La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes - Cours d'Histoire avec Maxicours

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La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes

L'entrée dans la Seconde Guerre mondiale achève de manière violente le processus de montée en puissance des totalitarismes, engagé dès la fin du premier conflit. Cette deuxième guerre est comme la première : une guerre totale (voir fiche Une guerre totale). Mais un élément nouveau s'y ajoute : la volonté d'anéantissement du camp adverse.

Cet objectif, en parallèle de l'idéologie du régime nazi, conduit le IIIe Reich à la mise en œuvre d'un projet d'extermination de tous ceux qui représentent une menace pour l'ambition de faire triompher une race aryenne pure.
1. La guerre d'anéantissement et les premières étapes du processus du génocide
a. L'objectif d'une victoire totale
À la différence de la Première Guerre, la Seconde se caractérise par un engagement entier des populations dans le conflit. Celui-ci frappe autant, voire plus, les civils que les militaires. Les civils constituent des cibles à part entière comme en témoignent le mitraillage des routes de l'exode après la défaite française de 1940, les massacres de populations comme celui d'Oradour-sur-Glane perpétré le 10 juin 1944 par la Waffen-SS et qui fait 642 victimes.

Plus largement, ce sont les villes qui sont touchées. Elles constituent des cibles en tant que telles dans le cadre de la Blitzkrieg, la guerre éclair, menée par l'Allemagne dès septembre 1939, mais aussi par les Alliés dans le cadre de la reconquête de l'Europe. Les bombardements sur les villes anglaises durant la bataille d'Angleterre sont particulièrement dévastateurs tout comme celui sur les villes allemandes à la fin de la guerre. Dans la nuit du 13 au 14 février 1945, 7 000 tonnes de bombes incendiaires sont déversées sur la ville de Dresde la détruisant en grande partie et faisant plus de 35 000 victimes. La logique de victoire totale s'illustre enfin par les bombardements atomiques menés par les Américains sur les villes japonaises d'Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945 faisant plus de 200 000 morts.

Doc. 1. Maquette représentant la ville d'Hiroshima
après la bombe atomique de 1945

Si les populations subissent de plein fouet les affrontements et les opérations militaires conventionnels, elles deviennent également malgré elles la cible d'enjeux idéologiques.
b. La mise en place du système concentrationnaire
Le totalitarisme nazi a pour projet de façonner un homme nouveau, pur, reflet du national-socialisme. La pureté raciale impose l'élimination de tous ceux qui sont estimés inférieurs. En parallèle à une terrible répression contre les ennemis politiques et les asociaux, deux catégories sont considérées comme des « sous-hommes » – Untermenschen – qui menacent de corrompre la race : les Tziganes et les Juifs. À ces catégories, il convient d'ajouter ceux qui, dans le panthéon racial nazi, sont à peine plus que des « sous-hommes » : les Slaves, aux dépens desquels doit être menée l'expansion territoriale en Europe continentale pour garantir au Reich allemand son espace vital, le Lebensraum.

Dès 1933, la police politique ouvre les premiers camps de concentration à Dachau et Oranienburg. Ces camps sont destinés à recevoir les opposants ainsi que tous les individus considérés comme dangereux pour le régime. Les prisonniers y sont astreints au travail forcé.

Ces camps se multiplient en Allemagne ou dans les pays annexés entre 1937 et 1941 et rassemblent donc des déportés résistants et politiques ainsi que des déportés qualifiés de « raciaux ». Ce système concentrationnaire devient insuffisant, avec la guerre, pour répondre aux objectifs de purification envisagés par les nazis.
c. Des ghettos à la mise en place de la solution finale
Après la défaite et l'occupation de la Pologne, les Juifs polonais sont enfermés dans des ghettos, tel celui construit en 1940 en plein Varsovie. Près de 450 000 Juifs vont s'y entasser dans des conditions de vies inhumaines, avec officiellement deux kilos et demi de pain noir par personne et par mois. Ces ghettos reçoivent également la majeure partie des Juifs du Reich et des pays annexés. Ils entament déjà, par le travail forcé, les privations et les maladies, le processus d'extermination.

Doc. 2. Deux enfants dans le ghetto de Varsovie en 1941

L'invasion du territoire soviétique le 22 juin 1941, l'opération Barbarossa, constitue un tournant majeur dans l'organisation de ce processus. Les Juifs soviétiques constituent une double menace selon les Nazis : celle liée à leur religion mais aussi par le fait qu'ils puissent diffuser le communisme. Dès juin 1941, les tueries systématiques des cadres communistes et des Juifs sont menées par des troupes spécialisées, recrutées parmi les SS de confiance : les Einsatzgruppen. Ces troupes feront à elles seules près d'un million de victimes. On parle de génocide par balles.

Quelques semaines après l'invasion de l'URSS, la décision de mettre en œuvre la « Solution finale des Juifs d'Europe » est prise. Cette expression permettait aux Nazis de désigner l'extermination des Juifs sans la nommer afin de maintenir le secret sur leur objectif. Celui-ci, pour être atteint, doit envisager une véritable industrie de la mort et donc des infrastructures et une logistique capable de répondre à la terrible volonté d'exterminer une population à l'échelle européenne.
2. Les camps d'extermination et l'exemple d'Auschwitz-Birkenau
a. Les camps d'extermination
En Pologne, à partir de 1941 puis en 1942, des camps d'extermination sont ouverts à Chelmno, Treblinka, Sodibor, Belzec ou implantés dans des camps de concentration préexistants : c'est le cas de Maïdaneck et d'Auschwitz-Birkenau. Aucun de ces camps ne se situe sur le territoire allemand, il s'agit, là encore, de garder secrète cette opération auprès de la population allemande.

Le 20 janvier 1942, les modalités du génocide sont fixées à la conférence de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, sous l'autorité de Heydrich et d'Eichmann. Au mois de mars 1942 débute « l'opération Reinhard » qui organise l'élimination à grande échelle des Juifs polonais. Ils sont directement transférés des ghettos vers des camps équipés de camions à gaz et de chambres à gaz utilisant le monoxyde de carbone ou le Zyklon B (acide cyanhydrique). Ces chambres ont une capacité de mise à mort plus importante que les camions et doivent répondre à un objectif d'extermination massive.

Ces camps sont avant tout des terminus ferroviaires débouchant sur les chambres à gaz. À leur arrivée les déportés sont sélectionnés, certains d’entre eux sont épargnés par les Nazis dans l’objectif d’utiliser leur travail, indispensable au fonctionnement du camp.
Doc. 3. Arrivée des Juifs hongrois à Auschwitz-Birkenau

Mais la grande majorité des femmes, hommes et enfants n’ont pas cette chance. Ils sont délestés de leurs bagages, dévêtus en vue d'une douche fictive, puis pénètrent dans un boyau qui les conduit aux chambres à gaz pour être éliminés dans les instants qui suivent.

Après le gazage, les cadavres sont incinérés dans des fours crématoires. Tout ce qui est économiquement rentable est récupéré : cheveux, dents en or et parfois même la graisse des corps qui servira à fabriquer du savon.
b. Le symbole de l'extermination : Auschwitz-Birkenau
Ce camp est implanté en Pologne à partir de 1940 et devient rapidement le plus important et le plus vaste des complexes construits par les Nazis dans le cadre de la « Solution finale » : Auschwitz I est le camp de concentration, Auschwitz II Birkenau est à la fois un camp de travail et d'extermination, Auschwitz III Monowitz constitue un camp de travail au service de la firme IG-Farben qui utilise les déportés pour son usine de caoutchouc.

À partir de 1942, Auschwitz devient le premier centre de destination de nombreux convois de déportés venant de toute l'Europe occupée.
Plus d'un million de déportés sont morts dans ce seul camp : 90 % étaient Juifs.

c. Le bilan du génocide
Le bilan du génocide, de ce que les Juifs nomment la Shoah (la catastrophe) rend compte de l'incroyable entreprise de destruction menée par les Nazis. Le génocide des Juifs provoque la mort d'environ 5,1 millions de personnes : les ghettos et les privations causent 800 000 victimes, les exécutions liées aux Einsatzgruppen 1,3 millions et les camps plus de 3 millions. Les victimes les plus nombreuses sont originaires d'Europe centrale et orientale 4,1 millions (dont 3 millions pour la seule Pologne). Le génocide des Tziganes a fait entre 250 000 et 350 000 victimes, plus de 1/3 de la population totale de ce peuple. En France, 15 000 Tziganes ont été déportés et très peu ont survécu.
L'essentiel
Le très lourd bilan de la Seconde Guerre mondiale révèle le caractère particulier de cette guerre totale dont l'objectif est une victoire d'anéantissement.

Cette guerre laisse surtout une empreinte terrible dans les mémoires avec la mise en œuvre par les Nazis du génocide des Juifs et des Tsiganes. Le camp d'Auschwitz-Birkenau demeure à tout jamais le symbole d'un processus de mise à mort, pensé de manière rationnelle et industrielle. Plus d'un million de déportés disparaissent dans ce seul camp.

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