Fiche de cours

Y a-t-il une frontière entre l'Homme et l'animal ?

Lycée   >   Premiere   >   Humanité Littérature et Philosophie   >   Y a-t-il une frontière entre l'Homme et l'animal ?

  • Fiche de cours
  • Quiz et exercices
  • Vidéos et podcasts
Objectif
  • Isoler les propriétés spécifiques à l’humanité.
  • Définir la pertinence des frontières établies entre l’Homme et l’animal.
Points clés
  • Comprendre la théorie de l’animal-machine.
  • Savoir identifier les points de continuité et de rupture entre l’animalité et l’humanité.
  • Discuter de l’unité du concept d’animalité.
  • Définir la notion de sentience et celle d’autonomie.
1. Une différence de degré ou de nature ?

L’animal se comprend d’abord comme l’autre de l’Homme, comme ce qui en est distinct. La formation de ce concept est aussi celle d’une catégorie. L’animal serait donc ce qui est privé des qualités humaines et on pourrait y inclure toutes les espèces qui n’en disposent pas.

Aristote distingue dans De l’âme, trois catégories au sein du vivant :

  • L’âme végétative (les végétaux se limitent à celle-ci) qui concerne la nutrition (et la croissance) ainsi que la reproduction.
  • L’âme sensitive (qui est présente chez les animaux) : elle est présente chez les vivants dotés de perception et de sensibilité. À quoi il faut encore ajouter une fonction motrice pour certains, soit la capacité de se déplacer.
  • L’âme intellective qui est propre aux animaux doués de raison, soit l’Homme et qui lui donne la capacité de connaître.

La distinction aristotélicienne suppose une continuité entre les vivants, et les caractéristiques des âmes inférieures se retrouvent dans les âmes supérieures. Par conséquent, les âmes sensitives que l’on trouve chez les animaux intègrent les qualités des âmes végétatives, et la présence de l’âme intellective chez l’Homme suppose aussi celle des deux autres. De surcroît, la notion d’âme est commune à tous les vivants, même si elle n’emporte pas avec elle les mêmes caractéristiques à chaque fois.

Pour René Descartes (1596-1650) au contraire, il y a une coupure ontologique beaucoup plus nette entre l’homme et l’animal. Le corps de l’animal est semblable à une machine, tout comme celui de l’Homme : on pense alors son fonctionnement avec un modèle mécaniste. Le corps de l’animal est semblable à celui d’une machine, mais avec un degré de complexité supérieur, faite de rouages de chair. Ce mécanisme suffit pour rendre raison de ses mouvements, mais aussi de tous ses comportements. Et si parfois il peut sembler témoigner de caractéristiques humaines, comme faire usage de la parole, il ne s’agit là que d’apparence.

Descartes prend ainsi pour exemple, dans la Lettre au Marquis de Newcastle du 23 novembre 1646, les sons émis par une pie qui reproduisent la parole humaine, mais n’en sont que les imitations automatiques.

Car on trouve chez l’Homme une âme adjointe au corps et c’est là ce qui fait toute sa singularité au sein de la nature. Non seulement elle lui octroie le privilège de disposer du libre arbitre, mais en plus, elle lui donne la capacité de penser qui le distingue des animaux : l’homme est libre de construire des pensées dont il est l’auteur. Et l’usage du langage témoigne de la présence de cette capacité en l’Homme qui a la liberté de formuler des discours doués de sens. La raison lui offre la possibilité de relier des idées entre elles de manière cohérente pour répondre aux questions qui lui sont posées.

En somme, la conscience, le libre arbitre, la raison ou encore le langage sont donc bien des caractéristiques de l’Homme car il possède une âme. À l’inverse, les animaux sont soumis aux seuls automatismes du corps.

2. L'animalité de l'Homme en question

Les progrès de la biologie et la réflexion menée autour de la notion d’évolution tout au long du XIXe siècle, vont conduire à repenser la place de l’Homme dans la nature et sa relation aux autres vivants. La théorie de l’évolution de Charles Darwin a, non seulement, pour conséquence de faire descendre l’Homme de la position privilégiée qu’il occupait dans la création mais également de réintégrer l’Homme dans le champ de la nature dont il n’est qu’une partie.

Bien qu’il soit doté de certaines facultés intellectuelles particulières (intelligence abstraite, langage articulé,etc.), l’Homme n’est plus une exception au sein de la nature. C’est un vivant comme les autres, dont l’existence contingente est le produit d’un mécanisme de sélection naturelle jusque-là insoupçonné.

En effet, l’éthologie, comprise comme la science qui étudie les comportements des animaux, peut être étendue aux êtres humains. Cela permet de déceler des réactions qui ont été sélectionnées au cours de l’évolution et qui correspondent à la présence d’une forme d’instinct.

Les pensées de Nietzsche (1844-1900) et Freud (1856-1939) relèvent la présence de tendances biologiques chez l’Homme à persévérer dans l’existence. Cette réhabilitation du corps, dont nous suivons inconsciemment les injonctions, conduit à restreindre l’empire de la conscience et de la raison et à rapprocher l’Homme des animaux.
Toutefois, penser l’animalité de l’Homme ne peut donc se faire que verbalement. Certes, il y a une continuité entre homme et animal qui sont bien des vivants dotés d’une biologie, mais l’humanité possède et conserve ses facultés intellectuelles spécifiques et sa culture qui prolongent en quelque sorte sa nature biologique.
Et à l’inverse, il faut reconnaître aux animaux des capacités cognitives et sensibles jusque-là ignorées si bien que, derrière la notion générique d’animalité, nous devons considérer des espèces distinctes qui se caractérisent par des capacités et aptitudes très différentes, parfois étonnamment plus proches de l’Homme que nous ne pouvons le penser.

3. Les animaux ont-ils des droits ?

Avant de s’intéresser aux droits des animaux, il faut déjà relever que nous n’avons pas spontanément la même considération de leurs besoins. Les représentations de l’animal que nous construisons prennent en effet pour centre l’Homme et ses intérêts. On peut alors identifier plusieurs catégories d’animaux.

  • L’animal sauvage : c’est celui avec lequel nous n’avons pas de contact ou peu et qui évolue dans un milieu distinct du nôtre (cerfs, aigles, lions, etc.).
  • L’animal liminaire : c’est un animal sauvage, mais qui vit à proximité des hommes et auquel nous sommes habitués (ex. renards, taupes, fourmis, etc).
  • L’animal-matière / l’animal-force de travail : il s’agit d’animaux domestiqués par l’Homme et qui sont élevés et utilisés pour des fins humaines (chevaux, boeufs, poules, etc.).
  • L’animal de compagnie : cet animal domestique est “humanisé”, il vit au contact des hommes et devient parfois un membre à part entière du foyer (chats, chiens, furets, etc.).

A chaque fois et pour chacune de ces catégories d’animaux, nous adoptons des comportements différents car nous ne les considérons pas de la même manière et nous ne leur reconnaissons pas les mêmes droits. Parce que nous projetons sur les animaux de compagnie nos pensées que nous les connaissons et leur accordons notre attention, qu’une relation affective interspécifique se crée, nous les protégeons volontiers, alors que nous fermons les yeux sur les conditions de vie d’animaux destinés à être tués pour exploiter la matière de leurs corps. Par ailleurs, nous nous sommes longtemps préoccupés des animaux qui existent dans le champ de la culture, en faisant des objets de droits (par exemple, le droit de propriété), mais tous ceux qui habitent le monde dit naturel pourraient alors être considérés comme nuisibles (car ils contrarient les intentions humaines - c’est souvent le cas de l’animal liminaire) ou bien nous y sommes indifférents, car ils ne jouent aucun rôle immédiat dans nos projets (c’est souvent de cette manière que sont considérés les animaux sauvages).

Par-delà cette délimitation culturellement et historiquement enracinée dans notre monde, il ne faut pas oublier que si la sentience était déjà admise depuis l’Antiquité, la reconnaissance des droits pour les animaux est en revanche récente. On trouve ainsi chez Jeremy Bentham (1748-1632) dans Introduction aux principes de la morale et de la législation (1789) que cette capacité est suffisante pour fonder l’interdiction de faire souffrir inutilement les êtres vivants qui en sont dotés.

Cette notion de sentience est aussi ce qui est au centre de la pensée animaliste de Peter Singer (né en 1946) qui défend une position anti-spéciste. Autrement dit, il refuse de faire des distinctions entre les animaux en prenant pour seul critère, leur appartenance à des espèces différentes. Ce qui a aussi pour conséquence de justifier des catégories au sein des espèces et ainsi qu’une préférence pour l’espèce humaine au détriment des autres.

Or selon Corine Pelluchon (née en 1967) dans Réparons le monde, cette position conduit à dénier aux animaux une certaine forme d’autonomie. Si on veut bien modifier la définition de celle-ci et ne pas la suspendre à la seule présence de la conscience réfléchie et de la raison, alors on peut la comprendre comme une capacité d’autodétermination selon des préférences qui doivent être reconnues et considérées. En ce sens, il faudrait rejeter le paternalisme de l’éthique animale qui veut protéger les animaux comme on protège des enfants en état de faiblesse, pour porter attention à leurs besoins et fonder une éthique de la considération.

Évalue ce cours !

 

Des quiz et exercices pour mieux assimiler sa leçon

La plateforme de soutien scolaire en ligne myMaxicours propose des quiz et exercices en accompagnement de chaque fiche de cours. Les exercices permettent de vérifier si la leçon est bien comprise ou s’il reste encore des notions à revoir.

S’abonner

 

Des exercices variés pour ne pas s’ennuyer

Les exercices se déclinent sous toutes leurs formes sur myMaxicours ! Selon la matière et la classe étudiées, retrouvez des dictées, des mots à relier ou encore des phrases à compléter, mais aussi des textes à trous et bien d’autres formats !

Dans les classes de primaire, l’accent est mis sur des exercices illustrés très ludiques pour motiver les plus jeunes.

S’abonner

 

Des quiz pour une évaluation en direct

Les quiz et exercices permettent d’avoir un retour immédiat sur la bonne compréhension du cours. Une fois toutes les réponses communiquées, le résultat s’affiche à l’écran et permet à l’élève de se situer immédiatement.

myMaxicours offre des solutions efficaces de révision grâce aux fiches de cours et aux exercices associés. L’élève se rassure pour le prochain examen en testant ses connaissances au préalable.

S’abonner

Des vidéos et des podcasts pour apprendre différemment

Certains élèves ont une mémoire visuelle quand d’autres ont plutôt une mémoire auditive. myMaxicours s’adapte à tous les enfants et adolescents pour leur proposer un apprentissage serein et efficace.

Découvrez de nombreuses vidéos et podcasts en complément des fiches de cours et des exercices pour une année scolaire au top !

S’abonner

 

Des podcasts pour les révisions

La plateforme de soutien scolaire en ligne myMaxicours propose des podcasts de révision pour toutes les classes à examen : troisième, première et terminale.

Les ados peuvent écouter les différents cours afin de mieux les mémoriser en préparation de leurs examens. Des fiches de cours de différentes matières sont disponibles en podcasts ainsi qu’une préparation au grand oral avec de nombreux conseils pratiques.

S’abonner

 

Des vidéos de cours pour comprendre en image

Des vidéos de cours illustrent les notions principales à retenir et complètent les fiches de cours. De quoi réviser sa prochaine évaluation ou son prochain examen en toute confiance !

S’abonner

Découvrez le soutien scolaire en ligne avec myMaxicours

Plongez dans l'univers de myMaxicours et découvrez une approche innovante du soutien scolaire en ligne, conçue pour captiver et éduquer les élèves de CP à la terminale. Notre plateforme se distingue par une riche sélection de contenus interactifs et ludiques, élaborés pour stimuler la concentration et la motivation à travers des parcours d'apprentissage adaptés à chaque tranche d'âge. Chez myMaxicours, nous croyons en une éducation où chaque élève trouve sa place, progresse à son rythme et développe sa confiance en soi dans un environnement bienveillant.

Profitez d'un accès direct à nos Profs en ligne pour une assistance personnalisée, ou explorez nos exercices et corrigés pour renforcer vos connaissances. Notre assistance scolaire en ligne est conçue pour vous accompagner à chaque étape de votre parcours éducatif, tandis que nos vidéos et fiches de cours offrent des explications claires et concises sur une multitude de sujets. Avec myMaxicours, avancez sereinement sur le chemin de la réussite scolaire, armé des meilleurs outils et du soutien de professionnels dédiés à votre épanouissement académique.

Fiches de cours les plus recherchées

Humanité Littérature et Philosophie

Y a-t-il des espèces plus dignes que d'autres ?

Humanité Littérature et Philosophie

Philosophes et écrivains végétariens

Humanité Littérature et Philosophie

Moyens de persuasion et figures de rhétorique

Humanité Littérature et Philosophie

Les pouvoirs de la parole

Humanité Littérature et Philosophie

La rhétorique

Humanité Littérature et Philosophie

Les grands rhétoriciens antiques : Isocrate, Cicéron et Quintilien

Humanité Littérature et Philosophie

Les arguments en rhétorique

Humanité Littérature et Philosophie

La séduction des mythes en politique

Humanité Littérature et Philosophie

Le pouvoir médiatique

Humanité Littérature et Philosophie

La représentation