Les impacts des résistances bactériennes sur la santé publique - Maxicours

Les impacts des résistances bactériennes sur la santé publique

Objectifs
  • Définir la notion d’antibiorésistance.
  • Comprendre les mécanismes à l’origine de la résistance naturelle des bactéries.
  • Comprendre les mécanismes à l’origine de la résistance acquise des bactéries.
  • Comprendre le principe de la conjugaison bactérienne.
  • Comprendre le rôle de la sélection naturelle dans l’émergence de formes bactériennes antibiorésistantes.
  • Comprendre les processus à l’origine de la propagation des bactéries antibiorésistantes dans une population.
  • Identifier les comportements individuels et collectifs à adopter afin de limiter l’émergence des bactéries antibiorésistantes.
Points clés
  • La surconsommation d’antibiotiques au XXe siècle a conduit à l’émergence de nombreuses souches de bactéries antibiorésistantes par le biais de la sélection naturelle.
  • Les bactéries antibiorésistantes peuvent proliférer malgré la présence d’antibiotiques dans leur environnement.
  • Ces résistances peuvent être naturelles, soit parce que les bactéries ne présentent pas la caractéristique ciblée par l’antibiotique, soit parce qu’elles possèdent un gène de résistance, ou bien acquises, par mutation de la caractéristique biologique ciblée, ou par conjugaison bactérienne.
  • La conjugaison bactérienne est un mécanisme de transfert d’une portion d’ADN d’une bactérie à une autre par contact direct. Une bactérie peut ainsi transmettre son gène de résistance à une bactérie sensible.
  • Cela pose un réel problème de santé publique et impose de nouveaux comportements individuels et collectifs visant à limiter l’émergence de ces formes résistantes de bactéries. Il est important de limiter l’usage des antibiotiques aux seules infections bactériennes, et de réaliser un test permettant d’identifier le profil de sensibilité des bactéries, comme un antibiogramme, afin de cibler au mieux le traitement.
Pour bien comprendre
  • Les êtres unicellulaires procaryotes
  • Les mutations
  • La sélection naturelle
  • Le mode d’action des antibiotiques
  • L’origine de la résistance des bactéries aux antibiotiques

Les antibiotiques sont des molécules qui agissent de façon spécifique sur les bactéries. Leur spectre d’action est large. Ils peuvent perturber la synthèse de la paroi ou de la membrane plasmique des bactéries, ou encore bloquer certaines voies métaboliques nécessaires à la survie des cellules.

L’usage excessif des antibiotiques après leur mise sur le marché durant la deuxième moitié du XXe siècle, aussi bien chez l’Homme que chez les animaux d’élevage, a conduit à l’émergence de formes de bactéries antibiorésistantes. Certaines sont mêmes multirésistantes.

Ceci pose un réel problème de santé publique à l’échelle mondiale, puisqu’il n’est pas possible d’éliminer les bactéries résistantes. De fait, il est impossible d’empêcher leur propagation au sein de la population.

1. Les mécanismes à l’origine de l’antibiorésistance des bactéries

Il y a deux origines à l’antibiorésistance des bactéries : la résistance naturelle et la résistance acquise.

a. La résistance naturelle

Une bactérie peut être résistante à un antibiotique car elle n’exprime pas la caractéristique biologique que cible cet antibiotique.

Exemple
La pénicilline s’attaque à la paroi bactérienne. Les bactéries dépourvues de paroi n’y sont donc pas sensibles.

Il existe aussi dans la nature des bactéries naturellement résistantes à certains antibiotiques car elles possèdent sur leur chromosome bactérien un gène de résistance.

Les bactéries ont la possibilité de se transmettre une partie de leur génome par un mécanisme propre aux procaryotes appelé la conjugaison bactérienne. Il s’agit d’un transfert d’ADN permis par un contact direct entre la bactérie donneuse et la bactérie receveuse. De cette manière, le gène de résistance développé naturellement par certaines bactéries peut se propager aux autres bactéries.


La conjugaison bactérienne
b. La résistance acquise

Cette forme de résistance concerne les bactéries qui sont normalement sensibles aux antibiotiques mais qui y deviennent résistantes à la suite de leur utilisation. Ce nouveau phénotype peut résulter soit de la mutation d’un gène qui modifie la cible normale de l’antibiotique, le rendant inefficace, soit de l’acquisition d’un gène de résistance par conjugaison bactérienne (voir a. La résistance naturelle).

2. La propagation des bactéries résistantes
a. À l’échelle d’un individu

Lorsqu’un individu est contaminé par une souche bactérienne et qu’il est traité par un antibiotique, ce dernier va cibler les bactéries sensibles et les tuer. Si l’une de ces bactéries acquiert par hasard la capacité de résister à l’antibiotique, sa prolifération sera favorisée dans cet environnement du fait de la mort des autres bactéries. C’est le concept de sélection naturelle qui s’applique. Les êtres les plus avantagés dans l’environnement se multiplient préférentiellement.

Ce processus peut aussi concerner les bactéries de la flore bactérienne qui, en devenant résistantes, peuvent proliférer et se propager au reste de la population par le biais des déjections, des eaux usées ou lors d’une hospitalisation.

b. À l’échelle d’une population

L’INSERM estimait en 2018 que 70 000 personnes meurent chaque année d’infections dues à des bactéries résistantes dans le monde, dont 25 000 en Europe.

Chaque individu porteur de bactéries résistantes à un antibiotique a la possibilité de les transmettre à son entourage. Par ce processus, de plus en plus d’individus peuvent être infectés par une souche bactérienne résistante aux antibiotiques.

C’est dans le milieu hospitalier que ce risque devient le plus important. On parle alors de maladies nosocomiales contre lesquelles il est difficile de trouver un traitement efficace.

La propagation de souches résistantes est renforcée par de nombreux modes de vie :

  • La consommation d’aliments d’origine animale traités aux antibiotiques et potentiellement porteurs de souches résistantes ;
  • Le développement du tourisme médical qui favorise la propagation des bactéries résistantes à l’échelle mondiale ;
  • La surconsommation d’antibiotiques dans certains pays, comme la France.
3. Les politiques de prévention

Étant donné le nombre d’individus concernés et les risques croissants de mortalité pour la population, l’antibiorésistance est devenue un problème de santé publique majeur.

Il n’est pas possible d’éliminer les bactéries antibiorésistantes. Toutefois, des politiques de prévention visant à limiter l’émergence et la propagation de nouvelles bactéries antibiorésistantes sont mises en place.

La première mesure consiste à restreindre la consommation d’antibiotiques aux seuls cas d’infections bactériennes. De plus, il paraît essentiel de réaliser en amont du recours à un antibiotique à des antibiogrammes, afin de choisir l’antibiotique le plus pertinent et de limiter l’usage des antibiotiques à large spectre. La durée du traitement doit aussi être adaptée et limitée dans le temps.

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