Les Anciens et les Modernes - Cours de Français avec Maxicours

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Les Anciens et les Modernes

Objectif : connaître les courants majeurs de l'histoire littéraire du XVIIe siècle.
A la fin du XVIIe siècle, une querelle oppose en littérature les partisans de l'esprit moderne aux défenseurs de l'Antiquité.
1. Les étapes de la querelle
La querelle s'enracine précisément autour de la question du merveilleux : en effet, par réaction contre l'abus du merveilleux païen dans la littérature épique, certains, tel Desmarets de Saint-Sorlin dans ses préfaces de Clovis (épopée chrétienne de 1657), des Délices de l'Esprit (1658), de Marie-Madeleine (1669) et de sa Défense du Poème héroïque (1674), défendirent l'idée de la supériorité du merveilleux chrétien inspiré de la Bible et de l'histoire religieuse. Le détracteur de cette nouveauté fut en particulier Boileau qui, dans son Art Poétique (1674), défendit le charme du merveilleux païen et de la mythologie comme appartenant seule au domaine littéraire.

A la suite de Desmarets, Charles Perrault (le futur auteur des Contes, 1697) reprit le flambeau de la défense des « Modernes » et de la libération de la littérature de l'influence antique. En 1687, il présente à l'Académie un vaste poème, Le Siècle de Louis le Grand, dans lequel il critique ouvertement les Anciens. Boileau lui réplique, soutenu par La Fontaine et La Bruyère notamment. Les « Modernes » contre-attaquent dans leur journal Le Mercure Galant. Fontenelle vient à leur secours en soutenant la thèse du progrès dans son ouvrage : Digression sur les Anciens et les Modernes (1688), et Perrault rassemble ses arguments dans ses Parallèles des Anciens et des Modernes (1688-1690-1692). Boileau poursuit la bataille en publiant l'Ode pindarique sur la prise de Namur (1693) qu'il fait précéder d'un discours où il défend les mérites des Anciens et expose sa doctrine de l'imitation. En 1694, il écrit encore la Satire X contre les femmes, qui soutiennent les Modernes.

Finalement la querelle s'apaise et les deux adversaires se réconcilient. Vingt ans plus tard, elle renaîtra néanmoins quand Mme Dacier défendra Homère contre ses traducteurs infidèles.

2. La thèse des Modernes
Charles Perrault refuse d'admirer immodérément les Anciens quand, à ses yeux, Louis XIV vaut mieux que Périclès ou Auguste. Il souligne la faiblesse des Anciens quand les récentes découvertes scientifiques, notamment l'invention du microscope et du téléscope, rendent obsolètes la physique de Platon. Fontenelle le soutient précisément de ce point de vue. Ainsi, si les savants se sont libérés d'une autorité des Anciens, devenue un obstacle au progrès, les artistes doivent à leur tour gagner leur indépendance et faire davantage confiance à la Raison, mise en lumière par Descartes en particulier. L'idée de progrès, notamment dans les techniques, est fondatrice de l'esprit moderne. C'est pourquoi, pour les Modernes, leur connaissance supérieure des règles de l'art, en peinture et en sculpture par exemple, les rendent supérieurs aux Anciens.
3. La position des Anciens
Les défenseurs des Anciens, qui comptaient parmi les plus grands écrivains du siècle, ne formulent pas leurs arguments sur le plan théorique comme les Modernes, mais sur le plan pratique de leurs préoccupations d'écrivains. Pour eux, l'Antiquité a tout à nous apprendre en matière d'art et de littérature dont la mythologie doit demeurer la principale source d'inspiration. Ainsi les Anciens doivent servir de modèles afin de ne pas tomber dans les erreurs de la littérature mondaine marquée par la préciosité. L'imitation n'enlève rien selon eux à l'originalité et au génie de l'écrivain. Pour Boileau, la véritable modernité doit être cherchée dans les sources anciennes.
4. Bilan et perspectives
La querelle des Anciens et des Modernes doit surtout être comprise comme le signe et les prémisses de mutations majeures : en littérature parce qu'elle impose les écrivains de la génération de Louis XIV comme les nouveaux « classiques » à la place des Grecs et des Latins et parce qu'elle répand des genres nouveaux comme le dialogue, le dictionnaire, les lettres, etc. Ainsi, la pensée moderne devra s'affirmer à travers la richesse de nouvelles formes littéraires, ce que ne manqueront pas de faire les générations suivantes.

Les changements concernent aussi la pensée qui, au nom de la raison, s'émancipe des autorités morales ou religieuses. En effet, les découvertes scientifiques de Descartes ou celles de Pascal ont montré la primauté de la raison sur le respect stérile de l'autorité des Anciens, justifiant aussi la croyance au progrès. Cet esprit critique domine la fin du siècle et prépare le terrain de la philosophie des Lumières.

L'essentiel

La querelle des Anciens et des Modernes oppose à la fin du XVIIe siècle les partisans du progrès, au nom de la Raison, aux défenseurs de l'Antiquité comme seul exemple digne des arts et de la littéraure. Les héros de cette bataille sont notamment Charles Perrault qui proclame la supériorité du siècle de Louis XIV sur celui d'Auguste ou de Périclès, et Boileau qui voit dans l'imitation des Anciens la seule voie de l'expression littéraire.
Cette querelle est importante dans l'histoire littéraire dans la mesure où elle engage les écrivains et les penseurs sur le chemin des Lumières qui s'épanouiront grâce à elle au siècle suivant.

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