La religion - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

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1. Une ou des religions ?
Le concept de religion est délicat à définir : on accepte volontiers la présence des différentes religions ou plus généralement des différents phénomènes religieux, dans les sociétés humaines, mais on parle plus rarement de la religion en tant que telle. Cependant, même les étymologies supposées semblent nous mettre sur la voie de la vocation unificatrice de la religion : selon Cicéron, religio viendrait de legere (c'est-à-dire « cueillir, ramasser » mais aussi « lire ») ; les auteurs chrétiens l'ont rattachée à religare (« relier »). La religion implique : d'une part, une mise en relation des individus, entre eux et avec une entité ou un être dont ils dépendent fortement ; d'autre part, une attitude de l'individu pris en lui-même, un mouvement de son intériorité, un scrupule qui lie sa conscience et impose des formes à son comportement.

2. De la réalité sociale à la transcendance
Sous un premier aspect, la sociologie essaye de décrire la religion comme un fait social. Indépendamment de toute idée de divinité, on a ainsi remarqué (avec Durkheim) une classification des choses, réelles ou idéales, en deux genres opposés : le profane (qui relève des données de l'expérience commune) et le sacré (le tabou, la prohibition de l'inceste, etc.). Les rites de purification visent à empêcher la contamination du groupe entier par la souillure, celle-ci venant par exemple d'un objet ou d'un animal qui joue un rôle odieux dans un mythe, ou de la sexualité.

Cela dit, la religion ne peut manquer de se développer en discours et en théorie, sous la forme de prescriptions systématiques, de dogmes qui expriment les vérités essentielles, de théologie pour offrir une approche et une sorte d'appréciation du mystère inaccessible. Un tel discours de vérité suppose des méthodes de vérification, ou au moins d'authentification, qui ne sont pas comparables à celles de la science quand l'objet essentiel ne peut être observé positivement comme un fait : un Dieu transcendant n'apparaît pas au regard ni ne se laisse résumer ou normer dans des formules de lois. C'est pourquoi la théologie prend des formes diverses : exégèse et interprétation des textes ; spéculations et raisonnements ; spiritualité et mystique.

La métaphysique, le discours philosophique sur l’Être, comme théorie des premières causes ou comme science du tout, a donné sa place à la théologie. L'un des débats concerne les preuves de l'existence de Dieu. D'un côté, on essayera par exemple de rendre compte de l'état actuel du monde, non pas seulement par connexion avec l'état précédent, mais comme effet de l'ordre général du monde, donc d'une intelligence suprême qui l'a ordonné. D'un autre côté, on dénoncera dans ce procédé un faux raisonnement, un paralogisme : car tout effet suppose une cause, admettons-le, mais une cause de même ordre que l'effet ; le principe de causalité, qui incite à remonter la série des phénomènes, ne permet aucunement de sauter au-delà de cette série vers une « cause » suprasensible. « Preuve » est donc trop dire : tout au plus peut-on ici évaluer des arguments.

3. Peut-on rendre compte des paradoxes de l'existence ?
a. L'athéisme
On comprend qu'un clivage s'instaure entre, d'une part, les pensées qui aménagent une place dans leur système au religieux et à Dieu, et, d'autre part, celles qui tendent soit à les marginaliser, parce qu'ils correspondraient à un niveau inférieur de la civilisation, soit même à les rejeter, parce qu'ils seraient nuisibles.
Voici l'ambiguïté : s'agit-il, en matière de religion, de la fécondité de l'esprit humain, qui à une certaine étape de son évolution « inventerait » du « Tout Autre », projetterait une transcendance fictive ; ou de la pure grâce d'un Dieu s'auto-aliénant réellement en faveur de sa créature ?
L'exploration des enjeux et des limites de la vie de l'esprit en sa liberté comporte ici un risque : la réduction de Dieu à une simple fonction – faire de lui une « Âme du Monde », « le Grand Architecte de l'Univers », etc. – c'est la démarche d'un esprit mutilé, séparé de lui-même, qui se cherche un tuteur et veut compenser la faiblesse de sa volonté par la sublimité de quelques idéaux.
b. L'existence est relation
D'autre part, il est remarquable que l'expérience humaine en tant que telle trouve en la religion une clef d'interprétation. En effet, la nature humaine ne se résume elle-même pas en des formules simples, qui permettraient d'identifier clairement en quoi consiste « l'humanité » : autrement dit, la contradiction lui est inhérente, au-delà de toute définition. Ainsi, que l'être humain soit une « personne » à part entière l'engage sur une voie profondément dialectique. Car cela signifierait qu'il ne se possède pas, comme s'il était une sphère complète à soi tout seul, qu'il entre donc avec autrui en une relation essentielle, dont il dépend pour atteindre sa propre intimité. Mais cependant cette relation est livrée à la contingence ; il est donc en attente d'un échange absolu avec un Autre absolu, qui à la fois le met en cause absolument et le restitue à lui-même, par-delà toute fascination idolâtrique (fascination pour la mort ou pour ses images mortifiantes).
c. La foi philosophique
Le philosophe se méfie du mythe et des croyances et veut leur substituer la clarté d'une recherche rationnelle de vérité et de sagesse. La religion paraît entretenir de ce point de vue une méconnaissance des pouvoirs de la raison.
En revanche, dans la mesure où elle fait aimer le réel, on ne saurait la considérer comme un pur irrationnel. D'autre part, la philosophie elle-même ne se totalise pas de manière valable si elle ne tient compte des paradoxes de la pensée humaine ; c'est pourquoi la foi en la raison ne peut se tenir pour étrangère à la religion, considérée à la fois comme pratique de la vie communautaire et comme discours spéculatif. La religion et la pulsion philosophique peuvent alors se rassembler dans l'amour lucide du réel.

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