Suis-je ce que mon passé a fait de moi ? - Cours de Philosophie Terminale L avec Maxicours - Lycée

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Suis-je ce que mon passé a fait de moi ?

J’ai aujourd’hui une identité qui m’est propre et qui, me distinguant des autres, révèle mon originalité et ma particularité. Cette identité est le fruit de mon histoire personnelle. C’est la somme des expériences vécues qui a fait de moi ce que je suis maintenant.
Mais mon passé ne détermine pas l'ensemble de mon existence. Je peux, aujourd’hui, à chaque instant, décider de ce que je veux faire de ma vie. Celle-ci est ouverte sur un futur qui est pour moi une page vierge à remplir.
Peut-on dire alors que le passé structure mon identité et détermine, une fois pour toutes, ce que je suis ? Ne pourrait-on pas, au contraire, estimer que le passé joue un rôle second dans la construction de mon identité ?

1. Le passé, condition du présent et de l’avenir
a. Mon histoire personnelle constitue ce que je suis aujourd’hui
Je suis aujourd’hui uniquement défini par la somme de mes expériences passées. L’existence humaine suppose la capacité de retenir le temps dans le souvenir : même si le temps est irréversible, j’ai le pouvoir de le convoquer de nouveau par le biais de ma mémoire. Celle-ci garde des empreintes du passé. Ainsi, même si je suis aujourd’hui adulte, je porte en moi l’image de celui que j’étais enfant : je me souviens de mon enfance, de mes premières expériences, et c’est en fonction de ces souvenirs que je construis mon existence présente.
Ce que j’ai découvert par le passé n’a pas été oublié et je sais que c’est grâce à ce que j’ai vécu que je suis tel que je suis. Que mes choix de vie se soient faits en fonction de mon passé (en tirant des leçons de ce que j’ai vécu), ou par opposition à lui (pour ne pas revivre des expériences douloureuses), dans tous les cas c’est mon passé qui conditionne mes choix présents.
b. Une continuité temporelle
Je vis le temps selon une continuité : ma conscience fait le lien entre mon passé et mon présent. Bergson explique, par exemple, que la conscience est un « trait d’union » entre le passé et le futur : « Sur ce passé nous sommes appuyés, sur cet avenir nous sommes penchés ; s'appuyer et se pencher ainsi est le propre d'un être conscient. [...] La conscience est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir. » (L'Énergie spirituelle, 1, « La conscience et la vie », 1919).
La conscience effectue, en quelque sorte, la synthèse entre le passé et l'avenir : elle relie les moments différents, si bien que, pour moi, aucun moment de mon passé ne m’est totalement étranger. Plus encore, je me reconnais dans l’image de celui que j’ai été. Mon passé fait partie de moi.
c. Le déterminisme temporel
Dire de mon passé qu'il a forgé ma vie présente, c’est lui donner un poids considérable. En effet, si je suis entièrement déterminé par mon passé, et par les événements qui le constituent, c'est reconnaître que je suis privé de liberté. Les psychologues expliquent aujourd'hui qu'un enfant ayant été maltraité pendant son enfance a tendance, une fois devenu adulte, à faire subir à ses propres enfants les sévices qui lui ont été infligés. Cela signifie que notre identité se structure en fonction de certains schémas éducatifs : il peut en effet sembler « normal » à un adulte ayant été maltraité que la relation parent/enfant soit fondée sur la violence. Cet adulte ne cherche pas forcément, comme on pourrait être porté à le croire, à se « venger » de ses parents sur ses propres enfants.
Si mon passé détermine mon présent et même mon avenir, dans quelle mesure suis-je encore libre de choisir mon existence ? Si mon passé commande mon présent, comment puis-je encore aujourd’hui décider de ma vie ?

2. Je ne suis pas déterminé par mon passé
a. La signification que je donne à mon passé est en mon pouvoir
Le passé n’est pas dépassé, mais il continue à faire sens pour moi encore aujourd’hui. C’est l’interprétation que je vais en faire qui va lui donner une force et une signification qu’il n’a peut-être pas en lui-même. En effet, c’est moi qui, après coup, interprète mes expériences passées et leur donne une importance qu’elles n’avaient pas forcément immédiatement.

Mon futur révélera a posteriori, comme le dit Sartre, si la crise mystique vécue à l’adolescence était pour moi passagère ou décisive. Si, par exemple, je décide d'être prêtre, je donnerai rétrospectivement à cette crise d’adolescence un rôle essentiel, alors que je l’oublierai très certainement si ma vie a pris un autre cours. Sartre peut ainsi dire que l'homme est projet : « L'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l'avenir. L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse ou un chou-fleur. [...] L'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être. » (L'existentialisme est un humanisme, 1946). La façon dont je décide d’agir aujourd’hui, les projets que je donne pour ma vie future donnent sens à mon passé. La signification de mon passé n’est pas fixée, elle fluctue au contraire en fonction de mon projet présent, qui lui-même porte sur l’avenir.
b. Tout se joue aujourd’hui
Le présent joue par conséquent un rôle fondamental dans mon existence. Je ne reçois pas mon passé en héritage, mais je le crée aujourd’hui en fonction de mes projets actuels. Je décide maintenant de ce que je veux faire de mon passé. Je peux l’accepter, en assumer la responsabilité, ou au contraire le refuser, ne pas vouloir m’y reconnaître. Même si j’ai passé dix ans de ma vie en prison, je ne suis pas un criminel à vie : je peux décider maintenant de repartir à zéro et de me construire une existence nouvelle qui sera en rupture avec mon passé.
C’est donc moi qui, librement, décide aujourd’hui du sens que je donne à ma vie. L’existence est donc le fruit d’une décision de tous les instants. Même si mon histoire passée peut expliquer ce que je suis devenu, je suis ce que je choisis d’être maintenant et je suis totalement libre par rapport à ce passé.

L'essentiel
Si mon vécu personnel conditionne, dans une certaine mesure, mes choix de vie présents, au sens où je décide de me situer par rapport à ce passé (en accord ou en opposition avec lui), il n'en reste pas moins que c'est moi qui construis mon passé au fil des événements présents et des objectifs futurs que je me fix : le conditionnement du présent par le passé n'équivaut donc pas à un déterminisme.

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Aidez votre enfant à réussir en histoire des arts grâce à Maxicours

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents