Beaumarchais, Le Barbier de Séville (1775) - Cours de Français avec Maxicours

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Beaumarchais, Le Barbier de Séville (1775)

Objectifs 
Situer l'œuvre dans son contexte ainsi que dans l'ensemble de l'œuvre de l'auteur et en connaître les principales caractéristiques.
Le Barbier de Séville (1775) est le premier volet de la trilogie théâtrale de Pierre Caron de Beaumarchais (1732-1799) : elle comporte en outre la comédie Le Mariage de Figaro (1784) et le drame La Mère coupable (1792) et retrace les aventures d'un valet, Figaro, et de son maître, le comte Almaviva.

Après s'être essayé sans succès au drame, le dramaturge se lance dans le genre comique auquel il tente de donner un nouveau souffle : ainsi en 1781, il écrit au baron de Breteuil :

« J'ai tenté dans Le Barbier de Séville, de ramener au théâtre l'ancienne et franche gaieté en l'alliant avec le ton léger, fin et délicat de notre plaisanterie actuelle. »
1. Le genre de la pièce
a. Une comédie d'intrigue
À l'origine, Le Barbier de Séville était un opéra-comique que Beaumarchais transforma en une comédie en cinq actes, puis en quatre actes.

Beaumarchais définit ainsi l'intrigue dans la préface qui accompagne dès 1877 sa pièce :

« Un vieillard amoureux [Bartholo] prétend épouser demain sa pupille [Rosine] ; un jeune amant [le comte Almaviva] plus adroit le prévient, et ce jour même en fait sa femme à la barbe et dans la maison du tuteur ».

Il met en valeur le rôle central du valet du comte, Figaro, en ajoutant :

« Figaro le barbier s'est bien moqué de Bartholo, le médecin, en aidant un rival à lui souffler sa maîtresse. »
b. Une pièce « classique »
Dans Le Barbier de Séville, Beaumarchais se montre respectueux des règles de la dramaturgie classique. Séville et la maison de Bartholo sont les seuls lieux de l'action. Cette dernière dure une journée et son enjeu est la conquête de Rosine par le comte Almaviva.

De même, la pièce reprend le fonds commun de la comédie d'intrigue. En mettant en scène un vieillard dupé et trompé par des amants triomphants, le dramaturge s'inspire du canevas classique que Molière avait déjà utilisé en 1662 dans L'Ecole des femmes.

Enfin, le couple maître-valet, constitué de Figaro et du comte, est un héritage du 17e siècle et fait penser à celui que forment Scapin et Géronte dans Les Fourberies de Scapin (1671), ou à Sganarelle et Dom Juan dans la pièce du même nom (1665).
2. La pièce : « une espèce d'imbroille »
a. La structure de la pièce
Beaumarchais dit lui-même dans la préface de sa comédie qu'elle est « une imbroille », c'est-à-dire un imbroglio, situation confuse où se succèdent actions et contre-temps qui font sans cesse rebondir l'intrigue.

Voici un tableau qui montre la structure de la pièce et ses nombreuses péripéties.

L'action Les contre-temps qui font rebondir l'intrigue
Acte I
Le dispositif d'assaut est mis en place sous la fenêtre de Rosine par le compte Almavilla (déguisé en Lindor et son allié Figaro Le mariage de Bartholo avec Rosine est fixé au lendemain (I, 5).
 
Acte II
Première attaque : Almaviva alias le cavalier Lindor est repoussé. Bartholo présente au cavalier-Almaviva un brevet l'exemptant de logement (II, 14).
   
Acte III
Deuxième attaque : Almaviva, sous le déguisement du bachelier Alonzo, s'introduit auprès de Rosine et progresse. Bazile survient à l'improviste (III, 11) et Bartholo surprend le manège entre Alonzo-Almaviva et Rosine.
   
Acte IV
 
Troisième attaque : le statégème est dévoilé mais réussit pourtant ; Almaviva épouse Rosine.
Rosine dévouvre le plande Lindor-Almaviva à Bertholo (IV, 3). L'échelle qui devait aider Almaviva et Figaro à s'introduire dans la maison a disparu et la porte est fermée (IV, 6).
b. Le schéma actantiel de la pièce
Rosine est l'objet de toutes les convoitises : mus respectivement par l'amour et l'intérêt, le comte Almaviva et Bartholo vont s'affronter pour épouser la jeune fille. Se dessinent alors deux camps : celui d'Almaviva qui représente la jeunesse amoureuse et qui est aidé par son valet, Figaro, et celui de Bartholo, le vieux barbon, soutenu par un Bazile cependant trop vénal pour être un homme de confiance.

Mais le dénouement heureux de la comédie assure évidemment le triomphe de la jeunesse et de l'amour ! Et Figaro de donner la leçon de la pièce : « quand la jeunesse et l'amour sont d'accord pour tromper un vieillard, tout ce qu'il fait pour l'empêcher peut bien s'appeler à bon droit la précaution inutile » (titre significatif du morceau de musique chanté par Rosine).
3. Maître et valet
a. Figaro
Beaumarchais présente dans la préface son héros :

« Figaro le barbier, beau diseur, mauvais poète, [...] et jadis valet de chambre du comte ; établi dans Séville, y faisant avec succès des barbes, des romances, et des mariages [...], la terreur des maris, la coqueluche des femmes. »

Ce personnage gai est le roi de l'imbroglio, jouant de toutes les ruses pour faire triompher l'amour : il est « le machiniste [...], un drôle de garçon, un homme insouciant, qui rit également du succès et de la chute de ses entreprises ».

Figaro devient un véritable personnage racontant dès l'acte I sa malheureuse destinée et diffère bien de l'Arlequin de la tradition comique : l'auteur lui donne une grande profondeur psychologique et lui prête même des considérations philosophiques (« Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer. »)

À travers ce personnage, il donne un tour satirique à la comédie. On trouve en effet dans certaines de ses répliques une critique moqueuse de la société de l'époque. Figaro attaque ainsi « la république des lettres » dominée par la censure et les cabales, mais il dénonce aussi les abus de pouvoir des grands et stigmatise la noblesse qui méprise le peuple et qui croit que le rang donne le mérite.
b. Figaro et son maître
Les rapports entre le valet et le maître sont cordiaux : Figaro est le confident et l'adjuvant d'Almaviva, comme en témoigne le début de l'acte I qui consacre leurs retrouvailles chaleureuses et la proposition d'aide de Figaro. S'il n'existe pas de rivalité entre les deux personnages, comme cela sera le cas dans Le Mariage de Figaro, le valet profère néanmoins quelques critiques à l'encontre des grands dont fait partie Almaviva : aux défauts que lui impute le Comte, Figaro rétorque : « Aux vertus qu'on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets ? »
L'essentiel
Le Barbier de Séville de Beaumarchais est une comédie en quatre actes qui met en scène une intrigue amoureuse classique. Si le dramaturge inscrit sa pièce dans la tradition des comédies traditionnelles, il cherche à renouveler le genre en donnant à ses personnages une plus grande profondeur psychologique et en introduisant des critiques sur l'ordre social établi.

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