Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (1784) - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (1784)

Objectifs : situer l'œuvre dans son contexte ainsi que dans l'ensemble de l'œuvre de l'auteur et en connaître les principales caractéristiques.

 

Le Mariage de Figaro de Beaumarchais s'inscrit dans une trilogie théâtrale qui s'ouvre sur Le Barbier de Séville (1775) et qui s'achève avec La Mère coupable (1792). Après plusieurs années de censure, cette comédie est jouée pour la première fois en 1784 et le public retrouvant Figaro dont il avait suivi les aventures dans Le Barbier assure un succès triomphal à la pièce.
1. Le genre de la pièce
a. « La plus badine des intrigues »
Le Mariage de Figaro est une comédie en cinq actes dans laquelle on retrouve, quelques années plus tard, les principaux personnages du Barbier de Séville. Dans la préface qui précède la pièce dès 1785, l'auteur définit ainsi l'intrigue de sa comédie :
« La plus badine des intrigues. Un grand seigneur espagnol [le comte Almaviva], amoureux d'une jeune fille [Suzanne] qu'il veut séduire, et les efforts que cette fiancée, celui qu'elle doit épouser [Figaro] et la femme du seigneur [la comtesse] réunissent pour faire échouer dans son dessein un maître absolu que son rang, sa fortune, sa prodigalité rendent tout puissant pour l'accomplir. Voilà tout, rien de plus. La pièce est sous vos yeux. »
b. Entre classicisme et nouveauté
Dans Le Mariage de Figaro, Beaumarchais affiche sa fidélité au théâtre classique. Figaro, le valet, est l'émule du Scapin rusé de Molière, l'intrigue du mariage est un moteur courant de ce genre théâtral, et les règles d'unité de lieu, de temps, et d'action sont respectées.

Cependant l'auteur choisit une dramaturgie complexe, foisonnante, et en quelque sorte nouvelle : il met en scène de très nombreux personnages, introduit un nombre incroyable de péripéties et d'intrigues parallèles et utilise tous les procédés dramatiques et comiques liés au travestissement, au quiproquo et au mensonge. Mais c'est surtout parce qu'il approfondit le champ des sentiments, qu'il évoque les élans du cœur et les déceptions de la conscience et qu'il donne à ses personnages une grande profondeur psychologique que Beaumarchais renouvelle avec Le Mariage de Figaro le genre de la comédie.

 

c. Une folle journée

Cette journée est folle par la vivacité de ces intrigues, son rythme endiablé et la maîtrise avec laquelle l'auteur, en bon horloger, enchaîne les différentes péripéties. Beaumarchais définit lui-même la complexité de sa pièce, à travers le thème d' imbroïlle ou imbroglio qui renvoie à l'enchevêtrement des fils de l'intrigue que l'auteur noue et dénoue avec une habilité extrême.

Pour se repérer dans cet écheveau, nous pouvons dégager d'une part les différentes intrigues, d'autre part les alliances entre les différents personnages, et enfin rappeler les éléments principaux de l'intrigue. Nous dégageons trois intrigues principales :

- Au centre de la pièce s'opposent le maître, le comte Almaviva, et son valet, Figaro : le comte désire la fiancée de Figaro, mais Suzanne aime Figaro et repousse le comte.
- La comtesse Almaviva veut reconquérir l'amour de son mari.
- Marceline, l'intendante du château, de son côté, est amoureuse de Figaro et veut l'épouser.

Ces trois intrigues liées constituent la trame de la pièce.
Mais s'ajoutent à celles-ci d'autres intrigues moins centrales qui concernent les personnages secondaires et mettent en jeu Marceline, Bartholo, Antonio, Bazile et Chérubin.

- Bartholo épousera-t-il Marceline, la mère de son fils ?
- Bazile se mariera-t-il avec Marceline ?
- Fanchette va-t-elle céder aux avances du Comte ou celles de Chérubin ?
- Antonio acceptera-t-il de donner sa nièce, Suzanne, à Figaro, "ce fils de personne" ?

On peut résumer le jeu des alliances et des oppositions par le schéma suivant :

2. Résumé de la pièce
 Acte I
Figaro, serviteur du Comte Almaviva, a contracté des dettes auprès de Marceline à qui il a promis le mariage s’il ne parvenait à la rembourser. Mais il est sur le point d’épouser Suzanne, la camériste de la Comtesse. Le Comte, de son côté, tente de rétablir le droit de cuissage pour profiter de la jolie Suzanne qui n’entend pas se laisser faire.

Acte II
Suzanne et la Comtesse s’allient pour déjouer les ruses du Comte. Pendant ce temps, un jeune et joli page, Chérubin, commet quelques maladresses dues à son âge et à sa candeur, ce qui lui vaut la rancœur du Comte.

Acte III
Le Comte veut se venger de Suzanne qui refuse ses avances en favorisant Marceline dans l’exécution de la dette de Figaro. Il veut donc l’obliger à épouser celle-ci. Mais c’est alors que Marceline découvre qu’elle est la mère de Figaro !

Acte IV
Suzanne et la Comtesse n’en ont pas fini avec le Comte : afin de le remettre dans le chemin de la fidélité, elles complotent un rendez-vous nocturne, dans lequel la Comtesse prendra la place de Suzanne, pour surprendre le Comte en flagrant délit et l’amener à avouer sa faute.

Acte V
Figaro est averti de ce rendez-vous, mais il croit que sa future épouse s’apprête à succomber aux avances du Comte. Il se rend alors sur le lieu de la mascarade, ce qui donne lieu à une série de quiproquos puis de reconnaissances : Figaro, après avoir été berné par les apparences, prend conscience de l’amour de Suzanne à son égard. Quant au Comte, il est publiquement démasqué et finit par implorer la Comtesse de lui pardonner ; Suzanne et Figaro peuvent enfin se marier !

De la gaieté avant tout
Si les enjeux sont sérieux, cette folle journée se déroule dans la gaieté et la pièce de Beaumarchais offre toute la palette des registres et des ressorts du comique. On y trouve :
- le comique de situation et en particulier l’utilisation du personnage caché (par exemple, lors de la scène du fauteuil I, 8 et 9, derrière lequel se cachent tour à tour Chérubin et le Comte),
- le comique de gestes (par exemple, les soufflets donnés ou reçus à l’acte final, avec en plus méprise sur la personne : le Comte croit souffleter le page, mais c‘est Figaro qui reçoit le soufflet, V,7),
- le comique de caractères (par exemple, le bégaiement du juge Brid’oison à l’acte III),
- le théâtre dans le théâtre (les déguisements entraînent une série de quiproquos à l’acte V et les acteurs se plaisent à contrefaire les autres personnages I, 7 ou V ,8 ),
- le comique de mots (Figaro excelle dans l’art de la répartie et du bon mot, de manière parfois gratuite comme lors de la tirade de Goddam, pur moment de fantaisie verbale, III, 5).

La gaieté apparaît comme le registre dominant de la pièce qui se termine par un vaudeville dont le derniers couplet s’achève sur ce vers : « Tout finit par des chansons ». La gaieté devient même une philosophie de vie : « je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer », affirmait Figaro dans Le Barbier de Séville. Quant à Suzanne, Figaro la décrit ainsi : « La charmante fille !toujours riante, verdissante, pleine de gaieté, d’esprit, d’amour et de délices ! »

3. Maîtres et valets : une pièce aux accents révolutionnaires
a. Les maîtres
Le comte Almaviva est le représentant de l'aristocratie et de ses privilèges. Il règne en maître sur son château et possède le pouvoir juridique puisqu'il préside le tribunal à la scène 15 de l'acte III. Libertin, il courtise toutes les femmes mais surtout Suzanne, pour laquelle il veut restaurer un ancien droit du seigneur, le droit de cuissage. Il n'en est pas moins jaloux, et c'est ce sur quoi va jouer la comtesse pour reconquérir son mari. Malgré tous ses défauts, son côté séducteur et sa tyrannie, le personnage d'Almaviva fait preuve d'intelligence et de répartie mais trouve en Figaro, son valet, autrefois son adjuvant et confident, un redoutable rival.
La comtesse est dans la pièce l'épouse délaissée et vertueuse qui veut reconquérir l'amour et le bonheur : pour cela elle est aidée par sa servante, Suzanne.
b. Les valets
Suzanne est la servante dévouée de la comtesse ; elle est au cœur des deux intrigues principales : Figaro veut l'épouser et le comte la séduire. C'est une femme vive et intelligente qui fait preuve d'une grande bienveillance à l'égard de la comtesse qu'elle protège et console. Elle est pour celle-ci une confidente, une amie et une alliée.

Figaro est un personnage à part entière doté d'une grande profondeur psychologique. Déjà présent dans Le Barbier de Séville, il accède ici au statut de personnage principal. L’évocation de son passé, la découverte de ses parents lui confèrent une épaisseur psychologique qui l’éloigne du valet stéréotypé de la comédie, même s’il garde encore quelques traits de l’Arlequin ou du Scapin de la commedia dell’arte, comme la ruse et le goût pour l’intrigue.

Proche de Beaumarchais, par sa vie picaresque et son énergie vitale, il apparaît comme le porte-parole de son auteur. Il incarne ainsi les aspirations de la bourgeoisie montante par sa quête d’une autonomie financière, sa revendication à un bonheur conjugal et sa volonté d’être reconnu pour son mérite. Beaumarchais place dans la bouche de son valet les principales critiques contre « une foule d’abus qui désolent la société » (Préface). Ainsi, Figaro critique aussi bien la politique, confondue avec l’intrigue (III, 5), que la justice, dont il stigmatise la corruption ( III, 15) que la censure ( « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur »V, 3).

Mais Le Mariage de Figaro apparaît surtout comme une critique de l'ordre social établi. L'affrontement entre le valet, Figaro, et son maître, le comte Almaviva, symbolise l'opposition entre l'aristocratie privilégiée et une bourgeoisie qui voudrait par son mérite obtenir une place dans la société (Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie). Figaro réussit, grâce à son intelligence, à inverser l'inégalité sociale.

 

L'essentiel

Le Mariage de Figaro est une comédie qui fait suite au Barbier de Séville. Son intérêt est de présenter, à travers une dramaturgie foisonnante d'intrigues, une critique virulente de la société de la fin du XVIIIe siècle, dont l'inégalité et l'injustice sont mises en scène à travers le couple maître-valet formé par Figaro et le comte Almaviva.

Louis XVI avait bien compris la portée révolutionnaire de la pièce, lui qui aurait dit, après la lecture de la pièce : C'est détestable ! cela ne sera jamais joué, il faudrait détruire la Bastille pour que la représentation de cette pièce ne fut pas une inconséquence dangereuse ; cet homme joue tout ce qu'il faut respecter dans le gouvernement.

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