Les méthodes de créativité en groupe - Maxicours

Les méthodes de créativité en groupe

Objectifs
  • Apprendre à utiliser la méthode du brainstorming.
  • Apprendre à utiliser la méthode des six chapeaux.
Points clés
  • Le brainstorming est une méthode qui permet de libérer la créativité en étant direct et participatif, et en rejetant la réflexion et la critique.
  • La méthode des six chapeaux propose aux participants d’adopter des rôles pour éviter la confrontation et l’argumentation.
Pour bien comprendre
  • L’innovation
  • La créativité
  • Les méthodes de créativité individuelles (pensée latérale et méthode SCAMPER)

Le brainstorming et les six chapeaux sont des outils de recherche d’idées adaptés aux groupes de 3 à 10 personnes.

1. Le brainstorming
a. Qu'est-ce que le brainstorming ?
Le brainstorming est une méthode d’idéation adaptée au travail en groupe. Son principe de base est que la réflexion et l’argumentation perturbent la créativité. Le brainstorming propose donc de séparer, lors de la recherche d’idées, une phase de créativité et une phase de rationalisation.
Remarque
Le brainstorming est une méthode qui a été développée par Alex Faickney Osborn, un directeur publicitaire américain, à partir des années 1940.

Lors de la phase de créativité, les participants sont amenés à proposer un maximum d’idées, sans réflexion ou critique, à propos d’un thème. Le côté très direct et participatif de la phase de créativité force à laisser temporairement de côté la rationalité : elle libère l’imagination, l’intuitivité et la créativité.

Cette créativité sera ensuite canalisée et développée de manière à déboucher sur des innovations.

b. Comment se déroule un brainstorming ?

Voici les cinq étapes à appliquer pour réaliser un brainstorming.

Étape 1 – Préparer le brainstorming.
  • Réunir 3 à 10 personnes.
  • S’équiper d’un feutre accompagné d’un grand tableau blanc.
  • Choisir ensuite, dans le groupe, une personne qui sera l’animateur du brainstorming. Le rôle de l’animateur est de noter les idées des participants sur le tableau, puis de les organiser. Il gère également l’avancée du brainstorming.
Remarque
L’animateur peut participer activement à la recherche d’idées, surtout pour les petits groupes. Pour les grands groupes, il sera trop occupé par la gestion du brainstorming.
Étape 2 – Formuler précisément le thème.

Le thème du brainstorming doit être énoncé clairement et être compris par tous les participants. Le mieux est de l’énoncer sous la forme d’une question-problème, pour laquelle le brainstorming cherche une réponse-solution.

Remarque
Avant de passer à la suite, il faut s’assurer que le thème est bien compris par tous les participants : personne ne doit se sentir hors-sujet ou bloqué car il n’a pas saisi le thème du brainstorming.
Exemples de questions
  • Comment améliorer le confort d’une chaise de bureau ?
  • Comment résoudre le problème de pollution dans les villes ?
Étape 3 – Trouver des idées.

Les participants commencent à chercher des idées en lien avec le thème du brainstorming. L’objectif est d’être le plus direct et spontané possible : il faut laisser parler son intuition et son imagination.

L’animateur note toutes les idées sur le tableau, de manière brute. À ce stade, aucune critique, remarque ou développement ne doit être fait.

C’est cette phase qu’on appelle le brainstorming.

Remarque
Cette étape ne doit pas durer plus de 15 à 20 minutes. Passé ce délai, les idées nouvelles deviennent rares et la spontanéité disparait, laissant place à une démarche plus réflexive.

––––––––––––––––

Les deux étapes suivantes ne font pas vraiment partie du brainstorming. Ce sont des ajouts, indispensables, quand le brainstorming est utilisé sans autre méthode pour le compléter.

Étape 4 – Organiser les idées.

Une fois la recherche d’idées terminée, les idées peuvent être organisées, critiquées et développées lors d’une discussion ou d’un débat entre les participants.

L’animateur prend note des modifications, barre les idées abandonnées, met en lien certaines idées, etc.

Remarque
Les idées rejetées sont barrées, mais pas effacées, car leur vue peut inspirer de nouvelles idées ou des associations d’idées.
Étape 5 – Synthétiser la solution.

La dernière étape est la synthèse et la mise en forme des idées retenues. Le groupe met au point une solution à partir des tous les éléments qui ont émergé du brainstorming. L’animateur note et décrit cette solution avec des croquis et/ou un texte descriptif.

2. La méthode des six chapeaux
a. Qu'est-ce que la méthode des six chapeaux ?

Lors d’un travail en groupe, la recherche d’idées passe souvent par une discussion ou un débat. Les solutions et idées proposées sont argumentées et critiquées avant que le groupe choisisse celle qui lui semble la meilleure.

L’argumentation pousse à n’envisager, dès le départ, que des solutions réalistes : la créativité est alors limitée par la rationalité.

La méthode des six chapeaux propose de se passer de l’argumentation. Cette méthode attribue pour cela des rôles aux participants : il y a six rôles en tout.

Ces rôles sont stéréotypés et représentés par des chapeaux de couleurs. Chaque chapeau demande à ses porteurs d’adopter un point de vue particulier sur l’objet du débat, et de présenter son avis d’après ce point de vue.
Remarque
La méthode des six chapeaux a été inventée par Edward de Bono, un psychologue maltais, qui l’a publiée en 1985. Elle s’inspire de la pensée latérale qu’il avait développée auparavant.

L’argumentation et la critique ne sont pas absentes de cette méthode, mais elles sont isolées dans deux rôles particuliers : le chapeau jaune et le chapeau noir.

b. Les six chapeaux

La méthode comporte six chapeaux, dont voici les rôles.

  • Le chapeau bleu : il organise la réunion.
    Le chapeau bleu présente l’ordre du jour, il anime la réunion, il gère les tours de parole et il s’occupe de synthétiser ainsi que de récapituler.
  • Le chapeau vert : il imagine, sans chercher à argumenter ou à penser à la faisabilité des idées.
    Le chapeau vert propose des idées, des pistes de réflexion, il ouvre des portes. Il fait notamment usage de la pensée latérale pour impulser l’innovation dans le groupe, quitte à proposer des idées ou des situations tremplins absurdes ou irréalistes.
  • Le chapeau blanc : il énonce des faits.
    Le chapeau blanc ne cherche pas à argumenter ou à justifier, il se contente de collecter et de délivrer l’information tout en restant neutre et impartial.
  • Le chapeau rouge : il ressent et explore ses émotions.
    Le chapeau rouge n’a pas besoin de justifier ou de prouver ce qu’il dit, il se contente de présenter son ressenti, ce que lui dit son intuition sur le thème, quitte à présenter un discours non structuré et irrationnel.
  • Le chapeau noir : il analyse négativement les idées.
    Le chapeau noir pointe les risques, les limites, les inconvénients, les dangers, les difficultés, etc., liés aux idées envisagées. Il essaie de faire ressortir les faiblesses de la solution en cours d’étude pour la faire rejeter.
  • Le chapeau jaune : il analyse positivement les idées.
    Le chapeau jaune pointe les avantages et les aspects bénéfiques liés aux idées envisagées. Il développe de manière constructive les idées et fait ressortir les forces de la solution en cours d’étude, notamment quand ces dernières ne semblent pas évidentes au premier abord. La méthode SCAMPER peut être utilisée.
c. Comment utiliser les six chapeaux ?

Voici les quatre étapes à appliquer pour utiliser la méthode des six chapeaux.

Étape 1 – Préparer les six chapeaux.
  • Réunir 3 à 10 personnes.
  • S’équiper d’un feutre accompagné d un grand tableau blanc.
  • Choisir ensuite, dans le groupe, une personne qui sera le chapeau bleu et qui servira d’organisateur.
Important
Le chapeau bleu est particulier, car il est conservé du début à la fin de la réunion par son porteur.

Les 5 autres chapeaux fonctionnent de la même manière : ils seront, à tour de rôle, portés par tous les participants en même temps (sauf par l’organisateur). Ils ne sont donc pas attribués à une personne en particulier.
Étape 2 – Formuler précisément le thème.

Le thème doit être énoncé clairement et être compris par tous les participants. Le mieux est de l’énoncer sous la forme d’une question-problème, pour laquelle les six chapeaux cherchent une réponse-solution.

Étape 3 – Choisir le séquençage.

Les participants se mettent d’accord sur l’ordre dans lequel les chapeaux doivent intervenir, ainsi que sur le temps imparti pour chaque chapeau.

Remarques
  • Le chapeau bleu commence en général la réunion (cadrage), et il la termine (synthèse).
  • Un même chapeau peut intervenir plusieurs fois. Il n’est pas indispensable que chaque chapeau intervienne, mais en général c’est le cas.
  • Les temps d’intervention n’ont pas besoin d’être équitables. En particulier, on s’arrange pour laisser peu de temps au chapeau rouge afin qu’il exprime ses émotions et intuitions de la manière la plus brute et directe possible, sans réflexion ni recul.
Exemple de séquençage
Bleu (2 min) ; rouge (1 min) ; blanc (15 min) ; vert (15 min) ; noir (10 min) ; jaune (20 min) ; bleu (2 min).
Remarque
L’ordre présenté ci-dessus est un exemple, adapté à la recherche de solutions ou d’idées. D’autres ordres sont possibles et seront plus ou moins efficaces, selon l’objectif de la réunion.
Étape 4 – Laisser les chapeaux s’exprimer.

En suivant l’ordre défini, chaque chapeau va s’exprimer à tour de rôle. C’est le porteur du chapeau bleu qui rythme les passages d’un chapeau à l’autre, en respectant le séquençage décidé lors de l’étape 3.

  • Lors des phases « chapeau bleu », seul le porteur du chapeau bleu s’exprime.
  • Lors des autres phases, tous les participants (sauf l’organisateur) deviennent porteurs du chapeau actif. Ils adoptent alors le point de vue de ce chapeau jusqu’à la fin de la phase.
Exemple d’une séquence complète
  • Phase « chapeau bleu » : l’organisateur énonce le thème et rappelle le séquençage choisi.
  • Phase « chapeaux rouges » : le groupe exprime de manière directe ce que le thème lui fait ressentir.
  • Phase « chapeaux blancs » : le groupe rassemble des faits, des informations les plus objectives possibles, sur le thème.
  • Phase « chapeaux verts » : le groupe réalise un brainstorming (uniquement étape 3), impulsé par des idées tremplins issues de la pensée latérale.
  • Phase « chapeaux noirs » : le groupe analyse les faiblesses, les limites et la pertinence des idées proposées issues du chapeau vert.
  • Phase « chapeaux jaunes » : le groupe mène une analyse constructive pour développer les idées qui ont passé le filtre du chapeau noir en s’aidant de la méthode SCAMPER. Au terme de cette phase, une solution générale est trouvée et décrite.
  • Phase « chapeau bleu » : l’organisateur fait le point et synthétise la réunion et la solution trouvée.

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