La vérité - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

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La vérité

La philosophie est la recherche de la vérité. Mais qu'est-ce donc que la vérité ? La difficulté réside dans le fait que si nous possédions la vérité, nous n'aurions pas à la chercher, mais que si nous n'avions aucune idée d'elle, nous ne pourrions nous demander ce qu'elle est.
1. La vérité entre réalité et logique
Nous jugeons le plus spontanément qu'une chose est vraie parce que nous en avons été témoin. Mais le réel, source d'illusions, est ce qui m'est présenté alors que la vérité est de l'ordre du jugement qui implique l'usage de la raison. Par cette dernière, on peut en effet conclure logiquement. Cette vérité formelle consiste dans l'accord de la pensée avec elle-même : « l'accord d'une connaissance avec les lois universelles de l'entendement et de la raison » écrit Kant qui ajoute qu'« aucune connaissance ne peut être en contradiction avec cette logique sans perdre aussitôt tout contenu [...], toute vérité » (Critique de la raison pure). Cette exigence de cohérence interne que l'on retrouve dans le discours mathématique est en effet la condition première de la vérité.

Mais dans un raisonnement, on peut déduire logiquement une conclusion fausse si l'une des prémisses est fausse, en désaccord avec la réalité. N'est-ce pas sur ce pouvoir du langage que jouaient les sophistes, parfaits rhéteurs de la cité athénienne qui usaient du langage pour défendre une thèse et son contraire avec le même degré de persuasion ?

La vérité ne peut donc pas se réduire à l'accord de la pensée avec elle-même. Celle-ci doit s'accorder avec la réalité. La vérité devient alors la connaissance rationnelle du réel.

2. Les critères de la vérité
Avec Platon, la vérité se définit au travers de la contemplation des Idées, après une ascension difficile et méthodique. La vérité se construit puis se contemple mais nécessite une dialectique qui part du monde sensible pour mieux s'en éloigner, jusqu'à s'y opposer.

Pour Descartes, la vérité n'est plus à chercher en dehors de l'homme dans une réalité supra sensible mais elle doit se donner, après l'usage méthodique du doute, comme une évidence sur laquelle l'on pourra reconstruire les savoirs. Mais quelle est cette évidence, cette « idée claire et distincte » (Discours de la méthode) ? C'est en poussant le doute jusqu'au bout (le doute hyperbolique) que Descartes est obligé de suspendre son scepticisme pour aboutir à la certitude que s'il y a un sujet qui doute et donc pense, c'est qu'il est : « Je pense donc je suis. » Mais que dire de ce critère d'évidence en matière de science ? « L'évidence première est une erreur première » précise Bachelard (Le Nouvel Esprit scientifique). Il ne saurait y avoir d'évidence dans les sciences expérimentales.

3. Critique des arrières mondes et relativisme moderne
L'approche moderne de la vérité va bouleverser ces conceptions pour proposer de définir le vrai comme production d'a priori de la raison. Avec Kant, nous ne pouvons plus prétendre atteindre la vérité absolue. Ce qui peut faire l'objet du vrai sont les phénomènes (ce qui nous apparaît) et non les noumènes (un réel en soi, absolu, indépendant de mes grilles d'appréhension du monde). Ainsi, le vrai fait l'objet d'une construction de la raison qui part de l'expérience pour y ajouter ses a priori. La vérité devient relative au sujet connaissant et ne peut plus se penser sans la mise à jour des processus mêmes qui permettent de l'élaborer : la connaissance, les sciences.

Avec Nietzsche, la vérité est devenue une maladie de l'homme qui s'invente des arrières mondes (le monde des idées, le monde métaphysique, la vérité absolue...) par besoin de sécurité ontologique et préfère donc ces illusions rassurantes et qui lui permettent d'échapper à une réelle confrontation à l'existence comme prise de risque et créativité : « les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont » (Le Livre du philosophe).

La vérité ne peut plus se penser comme absolue : elle demande une réflexion sur les structures même de l'homme et questionne son rapport constructif au réel. Elle nécessite certes un rapport au réel mais plus précisément une mise en ordre par la raison de ce dernier pour le saisir. Puisque ce n'est plus dans les choses mêmes qu'il faut la chercher, il faut aussi questionner le langage car « vrai et faux sont des attributs de la parole et non des choses » (Hobbes, Le Léviathan). La vérité devient plurielle et se situe à la croisée de l'expérience et de la logique, au cœur du langage mais aussi de l'action.

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