve s.av.J.-C.). A la mort de leur père Œdipe, Etéocle et Polynice se disputent le trône de Thèbes et s'entre-tuent. Leur oncle Créon décide d'interdire, sous peine de mort, l'inhumation de Polynice. Antigone, la sœur de ce dernier, brave l'autorité royale en tentant d'ensevelir le corps de son frère laissé à l'abandon. Arrêtée, elle est condamnée à mort.
b. La réécriture du mythe par Anouilh
Comme tout dramaturge reprenant un mythe, Jean Anouilh suit son lointain devancier et, en même temps, s'en écarte : la pièce est située entre tradition et emprunts, renouveau et apports personnels. Le mouvement de la pièce, certaines scènes ainsi que le dénouement sont directement inspirées de Sophocle mais des personnages comme le devin ou le Coryphée disparaissent et d'autres prennent une importance considérable comme le Chœur.
   
Malgré un contexte lointain et les mœurs d'un autre temps, le mythe est très largement actualisé par le biais d'un langage et de références modernes qui rendent cette action contemporaine au point que le quotidien semble engloutir le mythe.
c. 1944 : parution d'une pièce engagée 
Anouilh écrit, pour justifier son Antigone (texte de la collection « La Petite Vermillon ») : « L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite, avec la résonance  de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. »

Antigone n'est donc pas l'exercice de style d'un dramaturge soucieux de réécrire un classique mais bel et bien une pièce engagée aux résonances historiques importantes. Quoi de commun entre la cité de Thèbes du Ve siècle avant Jésus-Christ, et Paris en 1944 ? Un climat que le dramaturge essaie de susciter chez ses contemporains : le refus de l'ordre établi, de la compromission. Antigone brave le pouvoir et devient dans le contexte de la guerre, une héroïne de la Résistance, et même un symbole emblématique.

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