Activités humaines et érosion des sols - Maxicours

Activités humaines et érosion des sols

Objectifs
  • Repérer les zones d’érosion naturelle et les risques associés.
  • Comprendre la notion de risque.
  • Connaitre quelques moyens de prévention mis en œuvre face aux risques associés à l’érosion.
  • Quantifier l’importance des mécanismes d’érosion actuelle et la part liée aux activités humaines.
Points clés
  • Les zones d’érosion sont variées : déserts, littoraux, sols, chaines de montagne, etc.
  • Un risque correspond à un aléa associé à un enjeu.
  • L’activité humaine peut favoriser l’érosion entrainant des risques importants dans certaines zones du globe.
  • Conscient de ses erreurs, l’être humain peut tenter de limiter l’érosion en changeant son comportement.
  • Des mesures d’aménagement spécifiques peuvent limiter les risques encourus par les populations humaines.
Pour bien comprendre

L’érosion se définit comme la dégradation naturelle d’un paysage qui comprend l’altération de la roche et le transport des particules solides et/ou solubles.
Voir les fiches :

  • Évolution des paysages sous l'action de l'érosion
  • L'altération des roches : influence des facteurs exogènes
  • Transports et sédimentation des produits de l’altération
1. Érosion naturelle et notion de risque
a. Les risques liés à l’érosion

L’érosion, via les processus d’altération physique et chimique, modifie les paysages et peut provoquer par exemple un éboulement en montagne ou l’écroulement d’un pan de falaise en bord de mer.

Ces éléments sont appelés des aléas : événements imprévisibles.

Ils peuvent présenter de grands risques pour la population.


Photo d’un éboulement en bord de mer
En géologie, un risque correspond à un aléa associé à un enjeu (exemple : présence d’activités humaines).
b. Minimiser les risques liés à l’érosion naturelle

On peut difficilement lutter contre l’érosion naturelle.

Par contre, on peut limiter les risques en jouant sur les enjeux (mise en place de mesures de protection des populations) et en surveillant les aléas.

Prenons l’exemple d’une zone montagneuse. Si, à cause de l’érosion naturelle, un flanc est fragilisé et est susceptible de s’écrouler, on peut :

  • surveiller l’aléa : observer l’état de la roche (présence de fissures, de végétation), mesurer l’agrandissement des fissures grâce à des extensomètres, évaluer les déplacements des roches grâce à des capteurs spécifiques (accéléromètres) ;
  • réduire les enjeux en évacuant les populations qui vivent près de l’aléa ;
  • mettre en place des filets de protection le long de la zone à risque.

Photo présentant des filets de protection en zone montagneuse
2. L’impact des activités humaines sur l’érosion

Par certaines de ses actions, l’être humain accentue le phénomène d’érosion naturelle.

Par conséquent, il accroit les aléas et peut augmenter les risques pour les populations (éboulements, désertification, inondations, etc.).

Voici quelques exemples d’activités humaines qui accentuent l’érosion naturelle :

  • le tourisme de bord de mer ;
  • une mauvaise gestion des prélèvements des ressources dans le sous-sol ;
  • l’agriculture intensive (utilisation de pesticides, engrais, labourage important, désherbage, etc.) ;
  • la déforestation (action de détruire la forêt au profit d’autres usages comme l’agriculture, l’urbanisation, les activités minières, etc.) ;
  • le bétonnage trop important en ville.
a. L’exemple de l’érosion des littoraux

Un quart du littoral français présente une forte érosion naturelle à cause de l’activité des océans et des mers. On ne peut pas la contrôler.

Actuellement, le trait de côte recule dans certaines régions de plusieurs mètres par an (les plages du sud-ouest de la France par exemple reculent de presque 3 mètres par an).

Dans certaines zones, des habitations de bord de mer se sont déjà écroulées ou sont fortement menacées.


Photo d’un littoral érodé

Cette érosion du littoral est actuellement accentuée par le réchauffement climatique qui provoque une fréquence plus accrue de tempêtes, une fonte des glaces et par conséquent une élévation du niveau marin (3 mm par an en moyenne depuis 30 ans).

L’être humain joue un rôle dans l’accentuation du réchauffement climatique par ses activités (rejet de gaz à effet de serre, par exemple, par les transports, les usines, etc.)

Mais d’autres activités humaines accentuent aussi ce phénomène d’érosion des littoraux :

  • fréquentation touristique élevée ;
  • extraction du sable des dunes en bord de mer ;
  • aménagement excessif du littoral.

L’aménagement excessif du littoral pour le tourisme peut causer un affaissement du sol et donc des éboulements des côtes.

L’extraction de ressources du sous-sol, comme le sable mais aussi l’eau d’irrigation, le gaz, le pétrole, etc., peut conduire à une réduction du volume poreux en profondeur, ce qui conduit aussi à un affaissement du sol en surface.

Enfin, la fréquentation touristique importante sur les littoraux provoque également une érosion (marcher sur la dune provoque sa destruction par exemple).

b. L’exemple de l’érosion du sol

Un sol est une structure meuble superficielle, qui s’est formée très lentement grâce à la transformation de la roche mère du sous-sol au contact de  l'atmosphère et des êtres vivants.

Dans les années 1950, les scientifiques ont décrit les premières manifestations de l’érosion des sols.

Depuis, ce phénomène n’a cessé de s’accentuer. L’eau en est le principal agent : on parle d’érosion hydrique.

Elle commence quand le sol ne peut plus absorber les eaux de pluie parce que la pluie tombe sur un sol déjà saturé ou parce que l’intensité de la pluie est trop forte.

L’eau va alors arracher des particules au sol et, à cause du ruissellement, les emporter. L’érosion hydrique entraine la formation de ravines.

Au cours du temps, le sol peut alors devenir stérile et non exploitable en agriculture. On parle d’un désert.


Photo d’un sol subissant l’érosion hydrique

L’être humain accentue ce phénomène d’érosion du sol avec certaines de ses activités.

Répartition des activités humaines qui accélèrent l’érosion du sol :

  • surpâturage (surexploitation des ressources végétales servant à alimenter les animaux) : 35%
  • déforestation (action de détruire la forêt au profit d’autres usages comme l’agriculture, l’urbanisation, les activités minières, etc.) : 30%
  • agriculture intensive (utilisation importante de pesticides et d’engrais chimiques, labour profond) : 28%
  • industrie (les rejets industriels dans le sol peuvent participer à sa dégradation) : 1%
  • autres (désherbage intensif, exploitation non raisonnée des ressources du sous-sol) : 6%
3. Les actions menées par l’être humain afin de réduire l’impact de ses activités sur l’érosion

Conscient de ses erreurs, l’être humain peut tenter de limiter l’érosion en changeant son comportement.

Des mesures d’aménagement spécifiques peuvent limiter les risques encourus par les populations humaines.

a. L’exemple des littoraux

Pour limiter l’érosion des littoraux, l’être humain a mis en place un certain nombre de mesures comme :

  • interdire les constructions sur le littoral (bande protégée de 100 mètres) ;
  • réhabiliter les dunes : planter des espèces végétales comme l’oyat ;

    Plantation d’oyat pour agir sur la stabilité de la dune
    Grâce à ses grandes racines profondes, l’oyat peut contribuer à la fixation de la dune.
  • interdire la marche sur les dunes et aménager des chemins pour accéder à la plage ;
  • installer des clôtures sur la dune ;

    Clôture permettant de freiner l’érosion de la dune
  • mettre en place des barrières immergées ou émergées (appelées brise-lame) pour dissiper l’énergie de la houle et freiner l'entraînement du sable de la plage vers le large.
b. L’exemple du sol

Des mesures de prévention de l’érosion des sols existent.

Pour limiter l’érosion hydrique, l’être humain peut modifier sa gestion des parcelles de culture.

Exemple

Des scientifiques ont mesuré sur des parcelles de vigne les effets de l’érosion hydrique en fonction de trois techniques différentes de gestion de la parcelle :

  • désherbage total ;
  • enherbement limité ;
  • enherbement total entre les rangs de vigne.

Ils ont mesuré l’érosion hydrique et le ruissellement moyen entre ces rangs de vigne sur une année.

Le tableau présente les résultats de l’étude.

Techniques Désherbage chimique total entre les rangs de vigne Enherbement limité par un herbicide entre les rangs de vigne Enherbement total entre les rangs de vigne
Érosion hydrique moyenne
(en tonnes par hectare et par an)
7 3 1
Ruissellement moyen
(en pourcentage des précipitations annuelles)
35 20 17

L’érosion hydrique et le ruissellement moyen sont bien moins importants si on pratique une culture de vigne en laissant de l’herbe entre les parcelles.

L’herbe permet d’absorber davantage les précipitations et donc de limiter le ruissellement.

Les particules du sol seront alors davantage retenues et le sol moins érodé.

L’enherbement partiel ou total des parcelles de certaines cultures, comme la vigne, est donc une solution pour limiter l’érosion hydrique des sols.

D’autres techniques suivies par l’être humain permettent également de diminuer l’effet de l’érosion des sols.

  • implanter des haies entre les parcelles ;
  • éviter de labourer avant de semer ;
  • réduire l’utilisation des engrais et des pesticides ;
  • pratiquer une agriculture biologique ;
  • exploiter de manière raisonnée les ressources du sous-sol ;
  • limiter le bétonnage en ville ;
  • favoriser le retour de la végétation en ville.

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